Les rythmes démographiques

 

1) Les rythmes saisonniers de 1887 à 1896

Rythmes saisonniers des naissances et des décès

( d'après le docteur Simon, p. 77 et 84 )

 Les spécialistes de la démographie d'Ancien Régime recherchaient, souvent en vain, les indices d'un recul des relations sexuelles en période de Carême. Sur les dix années étudiées, nous ne trouvons rien de tel à Saumur. Au contraire, la légère poussée des naissances en hiver semble correspondre à une plus grande activité reproductrice au printemps précédent. La chute automnale, à l'inverse, pourrait résulter d'une baisse de l'activité génésique en hiver...

 Le rythme mensuel des décès est plus clair et plus important. Le net clocher de décembre, janvier, février résulte des grippes et autres maladies hivernales, aux effets d'autant plus néfastes que les maisons ne sont guère chauffées. La belle saison apporte une chute spectaculaire de la mortalité ; en août seulement, les naissances sont plus nombreuses que les décès. Le petit clocher de septembre-octobre apparaissait déjà sous l'Ancien Régime ; il résulte des fièvres de tous types causées par la pollution des eaux, en particulier les fièvres typhoïdes et les gastro-entérites des nourrissons.

2) Des cycles suicidaires ?

Le taux annuel des suicides de 1887 à 1919

( Source : Jean des Cilleuls, « Note au sujet de la mortalité par suicide à Saumur »,
S.L.S.A.S., janvier 1925, p. 53-57 )

 Les démographes sont d'accord pour considérer que dans les périodes de guerre, on lutte tellement pour la survie qu'on se suicide moins. Saumur en offre une belle illustration pour les années 1914-1919.
 Auparavant, le taux annuel pour 1000 habitants, avec une moyenne générale de 0,24 ‰, est supérieur aux résultats nationaux. Peut-on épiloguer sur cette courbe qui culmine à 12 suicides enregistrés dans l'année 1913 et qu'annonce une montée les deux années précédentes ? Cette flambée doit être notée, en contraste avec la guerre qui suit. Cette période est la plus intéressante de cette recherche.  Cependant, acte éminemment individuel, le suicide est difficile à expliquer par des causes globales ; les variations portent sur 2 ou 3 décès en plus ou en moins. Il serait hardi d'échafauder des théories sur la conjoncture économique, sur les variations du climat et de l'ensoleillement ou sur la santé mentale de la population.
 Quelques constats peuvent donner des pistes. Les Saumurois mettent fin à leurs jours davantage en novembre et en décembre, ils procèdent surtout par pendaison ou par noyade ( l'attraction de la Loire ), rarement à l'aide d'armes à feu. L'alcoolisme semble un facteur prépondérant.
 Tous les suicides sont-ils fidèlement enregistrés ? C'est peu probable. Jean des Cilleuls, le premier, pense qu'il ne faut pas donner trop de publicité à cet acte et il redoute un effet de contagion. Donc, mon graphique ne sert pas à grand chose...