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Discours véritable des raisons qui ont porté sa Majesté à tenir l'ordre qu'il a suivy, à forcer les places qu'il a assubjetties en l'Année 1621.
sl, nd, planche 4

Date : Publication en 1621-1622. Sans doute  projet des années 1589-1590
Dimension en cm, hauteur x largeur :  26,3x33,2
Echelle : env. 1/10 000
Orientation : vers O.N.O.
Techniques : burin
Localisation :  BnF, Ge DD-584

Projet général de fortification de la place

  
 De prime abord, ce plan dressé d'un burin nerveux ne dit rien qui vaille. La forme des îles est gravement fautive ; les ponts, alignés d'une façon mécanique, n'ont aucun rapport avec la réalité ( ils sont d'ailleurs emportés ou gravement endommagés par le "Déluge" de 1615 ). La bastille sur le pont de la Croix Verte n'est pas même évoquée. Cependant, si l'on examine la figuration de l'ancienne muraille des XIV-XVes siècles entourant la ville close, on est frappé  par l'exactitude de sa représentation ; 23 tours et 4 portes sont à leur place exacte, auxquelles il faut ajouter l'hôtel de ville en forme de camp retranché ( de fait, Duplessis-Mornay avait renforcé tout l'ilôt ). La tour du Papegault présente bien cette forme oblongue et, à l'autre angle, la grosse tour Cailleteau était légèrement étirée. La description du front de Loire de l'enceinte est remarquable ; un léger décrochage dans son tracé, à la hauteur du chœur de l'église Saint-Pierre, est réel et visible sur le cadastre de 1812. En avant des portes de la Bilange et de la Tonnelle, les contrescarpes sont renforcées par de petites redoutes qui assurent une première protection. Sur les rives du fleuve sont esquissés les ports à leur emplacement précis ; de haut en bas, le port Chevalier, le port de la Bilange, le minuscule port de la Saunerie, puis, avec ses deux cales l'imposant port au Bois et, enfin, le port Saint-Michel.
 Le tracé de la partie ouest et sud de l'enceinte est moins sûr  ; la tour Grenetière est bien trop petite. Cependant, les cheminements esquissés à travers la ville close sont exacts.
 Ce plan ne s'intéresse donc qu'aux fortifications. Il est paru dans un ouvrage in-folio célébrant les succès militaires de Louis XIII et en particulier la reprise de Saumur sur le parti protestant. Le rédacteur des commentaires qui accompagnent le plan analyse en expert l'organisation de la place forte. Il note la fragilité des bastions dominant la ville : « la hauteur qu'on auoit esté contraint d'y donner, pour éuiter qu'ils ne fussent veus et commandez par les premiers ouuvrages, faisoit esbouler le tout. »
A notre surprise, il ne tarit pas d'éloges sur l'enceinte de la Croix Verte, sa « fortification paracheuee. Les fossez larges, profonds et pleins d'eau, qu'on ne peut espuiser. Le terrain est facile à creuser : mais à deux pieds de profond, l'on y rencontre l'eau, parce que de ce costé le pays est bas. » Après avoir donné des plans de Saint-Jean d'Angely et de Montauban ( où l'armée royale tire ses quatre cents coups ), notre expert militaire conclut par des « Considérations qu'il faut avoir avant que d'assiéger une ville ».
 
L'ouvrage n'est pas daté, mais il ne relate que les opérations de 1621, ne disant mot sur celles de l'année suivante. Sa publication peut donc correspondre à la période 1621-1622. Faudrait-il en conclure que le plan correspond aux fortifications de la ville dans ces années-là ? D'après nos rares moyens de recoupement, les enceintes du faubourg de la Bilange ( en E ) et de la Croix Verte ( en D ) sont exactes, mais autour du château, de sérieuses divergences posent question. Tous comptes faits, ce plan apparaît comme un projet de renforcement de la place de Saumur élaboré au lendemain de l'installation de Duplessis-Mornay. Ce dernier rappelait en 1622 que Henri de Navarre lui avait donné l'ordre de fortifier en priorité la Croix Verte et qu'il en avait fait faire le dessin par « Messer Bartholomeo, son ingénieur » ( voir nos maigres renseignements sur Ricardo Bartholomeo ). Il est probable que, sans rien réaliser lui-même, Bartholomeo ait dressé un plan général plus détaillé, plan qui avait été déposé dans le service des Fortifications créé par Henri IV en 1604 et qui est aujourd'hui introuvable. Nous en avons ici une gravure simplifiée. Reconnaissons que nous sollicitons quelque peu notre source, mais que cette hypothèse est vraisemblable. A la fin du siècle, le collectionneur Roger de Gaignières en fait dresser un calque qui a mal vieilli ( voir Eric Cron, Saumur, urbanisme, architecture et société, 303,2010, p. 121 ).
 Nous commentons maintenant la zone de la citadelle sur une image agrandie. 



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