Une équitation d'extérieur

 

 Dans " Ludus pro Patria. La cavalerie et les sports ; les officiers et les courses militaires ; le règlement de 1892 ; recherche d'un nouveau programme ", publié par l'Ecole, puis chez Berger-Levrault en 1912, Henri Blacque-Belair plaidait en faveur du « sport pour la Patrie », présenté comme une des bases de l'entraînement militaire.

1) Le steeple

 Il serait caricatural d'affirmer que la cavalerie a attendu cette époque pour se lancer dans des activités sportives. A Saumur, on perçoit une progression tout au long du siècle. Le comte d'Aure avait préconisé cette évolution ; un grand parcours de steeple, parsemé d'obstacles de tous ordres, avait été aménagé sur le terrain municipal du Chemin Vert et inauguré, le 18 juin 1853, par le général de Goyon, qui avait effectué tout le circuit, suivi par l'ensemble de l'Ecole.
 Un petit parcours, parsemé de haies, d'une rivière, d'un tronc d'arbre, est implanté sur le Chardonnet ; il sert pour les exercices quotidiens. Le voici parcouru par les instructeurs d'équitation à la fin du Second Empire.

Sauts d'obstacles, chromolithographie par Drake et Adam

 Il est remodelé en 1876 et, l'année suivante, appelé " steeple Richepanse ". Il est bien certain qu'après 1872, les militaires préfèrent au manège une équitation plus sportive et de plein air.

 Des obstacles sont aménagés sur le terrain du Breil. Voici la haie franchie par des élèves-officiers :
Voelcker, Saut de la Haie au Breil. Elèves-officiers
L'oppendisch ( à gauche, l'église Saint-Hilaire )
Saut de l'oppendisch au Breil
Le spectaculaire talus italien d'une hauteur de 3,20 m, précédé de chaque côté par une barrière d'un mètre de haut.
Edition en fausses couleurs par LL

 Un parcours de steeple long de 6 000 mètres et redouté pour ses difficultés est aménagé sur le terrain de Verrie en 1881. Nous y reviendrons à propos des courses hippiques. Voir l'histoire de l'hippodrome de Verrie.

 Le paper hunt que décrit Noëmi Dondel du Faouëdic en cette même année 1881 est un rallye de vitesse suivant des parcours accidentés, fléchés par des bouts de papier. La tradition veut qu'on y participe habillé en rouge.

2) Le saut d'obstacles

 Si les chevaux de guerre sont employés pour les parcours de steeple, ils sont insuffisamment légers pour briller dans les sauts d'obstacles, que les cavaliers militaires pratiquent avec leurs montures personnelles ou avec des chevaux de carrière.
 Ici, saut d'une claie sur le Breil :

Voelcker, Saut d'une claie sur le Breil

   Cette pratique atteint des proportions acrobatiques, dans les exercices suivants, pratiqués avec un succès inégal sur la carrière des Ecuyers.

C. Charier, Saut de la barre
 
Photo Bla,chaud, Ecole de Cavalerie - Largeur 5 m 50, Hauteur 1 m 70
( Le premier record mondial homologué est de 7,50 m en 1912 )

 Malgré l'interdit du général, des téméraires franchissent les lices entourant le Chardonnet, même un officier supérieur :

Voelcker, Officier supérieur du cadre sautant les lices

3) Les courses hippiques

 Les militaires participent en uniforme aux courses hippiques variées, qui offrent un calendrier serré pendant la belle saison. Des championnats militaires se déroulent à Verrie, dont on reconnaît la curieuse tribune :

 Voelcker, VERRIE-SAUMUR - Tribune des Courses

 Les courses de Varrains, qui se tiennent sur le terrain communal prolongeant les prairies du Chemin Vert, reçoivent un public plus mélangé :

Voelcker, Courses de Varrains. Le Pari mutuel et le paddock

 

4) Le championnat du cheval d'armes

 Dérivé du military anglo-saxon, le premier championnat du cheval d'armes a lieu à Saumur en 1902 ; il est remporté par Jacques de Saint-Phalle, qui devient instructeur à l'Ecole peu après. L'actuel concours complet ( dressage, saut d'obstacles, cross ) est l'héritier de cette épreuve.

5) Le polo

 Très discret ou inexistant auparavant, le polo est attesté vers 1922 par cette photo de Blanchaud intitulée : " Balle à cheval sur le terrain du Breil ".

Tiré de l'Album sur l'Ecole de cavalerie

6) Les raids

 En ces temps où l'on rêve d'atteindre Berlin en quelques semaines, des raids spectaculaires cherchent à prouver l'endurance des chevaux et des cavaliers.

« Il y a quelques années, le colonel de Linières, écuyer à l'Ecole, partit de Tours le 30 juin, à 2 heures du matin, avec MM. de Fleury, de Grillet, des Francs, de Cahouet, de Saint-Harambure, de Moracin et Caillau. Sans changer de chevaux, ils abattirent 400 kilomètres en 82 heures entre Châtellerault, Poitiers, Bressuire, Angers et Saumur, et rentrèrent à Tours le 3 juillet. »
      « Le Conservatoire de l'Equitation Française », Lectures pour tous, 1909, p. 989.

 

 Individuellement, des cavaliers de Saumur se taillent de belles réputations dans des épreuves hippiques, mais il n'y a pas encore d'équipe militaire. L'Ecole ne participe pas aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, où apparaissent des épreuves équestres. C'est en 1922 qu'est créé, à Saumur, le Centre de Préparation aux Concours Hippiques Internationaux, qui remportera de nombreuses médailles.