Les photographes saumurois

 

 Cette simple présentation veut surtout souligner l'apparition rapide et les ambitions esthétiques des premiers photographes professionnels de Saumur. La documentation provient essentiellement des expositions organisées par Guy-François Le Calvez et résumées dans le catalogue " Ombre et lumière, du daguerréotype à la photographie ", multigraphié par la M.J.C., 1990. Le site Internet suivant
http://www.saumur-niepce.lecalvez.info/spip.php?page=plan


récemment remanié, reprend ce catalogue et apporte une abondante iconographie supplémentaire.
 En 2010, une importante exposition présente de grands tirages des plus anciens négatifs de la collection Perrusson des A.M.S. Catalogue " Ne bougeons plus ! " rédigé par Véronique Flandrin, Guy-François Le Calvez, Fabrice Masson, Isabelle Geslin-Collin et Betty Hochard.

1) Quelques précurseurs

 Le Courrier de Saumur du 12 décembre 1839 annonce qu'un amateur de la ville a construit un appareil de prises de vues particulièrement léger et qu'il a réalisé des daguerréotypes. On n'en sait pas davantage. La presse annonce épisodiquement la venue de photographes professionnels, qui produisent des travaux fort différents ; l'un d'eux réalise des miniatures sur ivoire retouchées à l'huile ( Echo saumurois du 27 février 1855 ). En 1851, la mission héliographique, la première grande commande de l'Etat passée à cinq photographes, vient à Saumur fixer l'image des monuments ; Gustave Le Gray et Auguste Mestral y prennent deux clichés sur négatif papier :Photo attribuée à Emile Giard la grande allée couverte de Bagneux ( d'un faible intérêt ) et une vue du château prise du côté de la caserne ( connue par de mauvaises reproductions ).
 L'intéressante photo à droite est un peu plus tardive, elle remonterait aux environs de 1870 et aurait été publiée par Emile Giard dans ses Lettres sur la photographie, spécialement écrites pour la jeunesse des écoles et les gens du monde, 1896.

 G.-F. Le Calvez, d'après les patentes, note l'installation au 14 rue de Bordeaux d'Olivier-Ambroise Sauvêtre en 1863, suivi l'année suivante par Auguste Bayot. Sans doute n'ont-ils pas rencontré le succès, Le Roch, qu'on verra plus loin, étant un redoutable concurrent. En tout cas, un photographe important leur succède en 1867, Christophe Delphin, qui, en 1869, s'installe en centre-ville, au 44 rue d'Orléans, « en face la Poste » ( le Crédit de l'Ouest ). Delphin édite des vues de monuments en extérieur, comme l'Hôtel de Ville et l'église de Nantilly. Il reproduit ce dessin inconnu figurant N.-D. des Ardilliers :

Delphin, reproduction d'un dessin des ArdilliersDelphin, verso

 Surtout, il opère d'intéressants portraits en studio, au format carte de visite, telle cette petite fille modèle, tout droit sortie des albums de la comtesse de Ségur :

Christophe Delphin, 1869, rectoPhoto Christophe Delphin, 1869, verso

  Outre le pittoresque de la pose, on appréciera la qualité de l'éclairage, à une époque où une simple verrière, plus ou moins réglable, tenait lieu de projecteurs. D'après la dédicace, la photo est adressée à Nathalie Labbé, le 20 septembre 1869, par Gabriel Boivin, peut-être le père de la gamine. Delphin déménage encore et passe en face au 13 rue de Bordeaux, d'où vient cet honorable portrait :

C. Delphin, 13 rue de BordeauxDelphin, verso

 Il nous a aussi laissé une photo de groupe des frères de la loge " la Persévérance ". Finalement, il part s'installer à Rochefort vers 1880.

 Un autre pionnier est à signaler, surtout à cause de son nom. François-Alphonse Niepce est un petit-fils de Nicéphore. Il avait commencé une carrière militaire, puis s'était installé vers 1872 comme « photographe de l'Ecole de cavalerie », sur la levée d'Enceinte, c'est-à-dire, dans la rue qui était en train de devenir la rue d'Alsace ( les maisons situées en face de cette rue, de l'autre côté de la levée, sont de construction plus tardive ). De santé déficiente, il y décède deux ans plus tard, sans avoir beaucoup produit, car un autre atelier exerce un quasi monopole photographique sur l'Ecole de cavalerie.

2) Joseph Toussaint Le Roch

 Verso d'une carte de visite de Le Roch en 1862 Joseph Le Roch, originaire de Vannes, annonce son installation prochaine dans la ville par une publicité parue dans le Courrier de Saumur du 12 février 1862. Il s'implante 14 rue de Bordeaux ( en face de la Chambre de Commerce, lieu devenu ensuite un garage ). Il est donc le premier photographe professionnel à s'installer durablement dans la ville.

