LES HÔTELLERIES AUX XVIe-XVIIe-XVIIIe SIÈCLES


PARTIE SUD


Hôtelleries, partie Sud


  "Le Soleil", "le Dauphin", "la Croix Blanche", "la Croix d'Argent"," le Lion d'Or", tous ces noms pittoresques correspondent à des hôtelleries, ainsi désignées par un élément concret figurant sur leur enseigne. Au fil de mes recherches, j'ai trouvé trace de 71 noms d'hôtelleries et d'auberges pour l'ensemble Saumur et la Croix verte aux XVIe-XVIIe et XVIIIe siècles. Certaines auberges n'offraient pas de chambre ; plusieurs hôtelleries  ont porté divers noms successifs. Une fois écrémés ces éléments peu sûrs, il me reste une liste de 48 lieux d'hébergement assez bien documentés et localisés. Estimant que ces données pourraient présenter quelque utilité, j'ai reporté les hôtelleries identifiées sur le plan manuscrit des environs de 1620 légèrement retouché.
 La partie méridionale de la ville regroupe l'essentiel des lieux d'hébergement. La plus ancienne traversée par nos actuelles rues Hoche, de Nantilly, Pascal, Duruy et la Grande-Rue offre surtout des lieux d'accueil charitables, Saint-Lazare, où sont parqués les lépreux, l'hôtel-Dieu réservé aux habitants de la cité, l'Aumônerie ou hôpital des Passants destinée aux horsains. C'est la nouvelle traversée, aménagée au début du XVIIe siècle, qui emprunte les rues de Poitiers, de la Chouetterie et du Portail-Louis, qui offre la plus forte concentration d'établissements, en raison de l'intensité de la circulation et de ses dispositions aérées et favorables à l'implantation de cours et d'écuries.
 En second lieu, le Carrefour royal et les abords de la place Saint-Pierre présentent un noyau actif, en dépit de l'étroitesse des lieux.
 La place de la Bilange, longtemps isolée, présente au moins l'établissement le plus coté de la ville, l'hôtel de la Corne ( ou de la Corne de Cerf ), dans lequel descendent les notabilités, les commandants des troupes de passage et enfin, en 1777, l'empereur du Saint-Empire, Joseph II, venu icognito pour inspecter le régiment de Carabiniers, cela peu avant la destruction de l'hôtel et son remplacement par la Maison Blancler.
 Pour des raisons de lisibilité, nous avons adopté un cadrage étroit. Hors champ, dans le quartier Saint-Nicolas, se succèdent l'hôtellerie Notre-Dame de Lorette et l'auberge du Mouton, qui sont devenues le couvent de la Fidélité ; plus loin, au débouché de la Petite-Rue-Saint-Nicolas, la Couronne et le Coq ; en lisière du Chardonnet, l'auberge du Mûrier, l'hôtellerie du Godet et, sans doute, la Maison du Chapeau Rouge.
 Dans le quartier de Fenet, selon la vitalité du pèlerinage, naissent puis disparaissent le Logis de la Fontaine, l'Hôtel des Trois Anges ( devenu la Maison de la Providence) et, à côté, la Fleur de Lys. Plus loin, la Sirène et la Lamproie, écrasée par un éboulement du coteau en 1622. En descendant le quai primitif, les Trois Marchands ( ou les Trois Rois ), ensuite les Trois Mores ( aujourd'hui Anne d'Anjou ), enfin la Galère, rebaptisée Hôtellerie Saint-Michel. Au départ de la rue de Fenet, au pied du coteau, la Gerbe ( ou la Gerbe d'Or ). Et dans les environs , l'Hôtel de Ville et, pendant un temps, le Plat d'Etain.
   
    
  Ces divers établissements ne fonctionnent pas tous à la même époque. Le parc hôtelier se développe dans la première moitié du XVIIe siècle avec le rayonnement de l'Académie protestante, qui attire des étudiants venus de loin et de nombreux voyageurs étrangers, accompagnés parfois par une suite nombreuse. Vers 1650, 42 établissements sont en activité, ce qui doit représenter l'apogée des capacités d'accueil de la ville. Depuis la guerre de Hollande ( 1672 ), les étrangers ne viennent plus et toute présence étudiante cesse avec la fermeture de l'Académie ( janvier 1685 ). Au cours de l'hiver 1685-1686, la ville doit loger le troisième bataillon du régiment d'Alsace, fort de 695 hommes, dont quelques uns sont mariés ( A.D.M.L., C 110 ). Toutes les hôtelleries sont réquisitionnées ; elles sont alors au nombre de 17 et ne parviennent pas à héberger tous les soldats, qui sont répartis dans les maisons des notables, de préférence chez " les nouveaux convertis ", qui se voient souvent imposer quatre hommes. Beaucoup de lieux d'accueil ont fermé et les capacités hôtelières de Saumur sont désormais limitées, au point qu'il faudra aménager des casernes provisoires.






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