Louis-Alexandre de Cessart
( notes biographiques )

 

1) Un homme des lumières

 Né à Paris en 1719, Louis-Alexandre de Cessart sert d'abord dans la gendarmerie de la Maison du Roi et prend part aux batailles de Fontenoy et de Raucoux.
 Il s'intéresse davantage aux activités scientifiques. A partir de 1747, il devient l'un des premiers élèves de Perronet dans ce qui est devenu ensuite l'Ecole des Ponts et Chaussées ; il s'y fait remarquer par ses talents de dessinateur et par un projet de pont en bois.
 Cessart appartient à cette nouvelle génération qui croit au progrès continu de l'humanité par l'organisation et le savoir. Avec ses maîtres Jean-Baptiste de Voglie et Perronet, il rédige des chapitres techniques pour L'Encyclopédie, mais il ne les signe pas. Il sait traiter dans un style élégant et lisible des sujets d'une haute technicité.

2) Ses travaux à Saumur

 En 1751, Cessart est affecté à la généralité de Tours et l'année suivante au département de Saumur avec le grade de sous-ingénieur.

- Son premier chantier est la reconstruction de deux piles effondrées du pont des Sept-Voies ; il décrit longuement le radier général en grosses tables de grès qui remonte au Moyen Age et qui soutient l'ensemble du pont, ce qui rend difficile le passage de ses tarières. Il découvre alors les qualités de la pierre de Champigny, mais se contente de poser un tablier de bois sur les piles restaurées, car il doit travailler à un chantier plus important. Il transfère vers le "pont neuf" les matériaux accumulés.

- Le " Pont Cessart " - Abondante documentation dans :

- Cessart construit également le magasin à poudre adossé à la levée du Chardonnet, édifice aux formes élégantes, mais à la solidité douteuse ; dans ses dossiers, il reste muet sur cette réalisation.

3) Une brillante carrière

 Promu à un rang supérieur, Cessart quitte Saumur en 1766. Il devient ingénieur en chef de la Généralité d'AlençonMaquette d'un des cônes immergés dans le môle de Cherbourg ( Musée des Arts et Métiers ) en 1767, puis de celle de Rouen en 1776. Il y dirige de grandes entreprises, travaillant aux quais de la ville de Rouen et à la réalisation des ports du Havre, du Tréport et de Dieppe.


 En 1781, il est chargé de construire le grand môle, long de 4 km, entourant le port de Cherbourg. Il reprend sa méthode des caissons à plus grande échelle : 90 cônes géants, d'un diamètre de 50 m à leur base et de 20 m à leur sommet, seraient immergés et formeraient l'armature de la digue ( ci-contre, une maquette présentée au Musée des Arts et Métiers ). Pour des raisons à la fois techniques et financières, cette création hardie reste inachevée.

 

A ses heures de loisir, il invente en 1786 le premier modèle de rouleau compresseur.Portrait de Cessart, par Bouché et Roger, paru en frontispice de ses "Travaux hydrauliques"

 

4) Les derniers travaux

 Cessart obtient les plus hauts grades du corps des Ponts et Chaussées. Il sert la Révolution et l'Empire. Revenu à Paris, il y élève, de 1801 à 1803, le charmant Pont des Arts, avec l'assistance de Jacques-Vincent de Lacroix-Dillon. Il n'est mis à la retraite définitive qu'en 1804, à 85 ans.

 Voici son portrait à cette époque, dessiné par Bouché et gravé par Roger. Il porte encore la perruque des hommes de sa génération. Il arbore fièrement sa croix de commandeur de la Légion d'Honneur qu'il vient de recevoir et il s'appuie sur un plan des digues de Cherbourg.

 Il réunit alors les matériaux de sa Description des travaux hydrauliques de L.A. de Cessart, et il meurt le 12 avril 1806.

 

 

 

5) Bibliographie

- Notice de St. Le Tourneur dans le Dictionnaire de Biographie française de Roman d'Amat ;

- Pierre Gourdin, Histoire des ponts de Saumur, 1995, p. 127-130 ;

http://fr.structurae.de/persons/data/index.cfm?id=d000104

 

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