 Le succès est immédiat, car l'usage s'impose dans l'Ecole de cavalerie de faire tirer son portrait au format carte de visite ( 0,056 x 0,090 ), collé sur un carton fort, et de le distribuer avec références à tous les cadres et condisciples, ce qui peut représenter plusieurs centaines de tirages. Dès l'année 1862, les photographies de militaires sont abondantes. Comme celle de droite, elles sont précieuses, car elles indiquent souvent le nom du personnage, son grade, son unité et l'année de la promotion. Le Roch, qui vient de s'installer, n'a pas encore de cartons imprimés ; il se contente d'apposer un simple cachet.
 Il mitraille, en grande série, des officiers habituellement sur un fond neutre, portraits à mi-corps, en légère contre-plongée, tirages dans des ovales à bords floutés.

 La photo suivante, recto et verso, est intéressante à double titre. Le Roch a abandonné la rue de Bordeaux et s'est implanté tout près, au 104 rue d'Orléans. Il ne porte encore aucune référence à l'exposition d'Angers en 1864 ; ce cliché peut donc être daté de 1863-1864. La mention « lui-même » l'authentifie comme un auto-portrait, le premier dont on dispose pour un photographe saumurois.Balafre sur la joue de Le Roch Joseph Le Roch a alors 38-39 ans ; on lui donnerait un peu plus, tout en sachant que les gens de cette époque font plus vieux qu'aujourd'hui et que notre photographe avait une santé déficiente. La balafre marquée qu'il porte sur la joue droite est bien réelle ; l'agrandissement joint montre qu'elle ne résulte pas d'un défaut de la plaque ; elle pourraît permettre de nouvelles identifications.

Joseph Le Roch vers 1863-1864Joseph Le Roch vers 1861-1864

 ( collection Michel Chrétien )

 Ci-dessous, deux stagiaires, dans la tenue d'école, dotée d'une fourragère. A gauche, le sous-lieutenant de Montrichard. A droite, un lieutenant inconnu, dont on appréciera la qualité du regard ( forcément retouché, en raison de la durée de la pose ). Le verso des deux cartes est le même. Le Roch y rappelle désormais qu'il a obtenu une mention honorable à l'exposition d'Angers en 1864 ; il se proclame « photographe de l'Ecole impériale de cavalerie », ce qui correspond bien à la réalité, mais ne résulte pas d'un contrat en règle. Il décore son carton d'une aigle portant la légion d'honneur. Il donne pour adresse 104 rue d'Orléans, ce qui pose un petit problème, car cette adresse n'existe pas aujourd'hui, alors que la rue a conservé un numérotage ancien qui s'arrête bien avant ce nombre. Je suppose que Le Roch a bien déménagé, qu'il a abandonné son atelier à Sauvêtre, suivi par Delphin, et qu'il s'est installé près du rond-point Maupassant à un numéro établi d'une manière fantaisiste. Dans les dernières années de sa carrière, il se rapproche encore du centre en passant au n° 50 rue d'Orléans, une boutique située au rez-de-chaussée de l'hôtel de Londres, qui réapparaîtra souvent.

de Montrichard par Le Roch

de Montrichard, verso leutenant par Le Roch

 Plus rare que ces abondants portraits, voici, posée dans son studio en 1868, une photo de groupe qui reconstitue la revue de fin d'année, où des sous-lieutenants pourfendent rituellement la théorie et l'innocent Monsieur de Pluvinel portant un casque d'un autre âge.

Revue de fin d'année, Le Roch, 1868, avec l'aimable autorisation du site http://www.hussards-photos.com/France/France_Saumur_Groupe.htm

 

Tirage carte de visite, entre 1864 et 1869Le Roch, Dame de la bonne société, A.M.S., coll. Perrusson

 

 Joseph Le Roch étend ses activités au delà du cercle militaire. Il donne des portraits de la bonne société du Second Empire, en tête, le sous-préfet O'Neill de Tyrone et son épouse. Ou bien, à droite, cette dame de la bonne société, en crinoline, sûre de son charme et mise en valeur par un éclairage subtil ( d'après une plaque recueillie aux Archives municipales dans la collection Perrusson ). Il photographie également la jeune fille de gauche, un peu intimidée, de milieu plus modeste, qui porte la coiffe angevine et un châle, mais aussi une robe aux reflets soyeux.

 

Mère et fille, Le Roch, 1864-1869Le Roch, Trois soeurs, format carte de visite, 104 r. d'Orléans

 

 

 La ressemblance frappante entre les deux femmes invite à titrer " Mère et fille " la remarquable épreuve de gauche, au format carte de visite. Le Roch n'est pas qu'un habile technicien, il se montre artiste par la subtilité de son éclairage et par son originale composition bâtie sur des diagonales.
 A droite, on retrouve une habile composition dans cette figuration de trois soeurs.

