Notes sur le télégraphe et le téléphone

 

 Sur les débuts du télégraphe et du téléphone, les archives publiques s'avèrent bien pauvres ; la sous-série 5 P des A.D.M.L. et la série O des Archives municipales sont peu fournies. Des agents des Télécoms ont aimablement vérifié si des papiers survivaient dans les réserves locales de leur administration ; ils n'ont rien trouvé.
 Etabli à partir de documents disparates, ce dossier conserve quelques zones d'ombre.

1) Les débuts du télégraphe

 Aucune ligne du télégraphe optique du système Chappe ne passait par Saumur. En 1840, Samuel Morse dépose le brevet de son télégraphe électrique, qui est vite adopté en France. Par accord avec les compagnies ferroviaires, les premières lignes télégraphiques sont installées le long des voies. Le réseau envisagé est au service de la centralisation administrative ; la préfecture du Maine-et-Loire reçoit des " dépêches télégraphiques " du ministère de l'Intérieur dès juin 1848. Cependant, le réseau n'étant pas encore en place, une partie du trajet doit s'effectuer par porteur.
 C'est en 1850 qu'une première ligne télégraphique parvient à Saumur par la plate-forme de la voie Paris-Orléans. Le Conseil municipal, alors présidé par l'adjoint Raguideau, demande aussitôt la création d'une station télégraphique publique ( A.M.S., 1 D 24 ). Il renouvelle son voeu le 7 septembre 1853. Dès le 15 octobre suivant, il vote des remerciements à l'empereur en reconnaissance de cette dotation.
 Au cours du Conseil du 18 février 1854, Charles Louvet annonce que le ministre de l'Intérieur demande que la ville mette un local à la disposition du service télégraphique. Le maire loue à la famille Jouanneau pour 500 F par an une petite maison de trois pièces située devant la sous-préfecture, à l'angle de la rue Beaurepaire et de la rue des Potiers ( la rue Chanzy - la maison a été reconstruite depuis ). La station télégraphique ouvre aussitôt et connaît sans doute une certaine affluence ; au cours d'une inspection officielle, le local est jugé insuffisant et la ville mise en demeure d'en fournir un autre plus convenable. Au cours du Conseil du 4 novembre 1859, Charles Louvet est autorisé à prendre à bail pour 700 F une maison toute proche appartenant à Mme Vve de Fos, banquière. D'après la description détaillée qui en est faite ( A.D.M.L., O 1057 ), il s'agit d'un immeuble construit en retrait de la rue, derrière une grille et un parterre, accessible par un petit escalier et touchant à la distillerie Combier ; cette maison correspond au n° 46 de la rue Beaurepaire. Le bail est bien signé le 13 décembre 1859, le Conseil a voté une somme de 228 francs pour approprier le bâtiment, mais le télégraphe n'y a pas été transféré. Au budget de 1864, la ville dépense toujours 500 francs pour ce loyer et, dans les rapports de 1864-1866, l'insuffisance du local est invoquée pour justifier l'expropriation de la veuve Renault et la construction du nouvel hôtel des Postes, qui va réunir les services du courrier et du télégraphe. Description de cette nouvelle poste au dossier sur la rue Franklin-Roosevelt.

2) Les télégrammes

 Les télégrammes sont traditionnellement envoyés en alphabet Morse et transcrits sur papier bleu. C'est certainement le cas du suivant, envoyé de Paris le 26 décembre 1880, dans lequel l'imprimeur Roland annonce en sept mots son arrivée nocturne.

A.M.S., 1 Z 60

 Cet autre télégramme concerne aussi l'histoire de Saumur, mais présente un dispositif plus complexe. Il est envoyé de Paris par le ministère de l'Instruction Publique le 6 août 1896 ( A.D.M.L., 34 T 14 ). Il est transmis par le télégraphe imprimant de Hughes ou par la machine de Baudot : un piano alphabétique permet de saisir le texte et le transforme en impulsions électriques. A l'arrivée, ici à Angers, une roue frappe le texte en lettres majuscules sur un ruban de papier ; les bandes découpées sont collées sur un formulaire bleu ( la photocopie est en noir et blanc ).

