Du chapelet à la médaille
        au cours du XIXe siècle

 

 Un important dossier sur le chapelet et les objets de piété présente les origines de ces activités : il distingue un cycle des XVIe et XVIIe siècles lié au pèlerinage des Ardilliers, puis un second cycle tourné vers le commerce lointain et produisant une quincaillerie très diversifiée.
 Le net déclin de la fin de l'Ancien Régime est accentué par la déchristianisation révolutionnaire ; voir le brûlement des chapelets et l'arrêt de toute production.

 

1) La reprise du premier tiers du XIXe siècle

 Nous poursuivons le récit à partir de 1802, où dans son " Essai sur la statistique du département de Maine-et-Loire ", le préfet Pierre Montault-Désilles note que la fabrication des chapelets « a repris avec la liberté des cultes » ; texte complet dans Statistiques de 1801-1802. Avec la mise en place du Concordat, l'Eglise de France redevient puissante et riche ; elle donne un brillant apparat à des cérémonies théâtrales qui plaisent à la sensibilité romantique et qui exigent de luxueux objets liturgiques. La vente d'articles de dévotion repart activement, autant pour les fidèles que pour un clergé démuni par la déchristianisation. Dans son rapport, le préfet ajoute qu'aux objets religieux est associée une active fabrication de quincaillerie en cuivre et en fer. Comme au siècle précédent, l'ensemble de ces articles est exporté vers l'Espagne, le Portugal, l'Italie et le sud de l'espace allemand, pays sous le contrôle de l'empire napoléonien.
 Lorsqu'il visite Saumur les 7 et 8 août 1814, le duc d'Angoulême, héritier du trône, se voit offrir par des jeunes filles quatre corbeilles, dont l'une contient des chapelets.
 L'essor de ces activités se poursuit jusqu'en 1835, année où elles emploient 6 à 700 ouvriers ( Jean-Paul Bossard, L'industrialisation du Maine-et-Loire de 1800 à 1914, mém. de maîtrise, Nantes, 1979, p. 37-38, d'après A.D.M.L., 67 M 2 ). Un déclin est perceptible au cours de la quinzaine d'années suivantes. Touchard-Lafosse, qui visite la région vers 1843 parle d'une « spécialité bien affaiblie aujourd'hui... Maintenant, le chiffre des ouvriers occupés de ce travail est diminué d'au moins moitié » ( p. 299 ). De fait, en 1842, le sous-préfet estime à 400 la main d'oeuvre employée. Deux explications peuvent être avancées : le commerce français ne rayonne plus hors des frontières nationales ; les activités annexes se sont effondrées, en particulier la quincaillerie d'objets en cuivre ( pour les objets de piété, Saumur demeure le premier foyer national, les centres rivaux ne sont pas encore nés ).
 En 1848, la crise économique et politique aggrave la situation; plusieurs rapports du sous-commissaire du gouvernement, Mars-Larivière, évoquent le chômage généralisé, la cessation des ventes des articles religieux et l'inquiétude des employeurs, qui demandent la création d'un comptoir d'escompte, car ils ne peuvent plus écouler leurs stocks.

 

2) Le passage à la manufacture

 Pendant ce début de siècle, la structure de la production est encore celle de la fabrique à domicile, que nous avons décrite au siècle précédent. Les patenôtriers travaillent « en chambre », avec les membres de leur famille, munis d'un outillage rudimentaire. Ils sont en principe indépendants et rétribués à la tâche. La Maison Mayaud-Frères est avant tout une entreprise commerciale ; elle fournit parfois de la matière première aux artisans, mais elle ne les rassemble pas dans des locaux spécialisés.
 Cet usage ancien du travail à domicile se maintient pour des tâches surtout féminines : les ouvrages de finition, l'émaillage et surtout l'enchaînage des chapelets, opéré à l'aide d'un fil de laiton et d'une pince. Plusieurs voyageurs aux environs de 1900 décrivent ces femmes, généralement âgées, aimant s'installer en plein air, très fières de parvenir à monter deux douzaines de chapelets dans la journée.