 Le Roch précise sur ses cartons qu'il opère des « vues de Saumur et des environs », autrement dit qu'il pratique la photographie d'extérieur. On peut lui attribuer ce cliché de l'ancienne salle de spectacle, pris en 1863, au début de sa destruction :

Copie d'une photo, vraisemblablement effectuée par Le Roch

 En tout cas, il signe ce large panorama de la place de l'Hôtel de Ville, pris vraisemblablement de la rive opposée entre 1865 et 1869 ; malgré son format de carte de visite, le tirage est précis ; la nouvelle mairie, flambant neuve, vient d'être achevée ( en 1862 ). Le port est encore animé.

place de l'Hôtel de Ville par Le Roch, carte de visite, 1865-1869

Extrait d'un tirage opéré par Le Roch Avec une vitesse d'obturation assez grande, il fixe également la cale amont du port Saint-Nicolas, en portant intérêt aux lavandières, qui ont temporairement cessé leur travail, et aux transporteurs de sable. La photo, prise depuis le parapet du quai, a dû poser des problèmes techniques, en raison du poids de la chambre de prise de vue.
 Nous sommes déjà près du reportage. A l'occasion de la grande inondation de septembre-octobre 1866, Le Roch, « artiste-peintre à Saumur », envoie une série d'épreuves photographiques au magazine L'Illustration, qui les transpose sur bois d'une façon schématique. Comparer les gravures avec une photo originale représentant la locomotive Pythagore devant l'ancienne gare de marchandises.

 Premier photographe professionnel durablement implanté à Saumur, Joseph Le Roch a donc pratiqué avec bonheur toutes les facettes de son art ; il fait aussi des montages de séries de médaillons, qui révèlent des techniques sûres. Voici la promotion 1868-1869 des lieutenants d'instruction :

Promotion 1868-1869 des lieutenants d'instruction

Avec l'aimable autorisation de Michèle Marquis

 Les noms ne sont pas indiqués, mais certains pourront peut-être reconnaître un ancêtre. Sur le bord droit, un personnage portant la tenue de manège n'est pas identifiable pour une raison évidente ; selon une plaisanterie fréquente dans les grandes écoles, il existait souvent un élève fantôme au nom changeant.

 Le Roch décède en décembre 1869. En sept ans de pratique, il a beaucoup produit ( il avait embauché un ouvrier ). On rencontre de nombreux tirages de ses clichés, toujours soignés et en général dans une bonne qualité de conservation.

3) Pierre Victor Coué

 Né à Angers en 1838, Victor Coué fait un apprentissage de doreur-photographe dans cette ville. En 1870, il achète le fonds de commerce de Joseph Le Roch à sa veuve, et il s'installe au 50 rue d'Orléans. Il tire en grand nombre des portraits de militaires, sur un fond neutre, dans le style de son prédécesseur, sans faire mieux.

Lieutenant Lambert Verso du portrait de Bodin de Galembert Sous-lieutenant Bodin de Galembert

  Le général L'Hotte en tête, les militaires posent alors dans une attitude martiale. A gauche, le portrait du lieutenant Lambert, du 18e Dragons, est intéressant pour le casque et la crinière, mais il est bien délavé. A droite, le sous-lieutenant Bodin de Galembert, du 6e Dragons, est pris vers 1880. Au dos de cette carte, Coué se qualifie de Coué, portrait de jeune fille« peintre-photographe », il rappelle des prix obtenus sous le Second Empire et il arbore le blason de Saumur, en le décorant allègrement d'une légion d'honneur ( c'est la croix de Guerre que la ville a reçue, seulement en 1948 ). Il précise parfois qu'il est le successeur de J. Le Roch et qu'il a ouvert une succursale à Chinon, rue de l'Hôtel de Ville.

 

 

Dans ce monde viril, apparaissent enfin quelques frais minois, telle cette très jeune fille, en cheveux, malheureusement inconnue. Au verso, Victor Coué précise qu'il est installé 50 rue d'Orléans, « ancienne maison Leroch ». Ce tirage remonte donc aux années 1870 et à une première manière du photographe : fond neutre, format médaillon.

Coué, 50 rue d'Orléans

 

 

 

 

 

 

 

 Cette autre jeune personne est moins gracieuse, mais elle est habillée à la dernière mode ; elle porte une polonaise, une robe à panier et à trois pans réapparue dans les années 1870-1880.

 

 

 

 

 Coué réorganise le studio de prise de vues. Il fait construire sur une petite terrasse une élégante véranda, dont les poteaux en fonte sont ornés de moulures ( aujourd'hui le salon de coiffure Saint-Algue ).