A.D.M.L., 34 T 14

 Cette demande d'avis au préfet de Maine-et-Loire concerne le conflit entre le docteur Peton, maire, et Jules Rigolage, principal du collège, qui avait monté une liste d'opposition aux élections municipales. L'éventuelle mise en congé de ce dernier demande une décision urgente, car la rentrée approche. Comme ce texte est transmis par la poste, certains passages sont codés selon le chiffre 6, qui rappelle vaguement le système des hiéroglyphes, certains nombres correspondant à des mots entiers, d'autres à des syllabes. Ce camouflage me semble grossier : un employé au courant de l'actualité peut sans peine deviner de quoi il traite.

3) Du télégraphe aux premières lignes téléphoniques d'intérêt privé

Une première mouture de ces paragraphes, insuffisamment documentée, a été reprise grâce à la parution en mars 2010 de : Frédéric Nibart, Les premiers pas du téléphone en Maine-et-Loire, un livre à la fois érudit et plaisant, auquel j'emprunte beaucoup d'éléments.

 Alexander Graham Bell dépose le brevet du premier téléphone à New York le 14 février 1876. Dès 1878, un réseau rudimentaire équipe la ville de Paris. Sur l'expansion du téléphone, on pourrait imaginer un processus comparable à celui du télégraphe, soit d'abord de grandes liaisons nationales, sur lesquelles viennent se brancher des ramifications locales. Il n'en est rien, le téléphone apparaît d'abord chez des particuliers désireux d'établir des liaisons privées. A Angers, en 1882, Edouard Cointreau fait poser une ligne entre son usine de liqueurs placée sur le quai et son magasin de la rue Boisnet.
 Il faut attendre 1887 pour trouver un premier téléphone dans la ville de Saumur et de 1887 à 1895, 16 autorisations de liaisons téléphoniques privées y sont délivrées :
- la première revient à Georges Douesnel, un important épicier qui relie sa maison de vente des 28 et 30 rue Saint-Jean à ses entrepôts et caves situés 81 rue de Fenet ;
- la plus longue est réalisée en 1889 par Paul Treton-Dumousseau, qui relie ses deux résidences, son château de Launay à la campagne et, en ville, l'hôtel Blancler ;
- les plus classiques : Louis Mayaud joint son domicile, l'hôtel Louvet-Mayaud, à son entreprise, 4 rue du Bellay ; le trajet est déjà appréciable ; cependant, son concurrent Mauriceau-Delaunay et Compagnie fait encore plus long en liant son usine de Saint-Hilaire-Saint-Florent à son magasin situé 24 place Saint-Nicolas ;
- la plus acrobatique : René-Eugène Coutard, puissant négociant en métaux, relie ses bureaux du n° 2 de la place Dupetit-Thouars à son domicile du château de la Fuye ; sa ligne privée, autorisée par le préfet le 5 décembre 1889 ( A.M.S., O 31 ), chevauche les toits de la place de l'Arche-Dorée, de la rue du Petit-Mail, du collège de Garçons, de la place des Récollets et de la ruelle de la Gueule-du-Loup ;
- l'unique liaison administrative met en communication la prison de la rue Fourier avec la gendarmerie de l'Arche-Dorée ;
- les autres liaisons rattachent des domiciles ou des bureaux à des entreprises.
 Pour l'instant, jusqu'en 1894, il n'y a pas de téléphonie publique à Saumur, les lignes existantes relèvent de la communication particulière.

4) Les premiers réseaux ( 1894-1895 )

 Les initiatives commencent à se manifester à la séance du Conseil municipal du 22 septembre 1893, qui vote un crédit de 30 000 F pour la construction d'une ligne téléphonique vers Tours et Paris. Cette ligne doit partir d'Angers, mais cette dernière ville hésite quelque temps entre le passage par Le Mans et le passage par Saumur.
 Dans la réalité, les Chambres de commerce prennent le relais ; à Saumur, 10 000 F sont apportés par 16 importants négociants de la ville ( dont cinq entreprises de vins mousseux, Mazoyer et Balme pour les médailles, les graines Boret et René-Eugène Coutard, déjà équipé et cheville ouvrière du projet ). Comme la ligne atteignait déjà Tours depuis Paris, l'installation, toujours par la plate-forme ferroviaire, est rapide ; à partir du 1er octobre 1894, Saumur est en liaison téléphonique avec Paris et, le 17 de ce mois, une cabine publique est ouverte dans la Poste, à l'angle des rues d'Orléans et du Portail-Louis. La première demoiselle du téléphone, L. de Sarrazines, avait appris le métier à Angers, avant de l'exercer à Saumur.

