L'Hôtel de Ville ( synthèse )



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Ce chapitre est consacré exclusivement aux bâtiments.

1) L'ancien Hôtel de Ville

 Construit sous Guillaume Bourneau, lieutenant général à Saumur, entre 1508 et 1527. En réalité, selon Eric Cron, Saumur, urbanisme, architecture et société, 2010, p. 84-85, un premier fortin carré du XIVe siècle, en avancée sur l'enceinte urbaine, surveillait les fossés et protégeait les ponts, ainsi que le prouve l'existence d'archères-canonnières. Bourneau a refait les parties hautes, aménagé la façade sur cour et ajouté à l'arrière la tour d'escalier, dont les poutres de la toiture remontent à 1514-1515.

2) Une maison forte à la fois défensive et décorative

Tourelle, dessin du baron de Wismes, litho d'Eugène LerouxHôtel de Ville : tourelle sud-est L'examen d'une tourelle d'angle ( à gauche ) représentée avant sa restauration montre la réalité de la fonction défensive. Au niveau des mâchicoulis sont percées des meurtrières ; un inventaire des armes révèle que la maison de ville contenait des arquebuses, des couleuvrines et des serpentines. Au contraire, la partie supérieure reproduit en miniature les tours du château : plan polygonal à contreforts plats et minuscules mâchicoulis à décor trèflé...
 La tour sud-est ( à droite ), qui était placée à l'abri de l'enceinte urbaine, ne présente plus guère d'aspects défensifs. Tourelle d'escalier polygonale surmontée par une chambre carrée, elle poursuit la tradition des manoirs du Roi René, en ajoutant une intéressante particularité, son décor en damier, faisant alterner la brique et le tuffeau. Certains commentateurs ont cru ce couronnement plus tardif. En réalité, le château des Réaux, tout proche, présente ce même décor et date aussi du premier quart du siècle.

3) La première résidence de Duplessis-Mornay et le siège de l'Académie protestante

 Devenu gouverneur de Saumur, Duplessis-Mornay s'installe dans un logis donnant sur la cour, en arrière de l'Hôtel de Ville. C'est là que se tiennent des assemblées politiques et religieuses importantes ; mais s'y estimant insuffisamment protégé, le gouverneur s'installe au château en avril 1596.
Arcades de l'ancienne Académie protestante La maison est vacante ; en juin, le synode national de l'Eglise réformée s'y réunit « en la sale de nostre logis de la maison de ville », écrit Charlotte Arbaleste, l'épouse de Duplessis. Ce synode désigne Saumur comme lieu d'érection d'un collège, étendu ensuite à la dimension d'une académie.
 Les premiers écoliers qui arrivent vers 1599 sont installés dans l'ancienne résidence de Duplessis ; un ancien de l'Eglise réformée de Saumur acquiert ensuite deux corps de logis voisins. L'ensemble forme les locaux plutôt exigus du collège et de l'académie, mais ils suffisent dans la mesure où ces institutions sont dépourvues d'administration, d'internat et de restauration, ne perdant pas leur temps à discuter de problèmes d'intendance.
 A vrai dire, elles avaient aussi un peu grignoté de l'espace sur la cour de l'hôtel de ville. Les modestes arcades ci-contre, avec sans doute le premier étage, sont les seuls vestiges architecturaux de cet établissement renommé. La présence de blocs de pierre de Champigny à la base des piliers correspond à une reconstruction récente, sans doute à l'époque où ces locaux servaient de salle des Ventes.

 

4) Le beffroiVue cavalière de Lincler et Collignon

 Voici les toits de l'Hôtel de Ville vus par Lincler et Collignon, en général exacts. Tourelles et lucarnes sont surmontées par des flèches très aiguës. La grande salle et la tour d'escalier sont couronnées par des toits pyramidaux terminés par de courtes arêtes horizontales. Cependant, la dignité du corps de ville exige que leur salle de réunion soit surmontée par un beffroi rappelant les clochers des églises.

