Les pèlerinages secondaires  

    

1) Maintien d'un culte à Notre-Dame de Nantilly

 Notre-Dame de Nantilly compte toujours un petit noyau de fidèles, selon l'abbé Grandet, qui ajoute que désormais la dévotion se porte surtout vers les Ardilliers.
    

2) Survivance du pèlerinage à saint Florent et à saint Méen

 Louis XI portait une grande vénération envers saint Florent ; à huit reprises, il vient en pèlerinage dans l'abbaye et il fait rapatrier les reliques du saint depuis la Picardie. Ces reliques ont vraisemblablement été brûlées par les huguenots lors de la crise iconoclaste. Cependant, en 1692, le procureur du monastère authentifie les ossements contenus dans une nouvelle châsse : selon lui, un cuisinier les aurait sauvés en les enterrant lors du pillage.

 Cependant, les visiteurs sont désormais surtout intéressés par les restes de saint Méen, un abbé breton, grand thaumaturge, qui guérit des maladies nerveuses spectaculaires.
 Comme les pèlerins sont « infectez de fascheuses maladies », des confessionnaux spéciaux particulièrement étanches sont installés dans l'église abbatiale ( A.D.M.L., H 1859 et H 1861, p. 91 ). En 1751 encore, des pèlerins sont signalés.
      

3) Un culte de mariniers à Saint-Nicolas

Stijn Alsteens / Hans Buijs, Paysages de France dessinés par Lambert Doomer et les artistes hollandais et flamands des XVIe et XVIIe siècles, Fondation Custodia, Paris, 2008, p. 359.

 D'après l'artiste hollandais Willem Schellinks, un petit pèlerinage spécifique a lieu dans l'église Saint-Nicolas, qui est le patron des commerçants et des marins. « On y voit une statue de saint Michel, curieusement recouverte de toutes sortes de babioles et d'algues. Tout cela a été offert par des pèlerins qui ont été à Saint-Malo, en Bretagne. » ( traduit du néerlandais par Jan Blanc )
 Ce texte de 1646 n'en dit pas plus, et il n'est pas certain que nos artistes, parlant mal le français, aient bien compris. Ce pèlerinage serait plutôt à mettre en rapport avec le Mont-Saint-Michel.
   

4) Le miracle des Ulmes

 

Abbé L. COUDRIN, Notice historique sur le miracle des Ulmes ( 2 juin 1668 ), 1900.
Isabelle BONNOT, « Un miracle eucharistique en Anjou au XVIIe siècle, le miracle des Ulmes », A.B.P.O., 1983, p. 7-18

 A dix kilomètres de Saumur, dans la petite église des Ulmes, le 2 juin 1668, alors qu'un hostie consacrée est présentée dans un ostensoir, des fidèles y voient apparaître une image, pour certains d'un beau jeune homme, pour d'autres de Jésus-Christ.
Dessin par Poupart, gravure par Edelynck L'évêque Henry Arnauld fait enquêter et ne doute pas de la réalité de l'apparition. Celle-ci est une preuve éclatante de la présence réelle dans l'Eucharistie, et elle survient précisément au moment où les protestants tiennent un synode à Saumur. L'évêque ordonne de diffuser largement ce fait ; trois graveurs le représentent aussitôt : Edelynck, à Paris, dans une belle taille douce reproduite ci-contre ; Jean Bidault, de Saumur, dans un cuivre de médiocre qualité ; l'éditeur Ernou, qui publie une gravure sur bois, accompagnée d'un cantique.
 Malgré les ventes massives de ces images pieuses, les protestants parlent de supercherie et même certains milieux catholiques sont réticents. La vision n'a duré qu'un quart d'heure. Surtout, Nicolas Nézan, le curé, qui emploie son frère Michel comme vicaire, est loin d'être au-dessus de tout soupçon ; il vit en concubinage notoire avec une de ses paroissiennes et, trois mois après l'événement, il est emprisonné et déchu de sa cure.

 L'hostie est pieusement conservée derrière une grille ( et finalement consommée par un vicaire du Puy-Notre-Dame ). Un pèlerinage apparaît, sans connaître un franc succès.
 Il a été relancé en 1876, au temps de l'Ordre moral.