Les Récollets   

 

Ordre : une communauté particulièrement austère 
 Parmi les disciples de St François d'Assise, les Cordeliers étaient implantés au coeur de la ville depuis le XIIIe siècle. Des dissidences s'étaient produites dans l'ordre : un rameau prônant le retour à la rigueur originelle de la règle est appelé en Italie, les Riformati. Il est introduit en France, à Nevers, par Louis de Gonzague en 1592 et installé dans une maison de récollection, d'où son nom français.
 Dans ses " Antiquitez de l'Anjou ", Jean Hiret présente ainsi nos récollets : « Les moines ne portent point de chemise, de souliers, ni de chausses. Ils portent des socques [ sabots de bois ] ou bien vont pieds-nus ». Habituellement prédicateurs, les récollets sont aussi aumôniers des régiments.
    
Implantation à Saumur : des protégés d'Henri IV 
 Agissant sur la demande de sa tante, Eléonore de Bourbon, l'abbesse de Fontevraud, et désormais en froid avec Duplessis-Mornay, Henri IV installe les Récollets en même temps à Saumur et à Doué ; ils y viennent primitivement pour soigner les pestiférés.
 Par lettres patentes du 22 janvier 1602, le roi les autorise à s'installer à Saumur. Il intervient encore à deux reprises en leur faveur : le 4 octobre 1604, il interdit aux Cordeliers de poursuivre leur opposition à la venue de leurs frères ennemis ; le 7 janvier 1609, il accorde à la nouvelle communauté une maison qui leur est nécessaire pour achever leur couvent et construire un cloître.
   
Les bâtiments 

 La Confrérie de l'Assomption, siégeant dans l'église de Nantilly, leur abandonne le 26 août 1603 la grande maison dans laquelle elle tenait ses banquets annuels. La ville intervient aussi, fait des donations et construit le premier bâtiment à ses frais. Selon E. Cron, la chapelle est bénite en 1612.Plan des Récollets

 Ce premier monastère est ravagé en 1655 par un incendie spectaculaire qui fait grand bruit. Le théologien protestant Amyraut s'émeut et demande au financier Hervart de faire un geste. La reine mère accorde alors aux Récollets une aumône de 20 000 livres, payable en quatre annuités. C'est ce couvent reconstruit par l'architecte Gilles Baudouin qu'on voit, à droite, sur ce plan de la fin du XVIIIe siècle ( Extrait du plan du fief de Pocé, lithographié dans la réédition de Bodin, 1845 ).

 Appartenant aux ordres mendiants, les récollets ne possèdent pas de dépendance extérieure, mais ils ont su s'aménager un couvent très agréable.

 Au prix de d'importants travaux, la colline en amphithéâtre est compartimentée en élégantes terrasses, appartenant aujourd'hui au Jardin des Plantes. Ces travaux étaient exécutés en 1722, année où ils sont évoqués par Pierre Gaillard.

 A l'emplacement de l'entrée actuelle du Jardin des Plantes est implantée une chapelle, que les visiteurs décrivent comme petite et banale ( elle est détruite au début du XIXe siècle ).

 

 

 

Vestiges du bâtiment conventuel des Récollets

 

 Les bâtiments conventuels sont en arrière du chevet de la chapelle, disposés autour d'un cloître. Il en subsiste des vestiges de l'aile orientale.

 

 

 

 

Plaque tombale provenant de l'ancien cimetière des Récollets

 

 

 En avant, la place actuelle des Récollets est occupée par un cimetière assez vaste. En 1783, une inspection du vicaire général signale que ce cimetière est partiellement à l'abandon, qu'il sert de pâturage aux chevaux, ânes, vaches et moutons du quartier et qu'il est « souvent le théâtre du libertinage nocturne ».

 Quelques pierres tombales en provenant sont fixées dans l'escalier du fond du Jardin des Plantes. L'une est datée de 1775.

 

 

 

 

Maison du Père Gardien des Récollets ( ensuite, station viticole )

 

 

 Le supérieur du couvent, le Père Gardien dans la terminologie des Franciscains, habite dans une maison à part, juchée sur une petite terrasse. Celle-ci est reconstruite en 1758 dans un style anguleux et vivant, qui est un bon exemple du rococo local. Autre particularité : ses soubassements sont en falun de Doué, alors que bientôt, avec la construction du pont Cessart, ils seront habituellement en pierre de Champigny.

Cheminée rocaille dans le logis du Père gardien

 

 

 Le logis du Père gardien a ensuite été utilisé par la station viticole. De ses dispositions intérieures, il ne subsiste guère qu'une cheminée rocaille remontant vraisemblablement à la construction du bâtiment.

Les effectifs 
 Pendant longtemps, une trentaine de religieux. L'enquête de 1766 en compte 18, mais ils ne sont plus que 12 en 1790.