Saint-Pierre : éléments modernes remarquables


1) Les tapisseriesSaint Florent chasse un dragon de Saumur

 

 L'histoire de saint Florent est offerte à l'abbaye du même nom en 1524 par l'abbé Jacques Le Roy. Les seize scènes sauvées étaient traditionnellement présentées dans l'église Saint-Pierre, qui en avait hérité par des voies inconnues. Dans ce tableau célèbre, saint Florent - sur le bord gauche - chasse un dragon qui ravageait LA VILLE DE MEUR, comme on peut le lire à droite.

 

 

 

 

Guérison du boiteux de la Belle PorteLa punition d'Ananias

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cet autre ensemble est à l'inverse particulier à l'église. En 1542, la confrérie des prêtres du Saint-Sacrement commande les cartons à Robert de Lisle et à Jean de Laistre, tous deux d'Angers ; le travail est exécuté par des lissiers de Tours, appartenant peut-être au célèbre atelier Duval. Une pièce est datée de 1546. Ces tapisseries étaient accrochées dans le choeur de l'église. Beaucoup de scènes sont perdues, il en subsiste neuf, qui sont en cours de restauration.
 Sur la composition de gauche, Pierre guérit le boiteux de la Belle Porte. Tête énergique et fortement typée du saint, mouvement des drapés, reflets blancs sur les étoffes, la mise en scène est vigoureuse, théâtrale et expressive, caractéristiques qu'on retrouve à droite sur cet extrait de la Punition d'Ananias. L'oeuvre est pleinement renaissante, alors que la série consacrée à saint Florent, antérieure de vingt ans seulement, avec ses personnages allongés et maniérés, appartient encore au Moyen Age finissant, ce qui lui apporte une forte originalité.


2) Les cloches

 François, respectable bourdon de 3 509 livres, est la plus ancienne cloche de la ville, où elle a étéTimbre de l'horloge fondue en 1539 par Julien Lamy, résidant au faubourg des Bilanges. Elle porte les armes de la cité. D'autres cloches sont ajoutées en 1575, 1605 et 1647, mais l'une s'est fêlée et le carillon est refondu en 1764, afin d'avoir un jeu de cinq cloches « accordantes et concordantes ».
 L'église compte sept cloches en 1790, trois de plus que Nantilly, qui en est fort envieux. Le bourdon et le timbre de l'horloge survivent à la Révolution, et, depuis, trois nouvelles cloches sont venues les rejoindre.
 La photo ci-contre a été prise vers 1890, devant la façade, par l'architecte Emile Roffay ; selon son commentaire, il s'agit du timbre de l'horloge, qui a survécu à l'écroulement de l'ancienne façade et qu'on se préparait à hisser dans le petit campanile central.

 

 

3) Le grand orgue

 Des orgues sont signalées dans l'église dès 1475, oeuvre de Jean Boysouleil ; elles sont remplacées par Ambroise Levasseur en 1638. Après la chute de la façade occidentale, le facteur Pierre Le Hellocco les replace en 1683 après les avoir restaurées ( ensuite, il part travailler à Nantilly ).
 Au sortir de la Révolution, tout l'ensemble est remplacé. Le 22 prairial an X ( 11 juin 1802 ), le préfet de M. et L. autorise le maire de Saumur à enlever de l'ancienneLe grand orgue chapelle des Cordeliers le buffet de l'orgue, qui « n'a point réellement été vendu avec cette maison » ( A.M.S., 5 N 6).

 

Les décors baroques de l'ancien orgue des Cordeliers

 

 

 

 

 

 

 

 Le riche buffet baroque foisonnant de décorations sur le thème des enfants musiciens est transféré en 1805 par le facteur Charles de Momigny, qui procède à une première restauration. Ces travaux sont organisés par le curé Jean-René Forest, qui tient à conférer un grand faste aux messes pontificales.
 Vers 1850, le facteur germano-tourangeau Louis Bonn installe une nouvelle tuyauterie apportant à l'instrument des sonorités romantiques.
 Le mauvais entretien et la sécheresse dégradent les sommiers, au point que l'orgue devient muet en 1976. Achevée en 1983, une restauration complète a redonné vie aux trois claviers de 56 notes et aux 2 748 tuyaux.

 

4) Les tableaux

 Mises à part des copies honorables de tableaux célèbres, deux oeuvres présentent davantage d'originalité :
+ une Mise au tombeau de l'Ecole française de la seconde moitié du XVIIe siècle.
+ une Déploration du Christ mort, peinte en 1909 par Lucie Ranvier-Chartier, de l'Ecole de Maurice Denis, souvent présentée dans la chapelle de la Croix.

 

Chapelle de la Croix

5) La chapelle de la Croix

 

 

 L'absidiole du transept nord présente un tabernacle en bois doré, au décor naïf, qui provient de la chapelle des Cordeliers. Il est surmonté par une Pietà, en pierre polychrome, classique, assez roide, qui pourrait remonter aux XVI-XVIIe siècles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Paul, statue de la nef

6) Les statues de Pierre et Paul

 Placées sur des colonnes devant l'entrée du transept, ces statues en pierre ( ici, Paul, placé du côté gauche ) pourraient être des copies du XIXe siècle des statues sculptées par Chéron pour la façade occidentale.

 

 

 

 

Croix de la Mission de 1828

 

7) La croix de mission

 La grande croix portant un Christ en bois appartient à la petite histoire locale. En 1828, l'abbé Forest, curé de Saint-Pierre, avait organisé une mission prêchée par des Jésuites. A la cérémonie de clôture, cette croix, portée par cent hommes, est plantée sur la place Saint-Pierre, près de la ruelle de l'Enfer et sur le domaine public.
 Lors de la Révolution de 1830, une poussée d'anticléricalisme secoue la ville et elle se porte contre l'intransigeant abbé Forest et contre sa croix ornée de fleurs de lis, que certains parlent de briser. Le maire, Cailleau-Grandmaison, propose de transférer la croix dans l'église ; le curé refuse en parlant de "sacrilège". Finalement, l'opération se déroule le 21 février 1831, sous la protection de la force publique ( voir récit/chapitre 30 ).

 

 

 

 

 

 


8) Les vitraux du XIXe siècle

Vitrail de saint PierreVitrail de la vie de saint Florent Des vitraux sont commandés aux meilleurs ateliers du temps.
 A gauche, la vie de saint Pierre, placée au fond du choeur, se lit du bas vers le haut. Elle se compose de trois médaillons, se divisant eux-mêmes en quatre tableaux. C'est un modèle typique du "vitrail archéologique", qui s'efforce de reconstituer les techniques et les couleurs médiévales. Le maître verrier Lusson, du Mans, a travaillé d'après un carton dessiné par Viollet-le-Duc.

 La vie de saint Florent du transept méridional ( à droite ) reprend huit épisodes de la tradition légendaire ; le dragon chassé de Saumur est figuré en rouge sur la deuxième scène de droite. Les couleurs sont plus chaudes que sur le vitrail précédent. C'est une réalisation des années 1882-1885 de l'atelier parisien de Didron.

 

 

 

 

 

 

 

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