Christophe TASSIN


SAVMVR

Date : 1634
Dimension en cm, hauteur x largeur : 10,4×14,9
Echelle : /
Orientation : S.S.O.
Techniques : eau forte
Localisation : Les plans et profilz de toutes les principalles villes et lieux considérables de France...  Seconde partie, Rivière de Loire, Paris, 1634.

Vue cavalière par Tassin


  Cette vue cavalière, en donnant une hauteur aux objets, est plus vivante que les plans précédents ; avec leur relief accentué, les bastions, les fossés, la colline du château et la falaise de Fenet présentent des proportions expressives. Mais, encore une fois, nous avons une figuration d'inspiration militaire qui ne s'intéresse qu'aux fortifications ; les maisons sont gommées dans la ville close et bien disséminées dans le faubourg Saint-Nicolas. A l'inverse, le port au Bois, devant la porte de la Tonnelle, est présenté comme partiellement construit, ce qui n'était pas encore le cas.
  Un  examen plus minutieux révèle de fréquentes approximations. Les défenses de la citadelle sont celles de Duplessis-Mornay, complétées par la grande tenaille encadrant la porte des Champs, construite sous le maréchal de Maillé-Brézé,
mais la demi-lune et la terrasse bordant la façade N.E. du château ne sont pas encore aménagées, ce qui peut correspondre à l'état des lieux en 1634. Cependant, l'aile orientale du château est réduite à un mur, alors que c'était l'aile occidentale qui était en cours de disparition.
 Sur l'enceinte urbaine, apparaissent 21 tours ( dont les deux rondes de la Porte Neuve ), 4 portes et l'Hôtel de Ville. Le total est acceptable, mais ces tours sont mal placées ; il en manque sur la partie nord de la courtine. La porte du Bourg est évoquée par une maison à cheval sur le rempart, mais elle est déplacée dans l'axe de la rue de la Chouetterie. Si la rue du Portail-Louis et la place de la Bilange sont assez bien figurées, de surprenantes églises apparaissent dans le quartier.
 Cette vue cavalière, si parlante soit-elle, présente trop d'erreurs pour constituer une référence historique. Elle est l'œuvre de Christophe Tassin ( longtemps prénommé à tort Nicolas ), qui avait été commissaire des guerres et géographe du Roi et qui, en 1631, obtient le privilège pour la publication de ses travaux : de 1633 à 1638, il multiplie les éditions d'atlas de petit format concernant les gouvernements et les principales villes de France, d'Espagne, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse. Il est évident que Tassin n'est pas allé sur place relever ses plans et profils. Il utilise les publications précédentes et les documents du Cabinet du Roi. Il donne aussi un GOVVERNEMENT de Saumur emprunté à Lézin Guyet. Malgré leur élégance, ses travaux trahissent une hâte regrettable et un souci exagéré de simplification. Sa vue de Saumur est loin d'offrir la précision des deux plans précédents.
 Elle est sans cesse rééditée ; par Tassin lui-même en 1636 et 1638 ; elle est reprise, à leur compte particulier, par ses éditeurs, Melchior Tavernier et Nicolas Berey ; on la retrouve, sur un format un peu plus grand, mais encore plus schématisée, dans une réédition de la Topographie française de Claude Chastillon datant de 1655 ( n° 532 ). Elle figure dans les travaux de Pierre Boyer du Parq, hydrographe du Roi ; elle est, bien entendu présente dans la collection de Gaignières ( lien vers Gallica ). Le Père Coronelli la reprend sous le titre " Pianta di Saumur ". A quoi bon s'attarder sur une production hâtive, trop souvent copiée et encore récemment rééditée dans d'habiles imitations ?

 Malgré leur plus grand intérêt et leur exactitude, les vues panoramiques réalisées par Lincler et Collignon, puis reprises par Merian, n'appartiennent pas à la cartographie et je ne les inclus pas dans cette étude.
Vue de Sommières


 A noter aussi que sur des sites de vente apparaît parfois une vue cavalière d'un style comparable, intitulée " Saumur " ou " Saumur, une place assiégée par le Roi ". Il suffit d'un regard à droite pour constater des différences essentielles. Cette vue représente en réalité la ville de Sommières ( aujourd'hui dans le Gard ), une place que Louis XIII a bien assiégée en 1622 et qui figure dans les productions de Jean Valdor. L'erreur est ancienne : elle apparaît déjà au XVIIIe siècle dans le " Recueil de titres sur l'histoire de France " constitué par Fontanieu et dans la " Bibliothèque historique de la France " du Père Lelong.  









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