Travaux autour du Pont Neuf   

   

   

1) Remodelage de la place de la Bilange

- Destructions d'abord du côté de la Loire.

- Projet d'aménagement d'une entrée de ville monumentale. Voir angle avec la rue Molière.

- Construction de l'hôtel Blancler.

- Première salle de Comédie surmontant des halles.
   

2) Le projet d'un immense quai

- Conceptions d'ensemble. C'est encore Jean-Baptiste de Voglie qui trace les lignes générales de la nouvelle façade urbaine entre la porte de la Tonnelle et la place de la Bilange ( A.M.S., DD 19, n° 4 - 2 juin 1769 ). Il est assisté dans cette tâche par deux ingénieurs des turcies et levées, Pierre Chevalier et Charles-Pierre Normand. Par la suite, c'est Soyer, l'ingénieur en chef, qui supervisera les travaux.

- Des façades régulières sont élevées sur l'actuelle rue Molière, en suivant des élévations imposées ( A.M.S., DD 19, n° 3 - plan du 28 mars 1768 ).

- En avant de ces maisons, est prévu un immense quai rectiligne, reposant sur des pilotis, s'étendant « depuis Notre-Dame des Ardilliers jusqu'au port Saint-Nicolas ». Les travaux sont finalement adjugés à Alexandre-Jean-Baptiste Cailleau pour le montant colossal de 606 700 livres, soit plus du tiers du pont Cessart ( A.D.M.L., C 38 - adjudication du 10 juillet 1784 ). En théorie, les deux tiers sont à la charge du roi et un tiers à la charge de la ville. Dans une lettre privée, Cessart, qui de loin s'intéresse toujours aux entreprises saumuroises, croit bon d'avertir son collègue du fait que la ville ne pourra jamais verser la somme promise ( A.D.M.L., C 114, lettre du 13 novembre 1784 ).
 Cailleau, percevant des acomptes anticipés, abat beaucoup d'ouvrage pendant deux ans et exécute pour plus de 156 000 livres de travaux. A la veille de la Révolution, une rampe descendant au fleuve et l'actuelle place de la République sont achevées. La suite est réalisée par tranches épisodiques sur une vingtaine d'années.

- Des aqueducs souterrains rejettent dans la Loire les eaux pluviales depuis la rue Saint-Jean et le carrefour du Puits-Neuf. Le premier est achevé en 1779.
   

3) Le recalibrage de la Loire

- Les projets d'améliorer la navigation dans le bras principal du fleuve n'avaient pas manqué. En 1733, les ingénieurs du roi avaient proposé de combler le bras de la Poissonnerie et de relier ainsi l'île du Parc à la terre ferme ; un mur édifié du côté amont protégerait cette avancée contre l'érosion. L'assemblée générale des habitants s'oppose à ce projet, en affirmant avec bon sens que cet étranglement du fleuve rendrait les crues plus dangereuses et en ajoutant que les travaux seraient à la charge de la ville, qui est sans moyens financiers ( A.M.S., BB 6, f° 51, 8 juin 1733 ).

- Ce problème du lit fluvial interfère avec le projet de quai. Une meilleure solution est arrêtée à la suite de la crue exceptionnelle du 6 mars 1783 : la suppression de l'île du Parc et le comblement du bras de la Poissonnerie précéderont l'implantation du quai ( A.D.M.L., C 114 ). Ce travail considérable ( et entièrement à la charge de la ville ) est réalisé par l'entreprise Cailleau dans les années 1785-1786. Douze maisons en pierre et une petite boutique en bois perchée sur la pile du pont Foullon sont détruites contre une indemnité de 18 000 livres ( A.M.S., DD 17, n° 105-110 ).
 Le plus gros des terres provenant de l'île est entassé sur le nouveau quai et forme un parc surélevé, achevé au début de 1788, en même temps que la salle de spectacle.
  

4) Naissance de la rue Royale

- A la sortie septentrionale du " pont neuf ", une large levée est commencée et baptisée " rue Royale ". De belles maisons y poussent, en particulier, le nouvel hôtel de la Corne, « magnifique auberge de nouvelle construction, qui fait partie des bâtiments avec façade régulière près le beau pont », selon la description donnée en 1780 par Louis-Charles-Félix Desjobert ( A.H., t. 11, p. 242 ). Tous les voyageurs fortunés descendent désormais dans cette hôtellerie.

- De l'autre côté de la rue, face à l'île Millocheau, qui appartient alors à sa famille, l'abbé Joseph-Paul Cailleau de Baudiment, frère de l'entrepreneur et aumônier par quartier de Mademoiselle, fille du Roi, se fait construire un bel hôtel particulier, la première maison sur ce côté. Notre aumônier n'était pas un modèle de piété.