 Cette première liaison accélère la réalisation de réseaux locaux ( il en existait un à Angers depuis 1891 ). Au milieu de 1895, le maire, le docteur Peton, fait établir un réseau municipal, dont le central est à la mairie et qui atteint la sous-préfecture, le domicile du capitaine des pompiers, l'hospice général, les deux collèges, l'usine des eaux, puis ses deux réservoirs ; ce réseau interne n'a pas de relations avec l'extérieur.
 A la même époque, le député Georges de Grandmaison et Achille Girard, le président de la Chambre consultative des Arts et Manufactures, s'activent pour obtenir la création d'un réseau urbain pour la ville et ses environs immédiats. L'Etat exige un minimum de dix souscripteurs et une forte participation financière. Finalement, un arrêté ministériel du 18 juillet 1895 autorise « la création d'un réseau téléphonique spécial à conversations taxées ». L'abonnement annuel s'élève à la somme modérée de 50 F, mais chaque communication locale coûte 0,50 F pour une durée maximale de 5 minutes. Ce nouveau réseau est opérationnel le 22 novembre 1895. Le nombre des abonnements s'accroît plutôt lentement : de 15 en 1896, il passe à 24 en 1900, à 58 en 1904 et à 187 en 1913.

5) Pourquoi cette lenteur ?

 Seuls quelques industriels, négociants, banquiers et hôteliers, travaillant à large échelle, souscrivent les premiers abonnements. La masse des Saumurois vit dans un monde indifférent au téléphone, qui ne connaît pas l'engouement contemporain en faveur de l'éclairage électrique ou du cinéma. En voici quelques explications :

- L'équipement n'est ni simple ni performant. Il faut installer une ligne vers chaque abonné. Les lignes principales sont souvent encombrées et l'on attend souvent des heures avant d'obtenir la communication. Le combiné n'est pas encore inventé.

- Au nom de l'intérêt public, la loi du 28 juillet 1885 autorise l'Etat à poser des supports de ligne sur les façades ou sur les toits des maisons. Des propriétaires s'efforcer de s'y opposer et les enquêtes préalables sont parfois houleuses. A cause de ces résistances, les poseurs de lignes implantent souvent des poteaux à 1,20 m en avant des façades, ce qui complique leur tâche.

- Le téléphone coûte cher. Les premières lignes privées revenaient à 250 F par Kilomètre, plus l'achat des appareils, plus les frais d'entretien. Après des baisses successives, à partir de 1901, l'abonnement au réseau public est fixé à 100 fr la première année, 80 fr la deuxième, 60 fr la troisième et 40 fr pour les années suivantes. L'équipement complet ( raccordement et appareils ) est mis gratuitement à la disposition des abonnés, à la condition que leur domicile se situe dans un cercle de 9 km de rayon autour du bureau. Au-delà de ce périmètre, est exigé un supplément de 0,20 fr par mètre ajouté. Les frais de conversation, calculés selon la distance et la durée, viennent en sus. Achille Girard juge dissuasif de taxer à 2 F les communications avec Paris. Après 1911, les tarifs baissent un peu, mais la liaison avec le département de la Seine coûte encore 1 F et 0,60 F avec la ville de Paris. Les usagers limitent le nombre de leurs appels ; ainsi, la mairie de Saumur avait prévu 1 543,67 F de dépenses téléphoniques à son budget primitif pour 1904 ; le compte administratif prouve qu'elle s'est limitée à 1 353,78 F de consommations réelles, ce qui représente déjà une somme élevée.
 Certaines entreprises importantes ne s'abonnent pas au réseau urbain ; elles jugent plus pratique et moins onéreux de s'en tenir au système du réseau privé. Par exemple, la Compagnie du Tramway, en 1896, passe d'abord un contrat privé reliant ses trois terminus de la Gare d'Orléans, de Fontevraud et de Saint-Hilaire-Saint-Florent, en passant par la station implantée sur la place de la Bilange.