Ancien studio de Coué et de Voelcker

Groupe de sous-lieutenants, A.M.S., collection Perrusson

 Individuellement ou en groupe, de nombreux militaires viennent poser sur les marches de ce petit studio, donnant vers le nord, ou bien à l'intérieur, grâce à un éclairage zénithal ( qu'on entrevoit à droite ). Une publicité précise que des photos équestres peuvent y être posées, en empruntant un passage par la rue de la Maremaillette. Les lieux sont inchangés depuis cette photo par Voelcker d'un écuyer en grande tenue.

Ecuyer en grande tenue par Voelcker

 Ce chef d'escadrons posait devant une toile blanche qui n'était nullement camouflée. D'autres modèles de toiles de fond peuvent être déroulés ; le père La Broussaille salue devant un gros plan de l'Ecole ; les instructeurs d'équitation préfèrent poser devant les grands arbres du Chardonnet, une barrière évoquant les lices entourant le terrain ; dans une attitude décontractée, ils ne portent pas d'arme, mais leur cravache.

 La Broussaille par Voelcker  Un écuyer par Coué carte de visite de Coué sur fond noir

 Les toiles de fond, déjà utilisées par Le Roch, ont fait bien de l'usage, car on les voit, apparemment les mêmes, pendant une quarantaine d'années. Malgré tout, Coué sait renouveler son décor. Le carton de droite, en lettres dorées sur fond noir, est assez rare. Progressivement, les militaires, peut-être poussés par le photographe, abandonnent leur raideur. Les écuyers font des pitreries, l'un est assis sur un cheval à bascule pour enfant, un autre tourne le dos, un bon nombre pose en compagnie d'un chien. Les chiens semblent intéresser Coué, qui les photographie avec un plaisir évident.

Format portrait album, paraphe au dos
Inconnu avec un berger des Pyrénées, format carte de visite Grand paraphe de Victor Coué, vers 1886

 Cette belle mise en scène d'un civil inconnu en compagnie d'un berger des Pyrénées apporte deux nouveautés : Coué signe désormais au dos par un grand paraphe, qu'il emploiera pendant la seconde partie de sa carrière ; le numéro dans la rue d'Orléans n'est pas précisé. Je suppose que ces tirages remontent à 1886, année où le photographe s'installe en face, dans un magasin situé 57 rue d'Orléans ( voir photo ), Voelcker lui succédant au n° 50. Dans son nouvel atelier de pose, Coué se spécialise dans le portrait artistique, dont voici deux exemples :

Jeune fille par Victor Coué Un hussard photographié par Coué 57 rue d'Orléans, paraphe au verso, fin XIXe siècle

 A gauche, une très gracieuse jeune fille de milieu populaire, en coiffe, sans bijoux, aux vêtements simples ; son visage et ses mains sont admirablement éclairés. A droite, ce portrait d'un hussard a nécessité d'importantes retouches pour le détourage et sans doute pour le regard, bien que les appareils puissent alors fonctionner au 1/50 ème de seconde.

Chanteuse par Coué

 

 

 

 Coué ne se cantonne pas dans la bonne société ; les demi-mondaines fréquentent aussi son studio. Par sa gestuelle et son fort maquillage, la jeune femme de gauche pourrait être une chanteuse de café-concert, mais son nom n'est pas porté sur l'épreuve.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dame inconnue, 57 rue d'Orléans, début XXe siècle Le tirage de droite, du début du XXe siècle, est intéressant pour l'originalité de son format et de son cartonnage grainé ; on peut regretter un éclairage un peu brutal, qui semble provenir de projecteurs électriques ( le centre-ville est desservi par la fée électricité à partir de 1889 ). Cette fois, le photographe s'intéresse à la robe, plus qu'à l'expression du visage, qui n'a pas l'intensité des deux précédents.

 

 Victor Coué, très actif à l'époque de son installation ( il employait trois ouvriers photographes en 1872 ) semble ralentir ses activités au début du siècle suivant, en raison de son âge. Maurice David prend sa succession en 1912.
 A la différence de Le Roch, il s'intéresse assez peu à la photographie d'extérieur. Les rares tirages en sont d'autant plus intéressants. Voici l'une des premières photos du carrousel. D'après le verso, conforme à ceux de sa première période, Coué est encore installé 50 rue d'Orléans. Le faible nombre des participants permet d'avancer que ce cliché est ancien. Vérifications faites d'après un site de ventes, il s'agit de la réédition par Coué d'une plaque de Le Roch, qui remonte au Second Empire.

Victor Coué, 50 rue d'Orléans

  Lors de la banquise de Saumur en janvier-février 1880, Coué a opéré des clichés et photographié des badauds sur le barrage des Sept-Voies ; il a édité au moins quatre tirages, recueillis par le docteur Couffon ( collection de la Bibliothèque Municipale d'Angers ).

