De Comminges ( famille )

 

  Tous dotés d'un solide embonpoint, les Comminges sont présentés comme des spadassins d'une rare brutalité.

 

1) François de Comminges, comte de Guitaut

Armes de François de Comminges. Source : http://heraldique.images.free.fr/ Nommé en mai 1643 capitaine des gardes du corps de la reine-mère, Anne d'Autriche, François de Comminges vit dans la proximité des Grands et manifeste une fidélité absolue à la famille royale. Cela lui vaut d'être nommé gouverneur de Saumur le 3 mars 1650, en association avec son neveu et héritier Gaston, et à condition de reconquérir la place sur les tenants de la Fronde.
 Il est reçu dans l'ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1661.
 Célibataire, il passait pour l'amant de la duchesse de Rohan, qu'il battait à l'occasion. Frappé à son tour par une crise d'apoplexie, il meurt en plein Louvre en 1663.

 

2) Gaston de Comminges ( 1613-1670 )

 Son héritier ne porte jamais le titre de "Guitaut" et signe sous la forme : « Comenge », qui serait une orthographe plus exacte.
 D'abord lieutenant aux gardes, il est employé « aux exécutions de confiance les plus délicates », selon les dires de Saint-Simon, surveillant notamment les grands personnages suspectés de complots. C'est lui qui arrête le conseiller Broussel en 1648, acte qui déclenche la Fronde parlementaire. Il est récompensé par le grade d'aide de camp. Le 18 janvier 1650, c'est encore lui qui dirige les arrestations des princes de Condé et de Conti et du duc de Longueville et qui les conduit à Vincennes. Fort logiquement, il reçoit la charge vacante du beau-père de Condé, le gouvernement de Saumur. Il reprend la ville par une expédition rapide et par une négociation.
Armes de Gaston de Comminges. Source : http://heraldique.images.free.fr/ Il accompagne la cour dans le Saumurois en 1652. Il s'y fait remarquer par les mauvais traitements qu'il inflige au curé de Saint-Georges [Châtelaison], Nicolas Bégault, qui aurait tenu des propos hostiles à son encontre. Il le fait traîner au château, où le curé décède des coups reçus ( C. Port, III, p. 371  - Etat civil de Varrains, 28 octobre 1652 ). Gaston de Comminges en profite pour installer dans la cure le gouverneur de ses enfants.
 Reçu avec son oncle dans l'ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1661, il lui succède en 1663 dans le gouvernement de Saumur, mais semble avoir constamment exercé la fonction dès sa conquête. Il mène en même temps une belle carrière, se bat beaucoup et est même nommé ambassadeur en Angleterre. Saint-Simon affirme qu'il « fut un homme important toute sa vie ».
 Son épouse, appelée " Césonie " dans les cercles de précieuses, lui donne trois fils, dont Louis, l'aîné.

 

3) Louis de Comminges

 Succède à son père sur le gouvernement de Saumur le 9 avril 1670 et est prolongé dans sa charge en 1689. Louis XIV apprécie ses talents militaires et en fait son aide de camp, mais chacun sait que le roi est un médiocre chef d'armée.
 Lors de ses rares séjours à Saumur, Comminges ne loge pas au Château ; en 1690, il écrit à la municipalité qu'il va s'installer dans la maison de Jacob de Tigné ( A.M.S., BB 1, fol. 228 ). Eric Cron pense que c'était dans l'actuel n° 11 de la rue du Temple.
A sa mort, il laisse pour héritière Mademoiselle de Dorée, qu'il aurait épousée secrètement. Le gouvernement de Saumur passe alors dans la famille d'Aubigné.

 

4) Sources principales

- Dictionnaire de biographie française, dirigé par Roman d'Amat.

- Saint-Simon, Mémoires, La Pléiade, t. 4, p. 498-499.

- A.M.S., GG 97.

- B.N.F., ms., coll. Clairembault, n° 963.

 

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