Grellet, les chapeletières de Saumur
 Vers 1910, le dessinateur saumurois Georges Grellet les rajeunit et les place sur la culée de l'ancien pont, tout aussi agiles de la langue que des doigts.

 Cette activité, comparable à celle des dentellières, constitue en réalité une pittoresque survivance. Elle n'est plus que l'étape finale d'un processus bien différent. Désormais, les « articles de Saumur » sont fabriqués dans des ateliers regroupant une nombreuse main d'oeuvre. Cette concentration s'effectue dans le second tiers du XIXe siècle, chez Joseph Mazoyer à partir de 1833, chez Elie Pichard-Roy à partir de 1844 ; l'entreprise Mayaud-Frères fait construire de vastes locaux dans les années 1860-1874 ( l'historique des entreprises est dressé dans le dossier suivant ).

 

3) Le passage à la mécanisation

  Certainement lié au phénomène précédent, le machinisme industriel fait son apparition à la même époque. Vers 1840, Coulon et Jacob améliorent le rouet traditionnel et le transforment en un tour manuel plus perfectionné. La première machine à vapeur apparaît en 1857 dans la nouvelle usine des frères Delaunay, implantée à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Mayaud-Frères installe une machine à vapeur locomobile en 1859 et la remplace par une autre plus puissante en 1861. Les photographies suivantes remontent aux alentours de 1900 et témoignent de la complète mécanisation des grandes entreprises saumuroises.

Balme, la chaudière de la machine à vapeurBalme, le cylindre et le volant de la machine à vapeur Chez Balme, la chaudière de la machine à vapeur est encastrée dans une sorte de four et surmontée par une haute cheminée. A droite, le cylindre et le volant sont surveillés par un chauffeur, accompagné d'un omniprésent contremaître.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Balme, l'atelier de tournage des grains

 

 

 

 Le mouvement est transmis dans tous les ateliers au moyen d'un réseau de courroies très dense ( et fort dangereux ). Ici, au premier plan, des ouvriers affûtent des outils ; en arrière, des tours taillent des grains de chapelet.

 

 

 

 

 

Plaquette d'ivoire en cours de tournage

 

 

Plaquettes de noix de coco et d'os en cours de tournage

 

 

 

 

 

 

 

Ces perles peuvent être découpées dans une plaquette d'ivoire, une face après l'autre. Ou, comme à droite, dans des noix de coco débitées en disques, ou bien dans des os découpés en tranches.

 

 

 

 

Etapes de la fabrication des croix

 

 

 

 

 Les croix les plus courantes sont fabriquées par le procédé suivant : la forme du flan est obtenue en force à l'aide du découpoir ( à droite ). La frappe sur la matrice ( à gauche ) imprime le motif. Comme la croix s'est élargie, elle est à nouveau passée dans le découpoir, afin d'être ébarbée.


 

 

 

 

 

 

Maison Pichard, fabrication des coeurs sur un outils à suivre

 Le coeur du chapelet est un petit écu de métal, orné de figures pieuses et percé par trois trous, dans lesquels s'accrochent les fils de laiton. Voici un procédé des années 1920-1925 qui assure toutes les opérations sur des bandes de métal tendre. Un outil à suivre, entraîné mécaniquement, opère les étapes suivantes, du haut vers le bas : frappe des effigies, percement des trois orifices, découpage des coeurs, qui tombent dans la boîte.

 Les divers éléments du chapelet sont donc désormais produits dans un processus de division et d'automatisation des tâches. Seule l'étape finale, l'enchaînage des grains, du coeur et de la croix, est souvent réalisée manuellement par des chapeletières à domicile. Mais elle peut aussi être opérée dans l'entreprise, avec l'assistance de petits appareils.

 

 

 

 

4) Le maintien d'une bijouterie artisanale

Croix en nacre et en argent produite à Saumur au XIXe siècle

 La mécanisation ne fait pas totalement disparaître les fabrications artisanales. Les grandes maisons emploient toujours des bijoutiers, qui se spécialisent dans des produits de luxe, La présente croix en nacre et en argent est un bon exemple de ces articles de haute qualité.