4) Francis VoelckerVerso d'un portrait par F. Voelcker, fin du XIXe siècle

 

 François-Xavier, dit Francis, Voelcker, né à Guebwiller en 1853, s'exile au lendemain de la défaite de 70 et opte pour la nationalité française en 1872. C'est vraisemblablement son ardent patriotisme qui l'amène à fréquenter l'Ecole de cavalerie. Il apprend le métier de photographe auprès de Victor Coué, puis il prend la suite de Christophe Delphin, avant de succéder à Coué au 50 rue d'Orléans. Ces deux professionnels de haut niveau ne semblent pas en concurrence, mais se partagent les secteurs d'activité, à Coué, le portrait en studio - à Voelcker, la photographie d'extérieur.
 Le verso d'un de ses portraits résume ses activités, avec l'impressionnante série de médailles remportées et l'ouverture d'une succursale à Angers, 6 boulevard de Saumur.


 Spécialiste reconnu des « chevaux en mouvement », Voelcker s'est équipé d'un appareil breveté Goerz-Anschütz ; ces modèles, surnommés " Ango ", étaient légers et prenaient des instantanés à grande vitesse. Notre " peintre photographe "' prend d'abondants clichés dans l'Ecole de cavalerie ; il en édite des tirages, il publie en 1899 un album de 54 photographies équestres qui lui mérite une lettre de félicitations du Ministre de la Guerre.

 


 Il commence par les poulains qui s'ébrouent dans les paddocks :

Voelcker, Poulains

 Il fixe toutes les phases des airs de haute école, il s'amuse aussi à photographier les figures hétérodoxes. Le premier, il publie en 1900-1901 " Le Dernier Convive ou le Déjeuner interrompu " ; cette saynète, souvent reprise, est intégrée dans le carrousel. Disposant à l'évidence d'un accès permanent dans les lieux militaires, il prend les carrousels, les séances d'entraînement, les manoeuvres, les officiers étrangers, l'école de maréchalerie, les courses hippiques... Il édite ses meilleurs clichés dans une importante série de cartes postales, qui paraissent à partir de 1899 ( photos au format nuage ). A l'exception des premières, les cartes sont signées et numérotées ; le titre est toujours en rouge ; malheureusement, il varie, passant de " Saumur " à " Ecole de cavalerie ". Sur un total d'environ 160, nous en publions une bonne vingtaine dans nos chapitres sur l'Ecole. Ne pouvant trop alourdir ce dossier, nous renvoyons en particulier aux sections consacrées aux manoeuvres, aux fantaisies, aux chutes, aux visiteurs, aux courses, aux chahuts nocturnes [ maintenir le pointeur de la souris sur la photo pour faire apparaître le nom du photographe ]. Voelcker couvre tous les aspects de la vie militaire ; il reproduit aussi des dessins plus ou moins drôles exécutés par des stagiaires.

Le nom de Voelcker est estropié

  Dans le créneau des éditions militaires, il doit affronter une forte concurrence. A partir de comparaisons poussées, nous pouvons affirmer qu'il offre le panorama le plus complet et d'une qualité constante.Un couple par Voelcker, format album

 

 

 Même s'il est avant tout photographe hippique et militaire, Voelcker s'intéresse aussi à la ville. Il fait des portraits de civils, qui paraissent plutôt rares. Ce petit couple modeste, un peu gauche, n'est pas fameux ; le traitement laisse à désirer, les retouches destinées à amincir la taille de la dame sont visibles.

 

Voelcker, enfants inconnus, après 1900

 

 

 

 

 

 

 

 Voelcker, après 1900, est plus inspiré par ces bambins, charmants, à part le garçon tondu.

 

 

 Il est encore plus intéressant quand il édite des vues des paysages et des monuments ; il en regroupe des séries dans des albums intitulés " Souvenirs de Saumur ". Il lance deux collections de cartes postales, l'une consacrée à la ville, l'autre à ses environs, qu'il étend jusqu'à Montreuil-Bellay et Cunault. La présentation des monuments est constamment nette et contrastée, les noirs d'un bon piqué ; j'ai souvent pu agrandir des tirages au format restreint des années 1899-1901. Soulignons aussi quelques choix particulièrement heureux : la Maison du Roi encore au complet, juste avant son amputation d'une aile vers 1900.

 

La Maison du Roi prise par Voelcker vers 1900, alors qu'on commence la destruction de l'aile droite. Cliché repris en grand format par Guionic.

  Un train couplé de deux gabares faisant escale devant le théâtre, passage devenu rare au début du siècle :

Bateaux sur la Loire

 Il édite une série sur le cours Dacier ; il s'intéresse aussi aussi aux moulins de la rue du même nom, et il en fixe l'image alors qu'ils ont encore leurs ailes. Il prend aussi plusieurs vues de l'inondation de 1904, il s'intéresse aux vols d'un ballon sphérique et parfois aux fêtes locales ; il montre la foule à l'assaut du cirque Barnum, il photographie aussi les régates de 1902 :

Voelcker, les régates de 1902

 Dans les environs, il présente des châteaux peu connus, il donne des détails intéressants sur la maison centrale de Fontevraud et il s'aventure très loin en Indre-et-Loire.
 Francis Voelcker décède le 4 octobre 1905, mais sa fille continue pendant plusieurs années à éditer ses cartes postales. Bien qu'elle soit incomplète, la collection des Archives municipales en présente 282.

