Le territoire municipal   

  

1) Le cas de la Croix Verte et de l'Ile Neuve

  Bien qu'ils appartiennent à la paroisse de Saint-Lambert des Levées, les deux faubourgs du Nord regardent sans cesse vers la ville de Saumur, dont ils prolongent l'axe des ponts. En 1754, ils avaient abandonné le système des tailles et adhéré au tarif de la ville.
 Le 19 octobre 1789, les habitants de la Croix Verte et de l'Ile Neuve, réunis en l'église Saint-Jacques, constatent avec regret que leurs quartiers sont réunis à Saint-Lambert. Ils écrivent au Comité municipal permanent pour lui demander d'être appelés aux assemblées de Saumur ( A.D.M.L., 1 L 443 ). En riposte, les habitants de Saint-Lambert excluent cette enclave urbaine de leur assemblée constitutive du 30 janvier 1790. Saisi de ce différend, le Comité de Constitution autorise le 8 février les deux quartiers à se constituer en une municipalité autonome, qui décidera de son appartenance future.
  La municipalité se donne pour maire Jean-Jacques Maupassant la Ronde et sollicite son adhésion à Saumur dans une lettre du 2 mars au ton très modeste : « L'ambition de se parer de votre célébrité, Messieurs, ne les anime aucunement, mais bien l'espoir de jouir de tous les avantages d'une administration sage et éclairée ». La décision a été prise à l'unanimité. En cette affaire, Saumur ne manifeste aucun impérialisme ; quelques familles influentes de la Croix Verte, en relations constantes avec Saumur, ont conduit la manoeuvre. Elles joueront un rôle important dans la ville au cours des années suivantes, en particulier les Maupassant, les chirurgiens Fernagu et Couléon, le notaire Guillemet.

 A la même époque, les municipalités de Saumur, Varrains, Chacé et Bagneux se mettent d'accord pour la répartition des pacages très convoités du Grand Marais-le-Roi ( A.M.S., BB 13, fol. 43-45 ).
  

2) Le cas du Petit Puy

  Alors que Beaulieu relève en grande partie de Saumur, le hameau du Petit Puy appartient traditionnellement à Dampierre, mais un arrêté départemental du 22 fructidor an III ( 8 septembre 1795 ) le rattache à la nouvelle municipalité de Saumur extra-muros, qui est plutôt embarrassée, car elle se dit incapable d'établir les contributions de ses habitants ( A.D.M.L., 1 L 443 ). Voir rue du Petit-Puy.
 Finalement, dans la réorganisation de 1800, le Petit Puy demeure définitivement dans la commune de Saumur.
 

3) Les subdivisions en quartiers minuscules

 
 
 
 

  Les découpages administratifs à l'intérieur du territoire communal ont beaucoup varié et leur cartographie serait une entreprise audacieuse.

 Une première subdivision en 8 districts est opérée le 9 octobre 1789 ( A.M.S., BB 12, fol. 130-135 ). Elle sert de cadre pour quelques assemblées de quartier et pour le recensement, mais les limites de chacun de ces districts ne sont pas toujours bien précises.

 Un nouveau découpage en 11 sections est adopté par les officiers municipaux le 28 décembre 1790 ( A.M.S., 6 D 1 ). Certains quartiers sont bien individualisés, comme le faubourg de Nantilly, Fenet, les Ponts, l'ensemble Croix Verte-Ile Neuve. D'autres sont également homogènes, mais paraissent minuscules, comme les Moulins ou Beaulieu. A l'inverse, dans le centre ancien, cinq sections apparaissent. Les Basses Rues sont bien caractérisées, mais elles s'arrêtent au milieu de la rue du Paradis. La section Saint-Pierre et Bourgneuf s'étire selon l'axe de la Grande-Rue. Un égout souterrain sépare le Puits Neuf de la Bilange, qui elle-même s'arrête au milieu de l'actuelle rue Saint-Nicolas, l'espace s'étendant jusqu'à la tour Grenetière et au Thouet étant attribué à la section du Collège.
 Ce découpage en micro-quartiers ne semble avoir fonctionné que sur le plan fiscal.
 

4) Le découpage en quatre

  Le fractionnement de la ville en quatre grands quartiers s'est révélé plus opérationnel. Ce nombre avait été imposé par l'Assemblée Nationale, comme cadre des assemblées primaires électorales. Préparant les municipales, le 14 janvier 1790, l'assemblée des habitants découpe la ville en quatre " cantons " : Nantilly, Saint-Pierre et Fenet, le Collège, les Ponts.
 Ces subdivisions sont demeurées assez stables. Elles réapparaissent dans la terminologie révolutionnaire sous les noms respectifs de la section de l'Unité, la section de la Fraternité, la section de l'Egalité et la section de la Liberté.
 Aux yeux des autorités locales, la structure paroissiale devait reprendre cette division en quatre. Mais le découpage ecclésiastique a beaucoup fluctué.