Une
façade mur, structurée en lignes verticales par
quatre puissants contreforts, solennelle et austère, si
élevée qu'elle dissimule totalement le toit de la
nef. La chapelle latérale, à droite, n'a été
adjointe que vers la fin du XVe siècle.

Les éléments décoratifs n'apparaissent
que dans les parties hautes, surtout sous forme d'arcatures courant
au sommet de la muraille ( seule la partie gauche est originelle,
la partie droite a été restaurée en symétrie
; on observera vers le centre le départ d'une ancienne
arcade ).
Le clocher, sa base antérieure en pierre et sa flèche
en charpente, peut être daté de 1608. Avant
sa construction, la corniche supérieure portant les arcatures
était rectiligne.
Le fenestrage de la baie centrale a été ajouté
au XVIe siècle.
2) Le vaisseau roman
- la nef
- un puissant vaisseau en berceau légèrement brisé, marquant le début de la reconstruction de la nouvelle église et remontant aux années 1100-1130 ;
- les arcatures complexes du mur latéral ou mur gouttereau ;
- le
choeur, fin de la période romane, vers 1130-1140
- la croisée du transept
Au
XIVe siècle, une lourde intervention transforme l'ensemble
du transept. Que s'est-il passé ? Un incendie ?
L'écroulement du carré du transept ? Aucun
document n'y fait la moindre allusion. J'avancerais une autre
hypothèse : Nantilly fut longtemps dépourvue de
clocher digne de ce nom, comme Saint-Pierre. Dans le but d'édifier
une grosse tour carrée au coeur de l'édifice sont
élevés quatre énormes piliers, entourés
par une forêt de colonnettes ; ils soutiennent une énorme
coupole aux assises de pierre concentriques. Cette coupole est
consolidée par huit solides nervures, qui épaulent
un oculus central ( par où doivent passer les cloches ).
Au-dessus, ont été posées les bases d'un
nouveau clocher de pierre, qui n'a jamais été construit,
mais dont les premières assises subsistent.
- les bras du transept
Cette importante transformation a entraîné
la modification de la dernière travée de la nef
( qui est différente des autres ). Elle est complétée
plus tard, fin XIVe-début XVe siècle, par la reconstruction
des voûtes et des baies des deux croisillons, ainsi que
par le remplacement de l'absidiole nord.
Même s'ils ont été repris, les bras
du transept respectent le plan roman d'origine ; ils sont
courts, formés d'une seule travée, ce qui donne
à l'église le plan en trident très répandu
dans le Val de Loire.
[ Nous ne disposons d'aucun texte sur
la construction de l'église. L'abbé de Saint-Florent
et son prieur-curé ont sûrement joué un rôle
déterminant. Les datations sont établies par comparaison
avec les autres monuments locaux, d'après les analyses
d'André Mussat ]
3) Le décor sculpté
Dix chapiteaux de belle qualité, oeuvre d'un seul
sculpteur, surmontent les colonnes de la nef. Le tailloir est
lui-même décoré.
La plupart présentent un décor
floral, où émergent parfois des animaux fantastiques.
Deux chapiteaux historiés, placés en face
d'une porte d'entrée secondaire, présentent une
véritable mise en scène de la société
féodale et sont à juste titre célèbres :
- le chapiteau de l'abbé est sans doute une évocation de l'abbé de Saint-Florent ;
- le chapiteau du seigneur, présenté ici sous deux angles ( il peut aussi s'agir d'une figuration de saint Georges ). Un cavalier, en costume civil, tient une large épée dans sa main gauche et transperce un dragon ; il est accompagné ( à gauche ) par un fauconnier qui signale son rang élevé.

A gauche du portail polylobé de l'entrée,
des chapiteaux anciens figurent des animaux fantastiques ou fantaisistes ;
sur le plus lisible, on reconnaît un âne chevauchant
un cheval.
A la croisée du transept et dans le choeur, les chapiteaux à décor floral standardisé résultent en grande partie des restaurations du XIXe siècle.
4) La nef collatérale
Le mur du côté méridional de la nef
a été défoncé avec hardiesse pour
donner l'accès à une élégante
nef collatérale, élevée par Louis XI
entre 1470 et 1483.
A l'origine, un mur isolait cette église paroissiale
du transept nord.
5) L'édifice depuis le XVe siècle
6) Plan de synthèse et éléments remarquables ( cliquer sur zones vertes )

7) Bibliographie générale
- Joseph GRANDET, Notre-Dame Angevine, rédigé
vers 1700-1724, éd. imprimée en 1884, p. 293-301.
- G. d'ESPINAY, Notices archéologiques. Saumur et ses
environs, 1878, p. 60-69.
- A. MUSSAT, dans Congrès archéologique, 1964,
p. 559-571.
- Jacques MALLET, L'art roman de l'ancien Anjou, 1984,
p. 180-183.
- Marcel DEYRES, Anjou roman, 1987, p. 83-89.
- Pascale CHARRON, Les tapisseries médiévales
de Notre-Dame de Nantilly de Saumur, mém. de maîtrise,
Paris IV, 2 vol, 1989 ( A.M.S., SA 97 (1) ).
- S.L.S.A.S., numéro spécial 140 Bis, 1991.
- Marie-Jane DURAND et Pierre DUTREUIL, Saumur. Promenade d'architectures,
1995, p. 61-79.
- Sandrine PROUTEAU, Eglise Notre-Dame de Nantilly de Saumur,
mém. de maîtrise, Poitiers, 2 vol., 1996-1997, A.M.S.,
US M 089 et 089.1.