5) La génération des années 1900

 La réussite des photographes précédents suscite des vocations. Se faire tirer le portrait à l'occasion des fêtes familiales est entré dans les moeurs ; en réaliser soi même est encore rare. Quelques amateurs opèrent dans la ville, le plus intéressant étant le docteur Bouchard. Des magasins de photographes ou de libraires leur proposent des appareils, des plaques et des produits de développement. L'hôtel Budan a aménagé une chambre noire à l'intention des touristes. Malgré cela, pour les souvenirs familiaux ou pour les devantures de magasins, on fait le plus souvent appel à des photographes professionnels du quartier, qui font figure d'honnêtes artisans par comparaison avec les pionniers cités plus haut. Ils sont particulièrement nombreux à s'installer dans les années 1894-1914.

- Henri Guionic prend en 1906 la succession de Voelcker au 50 rue d'Orléans. Il photographie cette promotion d'élèves-officiers en 1907-1908 :

Guionic, promotion 1907-1908

 Passée cette dernière date, Guionic perd la clientèle de l'Ecole de cavalerie ; il semble peu actif et il passe 19 rue Beaurepaire.

- Maurice David succède à Coué au 57 rue d'Orléans en 1912. Sa courte période d'activité est peu productive. Eugène Leconte, venu de Varennes, lui succède à ce numéro.

- Henri Gachet ( écrit aussi Gaschet ), implanté 3 bis et 5 rue Brault au moins à partir de 1894, fait des portraits de civils et de militaires, tel cet aspirant du 24e Dragons :

H. Gachet, un sous-officier élève du 24e Dragons, au grade d'aspirant Timbre de Gachet au verso

 Il n'a pas encore les moyens de se doter d'un verso richement orné. Son simple cachet annonce des agrandissements au charbon, qui donnent des noirs profonds ; il pratique aussi les photographies après décès, qu'il va efffectuer de nuit, un genre très répandu à l'époque.

- A. Bouet tient un magasin installé à l'angle du 24 rue Beaurepaire et du 23 rue de la Fidélité. D'après ses publicités, il exécute des agrandissements, mais il vend surtout du matériel et des produits photographiques.

- Hippolyte Collet, d'abord installé 7 rue du Petit-Pré, ouvre une élégante boutique à l'angle de la rue Saint-Nicolas et de la Petite-rue Saint-Nicolas ( aujourd'hui pizzeria ). Il affiche des ambitions qui sont grandes :

Carte postale éditée par Collet

H. Collet, un cuirassier au format photo-carteCarte photo portant le timbre " Photographie Collet - Saumur ". Cette édition en carte postale pourrait correspondre à une photographie d'actice Il est le photographe habituel des sociétés sportives laïques. Il réalise de nombreuses cartes-photos pour les cafés et les commerces.
Il montre son habileté, à gauche, en mettant en valeur, grâce à des projecteurs électriques, la cuirasse, le casque et le sabre de son imposant cuirassier, édité en carte-photo.
 Il quitte souvent le studio ; à droite, la jeune femme arrogante ( une comédienne ? ) pose réellement en extérieur devant des feuillages sombres ; un tirage au charbon donne des noirs marqués.

 Lors de la catastrophe ferroviaire de Montreuil-Bellay du 23 novembre 1911, où la pile d'un pont s'effondre au passage d'un train, Collet s'est rendu sur place en toute hâte, comme les pompiers de Saumur ; il est arrivé au début des difficiles opérations de sauvetage. Il prend sous la pluie une belle photo des rescapés juchés sur un wagon de 3 ème classe au milieu des eaux du Thouet en furie, tout en cadrant à droite la foule des badauds inopérants.
 Il a édité une série d'au moins neuf cartes postales, qui comptent parmi les meilleures dans l'immense production engendrée par cette catastrophe. L'éditeur saumurois Robin a également publié une collection sur ce thème. Comme il n'était pas photographe, il a pu recourir à d'autres clichés de Collet.

Catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911 par Collet


- Sylvain Dupitier, installé à partir de 1903 au 43 rue Nationale, est avant tout le photographe du quartier et des villages voisins. Il immortalise aussi les sociétés sportives et musicales liées aux patronages. Il est aussi l'opérateur attitré des groupes de l'école de maréchalerie, où il prend les clichés des promotions successives, comme celle de la troisième division de l'année 1911-1912.

S. Dupitier, 3 ème division 1911-1912 de l'école de maréchalerie

Photo au format carte de visite par S. Dupitier

 

 Vers la même époque, il photographie cet aspirant, un élève-officier appartenant au 6 ème Hussard. Il colle cette épreuve de bonne qualité sur un riche carton gaufré, doré sur tranche.