 Ces derniers sont parfois fabriqués par des artisans à domicile. L'annuaire pour 1913 édité par Roland signale l'existence de quatre ateliers indépendants fabriquant des « coeurs et croix de nacre, ivoire et coco ».

 Les chapelets fabriqués à Saumur se situent dans le haut de la gamme, car désormais, la ville a perdu son monopole. D'après l'annuaire précité, en 1912, trois firmes seulement sont enregistrées comme fabriquant des chapelets : Balme, Delaunay et Mayaud.
 Les chapelets les plus courants sont surtout produits dans la région d'Ambert. Cette activité débute à Lalouvesc, dans le Vivarais, en 1855, sous l'égide de la Maison Ouvry et Béraudy, qui a son siège à Saint-Etienne ; elle succède à du textile en déclin. La fabrication émigre dans le pays d'Ambert, surtout dans de petits centres ruraux ; elle utilise la force motrice des cours d'eau et emploie souvent des grains d'origine végétale ( larmes de Job, corozo ). Elle est donc assez différente de la structure saumuroise, étant plus rurale, plus artisanale, mais finalement plus grosse productrice de chapelets. Quelques liens s'établissent entre les deux centres ; Balme, Partant et Mayaud ouvrent des dépôts dans le pays d'Ambert ( d'après Yolande Convert-Cuzin, L'aventure du chapelet au Pays d'Ambert, Ambert, 1998 ).

 Les rosaires - grands chapelets composés de 15 dizaines, portés surtout par les religieux - présentent une décoration sculptée qui ne peut être réalisée qu'à la main : un crucifix de grande taille, des têtes à double face représentant d'un côté le Christ et de l'autre une tête de mort. Ardouin-Dumazet, Voyages en France, 56 ème série, réédition de 1910, p. 434, décrit quatre petits ateliers de Fenet, où étaient réalisés ces objets avec une dextérité stupéfiante, en utilisant pour seul outillage, une scie, un tour, un burin et une lime.

 

5) La frappe des médailles

  Longtemps activité annexe de la fabrication d'objets de piété, la frappe des médailles est ancienne à Saumur ; elle était pratiquée au moyen d'un balancier et utilisait des métaux ductiles. Souvent, des émailleurs décoraient les surfaces par des émaux aux couleurs vives. Egalement, de véritables ateliers monétaires ont oeuvré dans la ville à deux périodes distantes, sous Charles VII dans les années 1419-1431, au début de la Révolution pour battre de gros sous en bronze de cloche.

 La fabrication spécialisée des médailles renaît dans la seconde moitié du XIXe siècle et adopte les technologies les plus modernes. Trois grosses maisons la pratiquent, Pichard, Mayaud et Balme.
 Le dessin tracé par le maquettiste est transposé en une sculpture sur plâtre 5 à 6 fois plus grande que la médaille finale.

Atelier de sculpture, maison Pichard, 1901, rue du Portail-Louis ( cliché Fr. Pichard )

 A partir d'un moulage de fonte ( fabriqué à l'extérieur ) ou d'une galvano, un tour à réduire reproduit le motif à son échelle définitive.

 Le poinçon ainsi obtenu ( présentant le motif en relief ) est trempé afin d'atteindre une grande dureté. Pour cette opération, le Saumurois importe du fer de Styrie ( en Autriche ). Un nouveau pressage permet d'obtenir la matrice, figurant le sujet en creux. Un graveur sur acier opère des finitions, et la matrice est durcie par trempage.

Atelier de laminage, Pichard, rue du Portail-Louis, en 1901

 

 Des petits laminoirs préparent des bandes de métal, dans lesquelles seront découpés les flans.

Atelier de frappe Pichard, rue du Portail-Louis, en 1901

 Ces flans sont frappés entre des matrices de face et de revers au moyen de balanciers électriques, dont on repère à droite de la photographie les volants et les vis. Selon la tradition, les ouvriers sont assis dans une petite fosse, afin d'être au niveau de la zone d'impact.

