Fêtes et courses

 

1) Les défilés en ville

 Jusqu'à la création du Comité des Fêtes en 1899, les défilés en ville sont organisés, soit par le Bureau de Bienfaisance ( qui fait la quête ), soit par les élèves de l'Ecole de cavalerie. Pour le Carnaval, le 7 mars 1859, ces derniers organisent une grande cavalcade au profit des pauvres, déguisés dans des costumes de différentes époques ( Monde illustré, 1859, p. 221 ).

Fêtes de charité de Saumur, dessin de Gus Janet, Me Monde illustré, 1859, p. 221.

Grande fête militaire donnée à l'Ecole de Cavalerie de Saumur, croquis de Paul Kauffmann, dessins d'Alexandre Ferdinandus, gravure par Smeeton-Cosson, L'Illustration, août 1875, p. 129. 

 

 

 A l'occasion du carrousel de 1875, une grandiose retraite équestre aux flambeaux parcourt la ville. Le défilé devant l'Hôtel de ville est brillamment rendu en « taille blanche » par l'atelier de gravure sur bois de Smeeton-Cosson ( L'Illustration, août 1875, p. 129 ).

 

 

 

 D'une façon générale, les élèves de l'Ecole adorent se costumer et défiler en ville. Voici des lieutenants d'instruction d'artillerie célébrant la fête de saint Georges et sainte Barbe :

Editions Charier, 1902

2) Les courses hippiques

 De premières courses hippiques sont organisées, sans grand éclat, sur le terrain du Breil, à partir de 1850 ( selon le Guide pittoresque ). Le parcours de Steeple chase implanté sur les prairies du Chemin Vert est inauguré en 1853. Le véritable champ de courses est aménagé un peu en amont, le long du Thouet sur les anciens Marais-le-Roi, partagés en 1823, et sur la partie revenant aux communes de Varrains et de Chacé ( pour une faible surface ). L'affiche suivante, de l'année 1865, l'appelle " Hippodrome des prairies de Varrains et Chacé ", tout en titrant sur les Courses de Saumur ( A.M.S., 6 F 413 ).

Partie supérieure de l'affiche, A.M.S., 6 F 413

 Comme le suggère le curieux montage de cette affiche, les courses sont associées au carrousel ; elles se tiennent normalement un dimanche, la veille d'une représentation du lundi.

 Sur la demande du sous-préfet O'Neill de Tyrone, président de la société des Courses de Saumur, le Conseil municipal de Varrains, le 29 août 1860, décide la location de ses communaux contre un loyer de 400 francs ( d'après Nicole Fouquet ). D'imposantes tribunes sont montées et le public vient en foule, civils et militaires mêlés, comme le montre cette gravure sur bois ( Saumur, les courses du 10 août, dessin par Alfred Quesnay de Beaurepaire ; le 10 août tombe un dimanche en 1879, 1884 et 1890 )

Saumur, les courses du 10 août, dessin par Alfred Quesnay de Beaurepaire. Le 10 août tombe un dimanche en 1879, 1884 et 1890.

 C'est la manifestation mondaine de l'année, on y vient dans de beaux équipages, puis dans de rutilantes automobiles, les élégantes portant ombrelles et chapeaux fleuris, et les messieurs des canotiers.

Courses de Varrains, les tribunes

Saumur, courses de Varrains

 Autres photos dans " Une équitation d'extérieur ".

 Les courses de Saumur se déroulent en ce lieu jusqu'en 1949 ; la prée est ensuite rétrocédée à la ville de Saumur, qui y implante ses dépôts d'immondices.

3) Le terrain de Verrie

 En plusieurs étapes, les vastes landes de Verrie sont achetées par l'Etat au comte Hector Baillou de La Brosse et aux communes de Rou-Marson et de Verrie. Le fond de l'étang asséché de Mortemer offre une belle cendrée. De premières courses s'y déroulent en 1877. A partir de 1881, la société Saint-Hubert, présidée par le marquis de Maillé, prend en charge l'organisation de ces épreuves et l'aménagement des lieux, selon l'Album des plans de l'hippodrome de Verrie-Saumur, par X. de Bellaing, écuyer à l'Ecole de cavalerie, Paul Godet, 1882 ( B.M.S., A br4/607 ).

Lithographie de Paul Godet

 Huit parcours sont tracés ; le plus long, celui du cross country, présente 32 obstacles sur 6 000 mètres. Ces pistes sont redoutées pour leurs difficultés ; à certaines courses, aucun concurrent n'atteint l'arrivée. Du haut de la tribune métallique perchée sur la butte centrale, on constate les dégâts.

Phot F. Voelcker

  Le talus breton, dessiné en bas à gauche du plan, est particulièrement dévastateur ; les photographes s'y embusquent pour prendre des clichés spectaculaires ( voir le dossier sur les chutes ).
 L'hippodrome de Verrie est le lieu d'entraînement habituel des élèves de l'Ecole et comporte souvent des épreuves réservées aux militaires. Il est le domaine des courses d'obstacles, alors que Varrains pratique surtout le plat.

4) Le terrain du Breil

 Le vaste terrain du Breil, acheté par l'Etat en 1877, sert d'abord de champ de manoeuvres ; de nombreux obstacles y sont aménagés ; il est surtout utilisé pour l'entraînement, pour les épreuves de saut et d'endurance ou pour le concours du cheval de guerre. Malgré son titre d'hippodrome, il est plus rarement que les deux précédents le théâtre de grands prix. Il exerce plutôt des fonctions polyvalentes et est aussi affecté aux courses aériennes de 1910, 1912 et 1914.

 Sur l'avenue du Breil, un petit terrain est également aménagé aux Huraudières. Ville du cheval, Saumur était également la ville des champs de courses.