 

 

 

 

 

 

 


- Louis Nicod, installé 12 rue de Lorraine et ensuite, tout près, 45 rue Beaurepaire, est en activité à Saumur en 1908, puis sa veuve prolonge l'affaire au moins jusqu'en 1928. Photographe des gens du quartier et des clubs sportifs laïques, il a une activité militaire appréciable, se spécialisant en particulier dans l'école de télégraphie. Il prend sur leurs montures ces 3 hussards, aspirant au grade d'officier :

Trois sous-officers aspirants de divers régiments de hussards en 1909

Entre 1911 et 1914

 

- H. Guillon, 11 rue Gambetta, exerce de 1911 à 1922, et sa veuve poursuit son activité. Ce solide cavalier du 7 ème Dragons pose fièrement, équipé d'un grand sabre et d'un casque. Il est peu probable qu'il s'agisse de ses propres armes, car Guillon explique dans une publicité qu'il dispose d'un « équipement fantaisie de toutes armes pour la pose ». « Garanti inaltérable », selon un cachet au dos, ce tirage au charbon, à bords dentelés, est effectivement de bonne facture, à défaut d'originalité.

 

Guillon, joueurs de carte, 1917

 

 

 

 Ces quatre jeunes gens qui jouent aux cartes en fumant la pipe cherchent à jouer les durs. Il vaut mieux qu'ils s'endurcissent, car la photo-carte est datée du 7 avril 1917.

 

 

 

Carton de Louis Hérault

 

 

 

 

- Louis-Maurice Hérault, venu du Puy-Notre-Dame, installé à partir de 1898, rue de la Comédie ( Molière ), passe ensuite au 89 rue d'Orléans, au rez-de-chaussée de l'ancien hôtel de France. Ainsi que l'indique son beau carton publicitaire, support d'une banale communiante, on peut aussi accéder à son magasin par le passage s'ouvrant dans la rue de la Grise et aboutissant à ce qu'il appelle l'ancien hôtel d'Anjou.

 Hérault ne se contente pas de faire des portraits en studio, il photographie les boutiques et il prend à plusieurs reprises le célèbre magasin Dutour, débordant des gibiers les plus divers.
 Ainsi qu'il l'indique, il emploie un appareil de poche muni d'un objectif Suter, de Bâle, il prend notamment des séries de chutes à Verrie ( voir ce dossier ) ; il les édite en cartes postales, avec des titres rouges, qui rappellent fortement les publications de Voelcker, au point qu'on peut les confondre, car Hérault est lui-aussi un bon photographe d'instantanés. Passé 1903, il ne publie plus rien, mais un autre éditeur très actif, Camille Charier, qui n'était pas photographe, continue à produire des séries de photos hippiques titrées en bleu. Une hypothèse reposant sur quelques ressemblances : il aurait pu recourir aux services d'Hérault, tout comme Eugène Dézé, un libraire éditeur assez productif. Finalement, Hérault quitte Saumur et part pour Paris vers 1910.

 

6) Zacharie et Hervé BlanchaudH. Blanchaud, alors 65 rue Saint-Nicolas

 Zacharie Blanchaud, né en 1864 à Vignols, en Corrèze, arrive à Saumur en 1892, comme cavalier de manège ; il débute des activités de photographe en 1904 ( selon G.- F. Le Calvez ). En tout cas, en 1906, son atelier est implanté 3 rue de la Maréchalerie ( du Colonel Michon - tout près de la Loire ). Il associe très vite son fils Hervé à son travail ; ils signent habituellement " photo Blanchaud ", sans plus de précision. Le magasin déménage souvent dans le quartier, on le trouve vers 1911, 62 rue Emile-Zola ( Saint-Nicolas ), puis en face au n° 65 et enfin au n° 63, dans l'axe de la rue Courcouronne, où de grandes verrières au second étage éclairent le studio.
 A droite, ce portrait classique, sur un cartonnage du début du siècle, est signé H. Blanchaud, alors 65 rue Saint-Nicolas.
 Les Blanchaud deviennent vite les photographes attités de l'Ecole de cavalerie ; ils font des portraits individuels devant une toile de fond évoquant les arbres du Chardonnet ; en permanence, en extérieur et à grande vitesse, ils prennent les militaires dans les exercices de haute école, dans les carrousels, dans les manoeuvres, dans les cérémonies, dans les activités sportives... Comme Voelcker précédemment, ils éditent leurs clichés dans des séries de cartes postales, qui paraissent jusqu'à l'époque de la Seconde Guerre mondiale ; ils donnent une très large part aux caricatures et aux dessins humoristiques ; ils font paraître des séries particulièrement fournies sur les carrousels et on y voit progressivement apparaître des véhicules blindés. Nous renvoyons aux illustrations des chapitres 37 et chap. 38, en particulier au dossier consacré aux officiers étrangers. Dans ces chapitres, les photos des Blanchaud sont mélangées à des clichés de Voelcker et d'Hérault, auxquels on peut trouver un plus grand charme et un plus fort contraste dans les tirages.
 Les Blanchaud, toujours présents, ont ainsi dressé une véritable chronique de l'Ecole de cavalerie, qui a hérité d'une série d'épreuves. Leurs négatifs sur verre, en général au format 13x18, ont survécu en grand nombre. Ils sont soigneusement numérotés par promotions de l'Ecole, chaque série commençant en octobre ; leur total approche de mille chaque année. Ils ont été, pour l'essentiel, recueillis par les Archives départementales et par les Archives municipales de Saumur, où Véronique Flandrin et son équipe les identifient et les mettent en ligne.
 Les Blanchaud saisissent tous les événements liés à l'armée. Ils s'intéressent aux débuts de l'aviation. Postés sur le terrain du Breil, ils prennent une vingtaine de clichés à l'occasion du 1er Grand Prix d'Aviation de l'Aéro-Club de France. Ils ne manquent pas de réaliser plusieurs photos du biplan militaire de Siebrand Koning se posant sur le Chardonnet, toujours en 1912 :