 

Charpente du nouveau beffroi, 1749Grue et graux actuels Une flèche est ajoutée en juillet 1749 par l'entrepreneur Paterne ( A.M.S., DD 14 n° 34 ). Au sommet sont replacées d'anciennes girouettes, qui figurent, non des cigognes, mais une grue cendrée, entourée de quatre "gruaux".
 Selon une symbolique remontant à l'Antiquité, la grue représente la vigilance, c'est-à-dire, la vigilance des édiles veillant sur leur cité. L'oiseau repose sur une seule patte ; l'autre est relevée et tient une pierre entre ses griffes ; si l'échassier s'endort, la pierre tombe et le réveille aussitôt. La grue est donc constamment sur le qui-vive.

 Nos grues, elles, reposent solidement sur leurs deux pattes. Elles ont été restaurées une première fois en 1750, puis en 1805 par Dupré. Joly-Leterme les réinstalle sur de nouveaux supports. Enfin, en 1994, elles sont à nouveau déposées et replacées ( d'après une étude de Jean-Yves Le Clerc ).
 Le petit beffroi abrite aussi une cloche, dont la fonction est d'appeler les habitants aux assemblées générales. Une nouvelle cloche plus puissante est installée en 1764.
 Les grues disparaissent pendant la Révolution : en 1794, le Comité de Surveillance et Révolutionnaire impose leur remplacement par un énorme bonnet phrygien. Ce "bonnet de la Liberté", fabriqué par Clavereau, a nécessité 300 feuilles de fer blanc et coûté 965 livres.Menaçant la solidité du clocheton, il est démonté en 1800 et remplacé provisoirement par un autre plus petit.

5) Des locaux trop exigus

 Dans la pratique, l'hôtel de ville se réduit à la grande salle du premier étage ( toujours salle du Conseil ) et à quelques pièces annexes sur la cour. Au rez-de-chaussée, l'actuelle salle Duplessis-Mornay était coupée par un mur de refend ; dépourvue de fenêtre, elle servait à entreposer du bois ou à héberger des soldats de passage.
 Cet espace étroit est encore réduit par l'arrivée en force des juges. En 1757, le palais de justice de la place Saint-Pierre menaçant de s'effondrer, les tribunaux sont autorisés à s'installer dans la grande salle, qu'ils occupent tous les matins et parfois au-delà. Les édiles se sentent en partie dépossédés.
 Cette insuffisance des locaux apparaît encore plus criante à l'époque de la Révolution, où d'énormes travaux administratifs sont demandés aux officiers municipaux et à leurs maigres services ( 8 employés ). Ils doivent s'occuper des biens nationaux, de l'assistance publique, des réfugiés, de la conscription, etc... Au cours d'un débat, un édile lance même l'idée de transférer la mairie au château, qu'on juge trop excentré.
 Les régimes suivants s'avérant toujours paperassiers, les municipalités projettent de s'installer dans l'hôtel Blancler, qui présente tout l'apparat d'un monument public. Les négociations menées à deux reprises finissent par échouer.

 

6) Les premiers travaux de Joly-Leterme ( autoriser le contenu bloqué )

 

7) Le projet d'un nouveau bâtiment

 

8) Le nouvel Hôtel de Ville

 

9) Une décoration intérieure fin gothique-début renaissance

 

10) La pierre de la Bastille

Façade sur la Loire, pierre de la Bastille Le 5 décembre 1790, la municipalité reçoit une pierre « tirée des cachots de la Bastille », qui lui est offerte par Aubin Bonnemère, un soldat d'origine saumuroise ( voir sa biographie ). La cérémonie se déroule en présence de la mère et des soeurs du " vainqueur de la Bastille " resté à Paris.
 La pierre est promenée à travers les rues lors des fêtes civiques de l'époque du Directoire.
 En 1880, le 14 juillet devient fête nationale. A cette occasion, le maire Combier décide de sceller la pierre à une place d'honneur sur la façade de l'Hôtel de Ville. La plaque porte le plan gravé de la forteresse, comme celles que l'entrepreneur Palloy diffusait à travers le pays. Cependant, celle-ci est personnalisée : elle porte en haut le sabre et la couronne qui avaient honoré le soldat saumurois, et elle précise en bas : « Donnée par Aubin Bonnemer, natif de cette ville ».

 

 

11) Les agrandissements récents

 Par achats successifs, la ville acquiert l'essentiel de l'îlot entourant l'ancienne maison forte. Au lendemain de la guerre, une maison du XVIIIe siècle est éventrée pour ouvrir un hall en béton d'une rare laideur, un peu atténuée aujourd'hui.

 

 

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