Nantilly : éléments remarquables


 Tapisseries

 L'église possède une riche collection de tapisseries : 28 sont recensées en 1927. Les tentures à sujet profane, comme Le bal des Sauvages ou La prise de Jérusalem, sont désormais présentées au château. Les tapisseries religieuses, la plupart inspirées par la vie de la Vierge, sont exposées en principe dans l'église, mais rarement, à cause de leur fragilité et de l'humidité des lieux.
Cliché par A. Léridon En quelques mots, il faut distinguer des tapisseries d'esthétique médiévale, pouvant être datées de 1460 à 1530. La Nativité ci-contre, en excellent état, est du début du XVIe siècle ; elle s'inspire d'une gravure du temps.
 Une autre série, plus homogène, mais sans le charme naïf des précédentes, remonte aux alentours de 1619. Trois pièces, en très mauvais état, ont été retrouvées en novembre 1987, dans le grenier de l'ancien prieuré.

 

 

 

Horloge

 L'horloge actuelle est l'héritière de la première horloge sonnante de la ville, commandée par le clergé de Nantilly et installée en 1574 ( A.D.M.L., G 2 368 ).
 Trois artisans de la ville y travaillent. Florent Fouquet, un forgeron du quartier Saint-Nicolas, installe le cadran et les organes de liaison vers une cloche, qui fait office de timbre. Un autre artisan fournit le mécanisme d'horlogerie, et le serrurier Jean Guion pose des ferrures de protection. Le marché prévoit une garantie d'un an.
 En 1628, une assemblée de paroisse décide que l'horloge battra sur la grosse cloche, une autre façon d'affirmer la suprématie de l'église sur l'ensemble de la cité. Cette apparition des heures mécaniques entendues à travers toute la ville correspond à un profond changement dans les mentalités ( voir l'annexe méthodologique sur la mesure du temps ).

 

 

 

Orgue

 Le plus ancien orgue de la région, il est construit de 1685 à 1690 par Pierre Le Hellocco ( c'est ainsi qu'il signe, même si on est tenté de le rebaptiser Le Hellocq ; seOrgue de Nantilly déclarant organiste et facteur, il fait baptiser sa fille Marie à Nantilly en 1687 ). L'instrument d'origine est simple, deux claviers et un petit pédalier, mais il bénéficie des derniers perfectionnements du temps, ce facteur ayant pu être formé par l'anglais Dalham.
 L'orgue repose sur une élégante tribune, aux arcatures en anse de panier ornées d'une profusion de guirlandes ; les tourelles sont portées par de robustes atlantes, tout cela dans le plus parfait style baroque. Le petit orgue positif est accroché en avancée de la tribune, au premier plan.
 L'instrument, pillé à l'époque révolutionnaire, est restauré par les ateliers du facteur tourangeau Louis Bonn de 1836 à 1859. Pas très bien entretenu depuis, son état musical n'est pas fameux. Une association créée en 2003 s'efforce de promouvoir la restauration complète de cet orgue.

[ D'après une notice polycopiée de la paroisse de Nantilly ]

 

 

 Cloches

 L'historique des cloches est difficile à établir : la bénédiction de nouvelles cloches est soigneusement enregistrée sur le registre paroissial des baptêmes, mais la destruction des anciennes, en général refondues, n'est pas toujours consignée.
 Une certaine Marie, brisée par les huguenots en 1562, est refaite et remise en place, mais je ne sais pas bien où, puisque le clocher actuel remonte à 1608 ( je suppose que les cloches étaient placées plus bas, ce qui pourrait expliquer la puissance des contreforts ).
 Urbain, le gros bourdon, qui doit son nom à son parrain, le gouverneur Urbain de Maillé-Brézé, est fondu en 1646. Il est accompagné d'un carillon de 3 ou 4 cloches qui sont souvent refondues.
 L'inventaire établi au début de la Révolution recense quatre cloches. La loi du 28 juin 1792 ordonne de les envoyer vers l'atelier monétaire des Cordeliers, à l'exception du bourdon, qui pourra sonner le tocsin. Les responsables de la municipalité s'efforcent de conserver les cloches par deux réponses différentes ; ils expliquent que le démontage de ces dernières leur pose d'énormes problèmes, car il faut aménager un chemin sur les voûtes, afin de les faire glisser jusqu'à l'oculus de la croisée du transept. En second lieu, ils expliquent qu'une des cloches sert de timbre pour l'horloge : comme beaucoup d'artisans et de journaliers ne possèdent pas de montre, ils règlent leur journée sur les sonneries publiques, ce dont on ne saurait les priver. Il semble finalement que deux cloches ont été fondues à cette époque ( une manifestation de femmes armées de leurs sabots est totalement légendaire, car elle aurait laissé quelque trace dans les archives ).
 Depuis cette époque subsistent seulement deux cloches anciennes. Actuellement, aucune ne sonne, par suite d'une grossière erreur dans la restauration du clocher.

 

 

 

 Vitraux des années 1900Vitrai du Rosaire, nef du XVe siècle

 

 Les vitraux anciens, s'il y en eut, n'ont pas laissé de trace. Aux alentours de 1900, lors des restaurations, sont installées de nouvelles verrières, certaines, de type archéologique, imitant les petits médaillons du XIIIe siècle, d'autres reprenant les grands aplats de verre peint de style renaissant.
 Installé en 1899 au fond de la nef collatérale, ce vitrail-tableau, très lumineux, a été offert par la confrérie du Rosaire ; se référant à la tradition locale des patenôtriers, il représente à gauche don Juan d'Autriche, le vainqueur de la bataille de Lépante, en souvenir de laquelle fut instituée la fête du Rosaire ; au centre, le pape Léon XIII, qui réorganise les confréries du Rosaire en 1898 ; enfin à droite, Saint Dominique, qui a diffusé cette dévotion et qui est le patron des chapeletiers.

 

 

 
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