Le carrousel militaire

 

 Aux reprises de dressage et aux jeux équestres vient s'ajouter à partir de 1841 un carrousel militaire, dans lequel les stagiaires, en armes, font la démonstration de leur capacité manoeuvrière et de leur préparation au combat. Cette partie du carrousel varie beaucoup ; dans l'Entre-Deux-Guerres, elle présente des mitrailleuses et des auto-mitrailleuses, et des chars après 1945. Elle est parfois appelée " Carrousel de Troupe ", bien que des officiers constituent la majorité des participants. Parfois, elle comporte des tableaux rétrospectifs sur l'historique d'un régiment.

 Nous reprenons les étapes du carrousel militaire de 1911, qui était placé sous la direction du chef d'escadrons Maxime Weygand, commandant en chef des exercices militaires, et exécuté par quatre pelotons de 24 sous-lieutenants et aspirants. Cette photo par Voelcker, vers 1903, met en valeur la présence des spahis.

Photo Fr. Voelcker

1) Figures

- Certaines évolutions rappellent les exercices du carrousel équestre, d'abord, les cercles, puis la croix de Saint-André :

La Croix de Saint-André - L L

- Les huit chiffres :

Les Chiffres - N D Phot.

- Autres figures, non citées en 1911, mais souvent photographiées : quadrille des lanciers

Quadrille des lanciers, N.G.

la serpentine, progression sur tracé sinusoïdal
La serpentine

2) Courses et jeuxEmploi du revolver sur ballonnets - AB - Entre-Deux-Guerres

- Charges individuelles à la lance, au sabre et au revolver, parfois sur des ballonnets ( à droite ).Joute aux plumets - A B

 

 

- Jeu de la Rose, où un peloton se lance à la poursuite d'un cavalier portant un flot de rubans sur l'épaule gauche.

- Joute aux plumets, selon le même principe ( à gauche ). Ces évolutions sont très proches du carrousel équestre.

 

Le Jeu du Mannequin - R.D.

- Lances contre sabres.

 

- Poursuite de chevaux montés par des mannequins grotesques et dressés pour fuir toute approche ( à droite ).

 

 

3) Intervention de l'artillerie

 En 1911, c'est une batterie du 44 ème d'artillerie qui fait une bruyante démonstration, comportant les étapes classiques de l'arrivée de l'artillerie montée, parfois au galop, de la mise en batterie de quatre canons de 75 et de tirs à blanc, qui couvrent la carrière d'un nuage de fumée :

Arrivée de l'artillerie

Artillerie mise en batterie - Dorange

Tir d'une pièce de 75 mm - N. G.

Carrousel artillerie - Voelcker

4) Les combats

- Les ailes de moulin précèdent les combats. Elles exigent une bonne coordination sur les pivots :

Ailes de Moulin - Blanchaud

- Afin d'habituer les chevaux au combat, on tire des coups de pistolet :

Coups de revolvers - Voelcker, 1902

- Attaque sabre contre sabre ; l'espacement des rangs permet la mêlée:

Attaque au sabre - Voelcker, 1902

- Les charges sont la démonstration la plus impressionnante. On les effectue souvent en ligne, l'escadron entier :

La Charge - Neurdein

- La charge à la lance par des cuirassiers en ligne est encore plus spectaculaire :

La charge en ligne - Charier, 1902

- Les charges en fourrageurs ( en ordre dispersé ) sont moins photographiées.
- Après le salut à l'Etendard, la sortie.

5) Le succès permanent du carrousel

 Malgré sa relative stabilité, le carrousel plaît aux Saumurois, dont certains le revoient chaque année et intriguent pour obtenir des cartons d'invitation. On vient de loin et par familles entières pour y assister. Les hôtels de la ville sont entièrement retenus longtemps à l'avance.
 Les grandes revues illustrées dépêchent leurs reporters et leurs dessinateurs, L'Illustration à partir d'août 1843. Le cinéma s'y intéresse dès 1897 ; les frères Lumière envoient un opérateur tourner 600 mètres de pellicule, ce qui donne huit films de 15 secondes à un rythme bien régulier. Bien sûr, la caméra est fixe et ne donne que des scènes d'ensemble de la carrière, sur laquelle les chevaux, très nombreux, paraissent un peu serrés.