Biplan se posant devant les écuries de la Moskova, partie central d'une plaque négative Blanchaud, 418 - 1911-12

 Vers 1922-1923, Hervé publie un album de ses clichés récents sous le titre " Ecole d'Application de Cavalerie - Saumur ( France ) ", dans un tirage photomécanique de bonne qualité ( B.M.S., A br4/181 ). Il y consacre plusieurs pages aux automitrailleuses. Il édite aussi une abondante série de cartes postales sur le Musée du Cheval. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, on trouve encore des photos Blanchaud prises dans le Frontstalag 181.
 Il publie assez peu sur la ville ( mais il pourrait être l'auteur des clichés des cartes postales imprimées en bistre, éditées par le libraire Albert Gendron. Il lance cependant une série fournie sur les inondations de 1910, dans laquelle il passe en revue les rues et les gares envahies. De sa fenêtre de la rue Saint-Nicolas, il saisit la rue Courcouronne parcourue par un grand cortège sortant de l'église Saint-Nicolas :

Extrait d'une plaque négative Blanchaud, vers 1912-1913

8) Des photographes nombreux et mobiles

 Quoiqu'incomplète, certains n'ayant fait que passer, cette énumération montre que les photographes professionnels sont nombreux au début du XXe siècle et qu'ils arrivent de l'extérieur, parfois de très loin. Ils viennent tenter leur chance à Saumur, dans l'espoir d'y trouver une clientèle nombreuse et fidèle. La présence de l'Ecole de cavalerie peut être considérée comme un élément d'explication essentiel, car tous les militaires, officiers et sous-officiers en stage, appelés effectuant leur service, ont l'habitude de poser devant l'objectif, individuellement et en groupe, ; or, ils se renouvellent à peu près chaque année et ils forment un bon millier de clients potentiels. A l'inverse, les familles de la ville se font photographier à un rythme relativement espacé, à l'exception des photos scolaires. Cela explique que sur les sites marchands, on trouve surtout des portraits de militaires.
 On compte 6 photographes en activité en 1913 ; ils sont toujours au nombre de 6 dans les années 1928-1935 ; Jean Decker, venu de Vannes, a succédé à Dupitier, Eugène Leconte à Coué et à David ; Edmond Lacoste s'est installé au 72 rue Saint-Nicolas [ A noter qu'aujourd'hui il n'y a plus qu'un seul photographe dans l'agglomération ].

 L'emplacement du magasin représente un enjeu d'importance. Nos photographes déménagent souvent et cherchent à se rapprocher du coeur commercial de la cité ou à occuper des points stratégiques sur les déambulations des militaires. Cependant, deux lieux semblent plus particulièrement voués à la photographie et ils présentent encore des vestiges des anciennes installations, le 57 et le 50 de la rue d'Orléans, occupés par des studios pendant près d'un siècle.
 Les renumérotations officielles ou fantaisistes des rues rendent parfois les localisations malaisées ; le n° 104 rue d'Orléans est inexistant aujourd'hui, il devait être tout proche du rond-point Maupassant ; quant au n° 40 rue d'Orléans, un temps indiqué par Voelcker, comme ci-dessous, « en face la Poste », il semble très temporaire, puisque ce dernier aime signaler une autre entrée par la rue de la Maremaillette, qui est impossible à ce numéro.

Voelcker, fillette inconnueVoelcker, au 40 rue d'Orléans

 A l'évidence, il reste bien des points à préciser. L'idéal serait de dater les photos et d'identifier les personnages : une lourde tâche pour les chercheurs.

 

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