 

6) Du religieux au profane

Modèles de croix d'écoliers

 

 

 Les objets frappés au XIXe siècle sont surtout d'inspiration religieuse, même si les fabricants sont loin d'être des catholiques convaincus. Tout en conservant le vocabulaire chrétien, ces croix pour les écoliers, dédiées " AU MERITE ", marquent le glissement vers le profane. Ces modèles très variés figurent sur un catalogue de la Maison Balme. En bas, à gauche, un poinçon provenant des collections Mayaud.

 

 

 

 

 

  Avec la Guerre 14-18, cette médaille portant la marque d'Alfred Pichard ( à gauche ) prêche l'union sacrée. A la confluence des courants patriotiques et religieux, l'étonnante Notre-Dame de la Marne porte un Enfant-Jésus qui stoppe l'ennemi, en lui ordonnant : « Tu n'iras pas plus loin ! ».

Maison Pichard, 1915Got mit uns, Notre-Dame de la Marne, Maison Pichard, 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7) Le bureau de la Garantie

 Les fabrications saumuroises sont variées et emploient aussi bien des alliages que des métaux nobles. Pour les ouvrages en or, argent et platine, deux marques doivent être apposées, un poinçon de maître désignant le fabricant, un poinçon d'Etat attestant de la teneur en métal précieux.
 En février 1861, six fabricants et marchands bijoutiers saumurois expliquent que depuis quelques années leur production en or et en argent a beaucoup progressé, que, chaque mois, ils présentent au bureau d'Angers 60 à 80 000 pièces de bijouterie. Ils demandent en conséquence l'ouverture à Saumur d'un bureau de la Garantie, dépendant des Contributions indirectes, et ils obtiennent satisfaction en 1862, avec le soutien financier de la Mairie.
 Selon le docteur Peton dans Angers et l'Anjou, 32 ème Congrès pour l'Avancement des Sciences, 1903, p. 641, 1 500 kg d'argent et plus de 100 kg d'or sont présentés chaque année au contrôle de Saumur, qui se place au troisième rang français.

 

8) La montée des effectifs

  En bonne logique, la mécanisation généralisée aurait dû s'accompagner d'une chute de la main d'oeuvre employée. Il n'en est rien. Plusieurs statistiques préfectorales avancent le nombre de 450 ouvriers travaillant dans les articles de piété et la bijouterie pendant le Second Empire, total confirmé en 1872. Cependant, ces activités ont quelque peine à se faire reconnaître comme une industrie ; en 1876, Ferdinand-Jacques Hervé-Bazin dirige un ouvrage collectif sur Les grandes industries de l'Anjou ; chapelets et médailles n'y sont pas cités, alors que les vins mousseux sont présentés.
 Les chiffres officiels donnent 850 ouvriers en 1880 et plus de 1000 en 1900. En 1903, le docteur Peton estime à 2 500 l'effectif total des familles ouvrières qui vivent de ces travaux. Pour 1912, la Chambre de Commerce répartit 500 salariés dans les chapelets et 500 salariés dans la bijouterie. Ces estimations sont tout de même fortement arrondies vers le haut. En scrutant la seule population de la commune de Saumur au dénombrement de 1896, le docteur Simon trouve 13 patrons dans les deux domaines, 9 employés, 270 ouvriers et 10 domestiques. Ce fort écart s'explique par le fait que ces productions ne sont plus concentrées sur le seul faubourg de Fenet, que beaucoup d'actifs habitent dans les communes périphériques, en particulier, à Saint-Lambert-des-Levées. Egalement, un certain flou résulte du grand nombre de femmes et d'enfants qui participent temporairement à ces travaux. Même si on ne peut avancer que des statistiques grossières, il reste certain que les effectifs progressent aux alentours de 1900 et qu'ils atteignent un apogée à cette époque.

