Le travail du silex dans le Sud-Saumurois

Notes manuscrites d'O. Desmazières déposées à la B.M.A.

 Deux solides préhistoriens ont étudié cette question : Olivier Desmazières ( † en 1936 ) et le docteur Olivier Couffon ( † en 1938 ).
    

1) Abondance des silex locaux

 Loin de fournir tous les outils des âges de la pierre, le silex constitue le matériau le plus facile à travailler et le plus recherché. Or, le Sud-Saumurois offre de beaux gisements :

- Sur la surface du plateau de Brossay, la couche jurassique du Bathonien s'est altérée en donnant une terre argileuse, abondante en silex bleu-marine souvent brisés.
- Plus près de Saumur, les sédiments plus récents du Bartonien recèlent des noyaux de silex, le plus souvent mélangés à des impuretés, ce qui donne des coloris bariolés : des taches laiteuses dans les carrières de Champigny et à la Houssaie ; des teintes opalines à Pompierre. Au Marsoleau cependant apparaît un silex blond homogène, proche de celui du Grand-Pressigny.
   

 2) Des recherches souterraines ?

O. Couffon, Excursion géologique à travers le Saumurois, 1912.
Note de Desmazières du 4 juillet 1921 sur une galerie oblique découverte au Marsoleau.

 Les silex de surface étant souvent fissurés par le gel, les hommes de la Préhistoire ouvrent des excavations ( carrières ou puits ), afin de récolter des rognons intacts. Quelques indices de pareilles exploitations ont été détectés au Marsoleau et à Champigny. 

 3) Des ateliers pour les besoins locaux

 L'existence d'ateliers locaux est incontestable.
 Première preuve : à Pompierre et à la Houssaie, des éclats minuscules résultent d'une première taille du nucléus, précédant le polissage.
 Seconde preuve : la grande majorité des silex polis trouvés dans la région sont d'origine indigène ; les importations semblent rares, même en provenance du Grand-Pressigny, pourtant proche.
 Toutefois, les premiers Saumurois font venir, parfois de loin, des matériaux en roche éruptive. C'est pourquoi le docteur Gruet se montrait réservé sur l'importance de ces ateliers, car on ne trouve pas de trace d'une exportation de ces fabrications locales.