- La rareté entretient la rareté. Les premiers abonnés du téléphone trouvent peu d'interlocuteurs ; le réseau national est lent à se mettre en place. Les 24 abonnés saumurois de 1900 ont peu de choses à se dire, soit qu'ils appartiennent au même secteur en dure concurrence, soit qu'ils se trouvent à des bords politiques opposés ou dans des activités complètement étrangères. F. Nibart a trouvé qu'ils n'échangent entre eux que 4 540 communications locales sur l'année, soit en moyenne 3,6 appels par semaine pour chaque abonné. Les conversations interurbaines sont plus abondantes, mais, encore une fois, elles sont longues à établir et d'un coût élevé. Les activités plus modernes de l'hôtellerie adoptent plus vite le téléphone, afin d'être agréables à leurs clients : l'hôtel de la Paix ( 0.17 ), l'hôtel Budan ( 0.43 ), l'hôtel de Londres ( 0.59 ), le café du Commerce ( 0,05 ), le café de la Bourse ( 0.64 ). Editeur de journaux, Roland s'abonne lui aussi très tôt ( 0.06 ).

- Le télégramme, porté à domicile à travers tout le pays, fonctionne de manière satisfaisante et résiste bien jusqu'à la Guerre. L'administration et le grand négoce préfèrent cette communication télégraphique, qui offre les garanties du texte écrit. Verba volent ! Pour l'ensemble du département, c'est seulement en 1908 que le nombre des coups de téléphone dépasse le nombre des télégrammes. A Saumur, en 1913 encore, le bureau de poste de la rue d'Orléans emploie quatre dames téléphonistes et six facteurs du télégraphe.

6) L'extension des réseaux

 Malgré cette lenteur, Saumur, ville commerçante, n'est pas particulièrement archaïque ( Cholet n'installe son réseau urbain qu'en 1901 ). A cette époque, les réseaux sont méthodiquement développés dans trois directions.

- L'unique ligne rejoignant Paris est par trop encombrée. Le maire de Saumur ne parvient pas à s'entendre avec le maire d'Angers sur une nouvelle liaison par Le Mans ( A.M.S., O 31 ). Il préfère passer par Tours, Amboise, Blois, puis Paris ; le Conseil municipal avait émis un avis favorable le 29 octobre 1897 et, le 4 août 1899, il vote un crédit de 890 francs pour cette réalisation. Une nouvelle ligne directe Saumur-Angers est mise en service en septembre 1904.

- La constitution d'un réseau départemental débute par des accords entre Saumur et les communes de Doué et Vihiers d'une part, et la commune de Varennes par ailleurs. Au printemps 1902, on s'active à relier 19 localités du Maine-et-Loire avec les trois villes déjà pourvues d'un réseau. Le 6 mars 1903, le Conseil municipal accorde 102 francs pour l'établissement de la ligne Saumur, Brézé, Montreuil. Le 20 février 1904, le préfet autorise la " reconstruction " d'une ligne télégraphique de Saumur à Saint-Florent ( une ligne précédente s'avérait sans doute insuffisante ).
 Au terme de longs chantiers, Saumur devient le pivot d'un réseau en étoile réunissant, en 1913, huit lignes partant de Vihiers, Montreuil-Bellay, Fontevraud, Varennes, Allonnes, Vernantes, Beaufort et Gennes-Les Rosiers. En 1914, l'activité de Saumur se renforce par une nouvelle ligne vers Tours et par des liaisons réalisées avec Loudun et avec Thouars.

- A l'intérieur de la ville, le 1er décembre 1900, une cabine annexe est ouverte au terminus ferroviaire de la gare de l'Etat. Le 25 juillet 1908, une troisième cabine est ouverte à la recette auxiliaire B, installée 4 place du Roi-René ( A.M.S., 3 G 4 ). A la demande de la Chambre de Commerce, la poste principale met en place en 1911 une permanence télégraphique et téléphonique de « demi-nuit », qui fonctionne de 9 h à 11 h du soir les jours ouvrables ; les employés touchent une rétribution supplémentaire, dont la ville paie la moitié ( A.M.S., 3 G 4 ).