Sortie des établissements Balme, route de Rouen9) L'évolution des mentalités

 Le milieu des patenôtriers est décrit comme particulièrement homogène aux XVIe-XVIIe siècles, alors qu'il était concentré sur le faubourg de Fenet, que le travail en chambre était généralisé et que quelques familles tenaient de petites boutiques.
Au cours du XIXe siècle, les entreprises se dispersent à travers la ville et sa périphérie. Ici, la sortie des établissements Balme, route de Rouen, vers 1910. Les activités se différencient entre le chapelet et la médaille. Les mentalités deviennent moins homogènes. Un fort encadrement patronal et catholique continue de s'exercer autour de la Maison Mayaud. L'association Notre-Dame du Travail, de type corporatif, est une confrérie pieuse dirigée notamment par le conseiller général Gaston de La Guillonnière.

 

 

 

Bannière de Notre-Dame du TravailBannière, Saint Dominique Voici sa bannière de procession, portant des rosaires, son blason et sa devise : " Fais ce que dis " et, sur l'autre côté, le patron des patenôtriers, saint Dominique, traditionnellement représenté en compagnie d'un chien.
 Le 4 août, jour de la Saint-Dominique, de grandes fêtes animent le quartier de Fenet. Les célébrations ont parfois lieu en hiver, par exemple, le 10 décembre 1905, où l'association Notre-Dame du Travail organise un dîner de 100 couverts au patronage du Fort. En 1903, la confrérie organise un pèlerinage aux Ardilliers, qui regroupe 300 personnes.
 Sur le plan matériel est fondée en 1889 la Société des Secours mutuels de Notre-Dame du Travail, forte de 130 membres en 1904. Subventionnée par les entreprises, elle est moins chère que ses concurrentes, se contentant d'une cotisation mensuelle d'un franc pour les hommes et de 50 centimes pour les femmes ; en retour, elle paie les soins du médecin et les médicaments, elle accorde une indemnité journalière de maladie d'un franc pour les hommes et un secours de 10 francs en cas d'accouchement ( voir Sociétés de Secours mutuels ).

 

 Cependant, cet encadrement paternaliste ne touche plus qu'une bonne centaine d'ouvriers. D'autres mutuelles progressistes fonctionnent. Quelques patrons républicains comme Mauriceau, Terrien et Pichard tolèrent l'existence d'organisations syndicales. Une " Chambre syndicale des ouvriers chapeletiers et similaires ", affiliée aux Bourses du Travail, se manifeste en 1901, réapparaît en 1912, après avoir été discrète, et est enfin reconstituée en 1917.

 

10) Le niveau de vie

 Tous admettent que les salaires sont bas. Il est cependant difficile d'avancer des valeurs précises, car le paiement est souvent calculé à la tâche, même dans les grandes entreprises mécanisées. Dans les premières années du XXe siècle, les bijoutiers, plus qualifiés, gagnent souvent 5 francs par jour, les tourneurs sur machines 4 francs, les ouvrières 2 francs. Les monteuses de chapelet à domicile connaissent un sort plus précaire ; elles ne travaillent que si une maison a une tâche à leur confier et les tarifs varient. L'enchaînage d'une douzaine de chapelets est rétribuée de 10 à 15 sous ( une chapeletière rapide peut monter deux douzaines dans sa journée ). Quand l'opération se fait dans une entreprise avec l'aide d'une machine, l'ouvrière parvient à monter 6 douzaines, mais la rétribution est alors de 4 sous 1/2 pour chacune.
 Les revenus se trouvent en outre exposés à des variations brutales. En mars 1900, la Maison Balme annonce une stupéfiante réduction du salaire moyen journalier de 3 F à 1,50 F ; une grève éclate, soutenue par la Bourse du Travail, qui demande l'aide du Conseil municipal ( apparemment sans succès ). Une nouvelle grève des chapeletiers est signalée au début de juillet 1908. Ces événements conservent un caractère exceptionnel. Nous réservons pour le chapitre consacré à la Guerre 14-18 les étonnantes journées de grève et de débrayage de juin-septembre 1917.

 

11) Bibliographie sommaire

- A. Girouard, L'Historique du Chapelet à Saumur, 1934 ;

- SAUMUR. Du chapelet à la médaille d'aujourd'hui, 1985, brochure du groupe Anjou-Travail ;

- Aide précieuse apportée par Francis Pichard.