 Un véritable service public du téléphone se met donc en place. En cabine publique, la communication pour l'intérieur de Saumur coûte 0,10 F pour trois minutes, pour Saint-Hilaire-Saint-Florent 0,25 F, pour Paris, par un circuit spécial, 0,60 F, mais 1 F pour l'ensemble du département de la Seine. Téléphoner à distance est donc toujours fort coûteux.

 L'Annuaire statistique, administratif et commercial de Maine-et-Loire pour l'année 1914, Angers, J. Siraudeau, 1914 ( A.M.S., 2 Z 26 ) décrit la situation à la veille de la guerre. Désormais, un véritable réseau est en place à travers le département, où les plus grosses communes sont desservies. Pour la banlieue saumuroise, seul Saint-Hilaire-Saint-Florent possède un central, auquel on accède par le numéro 54. Ce bureau compte alors seulement six abonnés, quatre maisons de vins, le docteur Gourdier et le mécanicien Valentin. La situation est plus reluisante à Saumur, qui offre trois cabines publiques et qui dessert 202 abonnés. Tous n'habitent pas la ville ; on note des notables et des hommes d'affaires de Varrains, de Saint-Lambert-des-Levées et même de Saint-Hilaire-Saint-Florent ( ils se sont vraisemblablement branchés avant le raccordement de leur commune ). En tout cas, le système téléphonique moderne est désormais en place et il progresse régulièrement.

7) Lignes aériennes, lignes souterraines

 Le réseau des câbles connaît évidemment la même progression. La première ligne télégraphique sort de la tranchée du chemin de fer devant le débarcadère de la gare d'Orléans. Sur de nombreuses cartes postales apparaissent des poteaux télégraphiques grossiers devant la gare et sur le pont Napoléon, jalonnant la progression du réseau vers le centre-ville. Sur cette vue prise vers le Nord ( le débarcadère de la gare est à gauche ), le parapet aval porte des poteaux télégraphiques à 32 isolateurs. Sur le côté amont, passe une ligne électrique à haute tension.

Pont Napoléon, un peu avant 1910, vu vers le Nord

 Plus bas, ce fragment agrandi d'une carte postale des années 1905-1906 représente la sortie du pont Cessart : un poteau télégraphique portant 32 lignes est fixé sur le parapet à l'angle du quai Carnot ( un effet d'optique rend les fils invisibles ). Deux poteaux perchés sur le théâtre servent de relais. Les câbles filent ensuite au-dessus des toits, supportés par des perches qui ressemblent à des antennes de télévision. Ce réseau, à la fois discret et anarchique, apparaît sur de nombreuses cartes postales.

Entrée de la place de la Bilange

Partie supérieure de l'Hôtel des Postes  Les fils aboutissent au poste central installé dans le bureau principal. Beaucoup passent par une disgracieuse tour métallique érigée au-dessus du bâtiment ; d'autres arrivent par une colonne d'isolateurs fixée sur le mur du côté droit.

 Cette profusion de fils et le poteau placé à l'angle du pont Cessart et du quai Carnot disparaissent vers 1910, car des câbles télégraphiques ont été enterrés sous le trottoir amont des ponts, ainsi qu'une conduite de gaz.
 Un plan du « réseau téléphonique aéro-souterrain » ( A.M.S., O 31 ) résume la situation en avril 1914, à l'époque où l'on prépare le transfert du bureau de poste vers la rue Volney. Une importante canalisation télégraphique et téléphonique souterraine suit la percée centrale du côté amont des ponts et file vers Bagneux ; sur elle s'embranche une ramification enterrée dans les rues Dacier et Beaurepaire. Le câble souterrain qui devait rejoindre la nouvelle poste par la rue du Portail-Louis passe finalement par la rue de la Petite-Douve. Une ligne d'énergie aérienne haute-tension continue à parcourir la ville ; elle repose sur de gros poteaux fixés sur les parapets amont de la ligne de ponts ; elle fait le tour de la ville ancienne en passant par les toits.

 Cette année 1914 marque, là aussi, une étape ; elle correspond à la fin de l'ère des tâtonnements en ce qui concerne l'équipement téléphonique et électrique.