Un collège somnolent ( 1815-1873 )

 

 Saumur a une solide tradition enseignante. Nous avons retracé l'histoire du collège des Oratoriens jusqu'à sa disparition à la fin de 1793. La ville est attachée à cet établissement, sans lien autre que de rivalité avec le collège de l'Académie protestante. Elle se félicite de le voir renaître dans l'enclos des Capucins sous la direction de son dernier principal ; elle transforme cette école secondaire en collège communal et, le 1er brumaire an XII ( 24 octobre 1803 ), elle l'installe dans l'ancien couvent des Ursulines ( voir récit détaillé pour la période napoléonienne ).

1) Un établissement polyvalent et somnolent

 Au total, les effectifs du collège varient de 77 ( dont 19 pensionnaires ) en 1816 à 162 en 1872 ( dont 42 pensionnaires ). Ils se tiennent en moyenne aux approches de 150. Cependant, d'une façon habituelle, les 2/3 de ces élèves sont fournis par deux énormes classes primaires ( 116 écoliers en 1867 ), qui forment ce qu'on appelle déjà le " Petit Collège ". Deux instituteurs appréciés y maintiennent un niveau exigeant et un programme spécial ; ils commencent le latin dès la 8 ème. Ces classes sont payantes, mais quelques enfants, souvent cinq, y bénéficient de la gratuité.
 Les classes de grammaire viennent ensuite, de la 7 ème à la 3 ème. Un groupe déjà plus restreint de 30-40 élèves, sous la conduite de régents qui enseignent toutes les matières, y étudie intensivement la langue latine par la pratique des thèmes, de la versification et de l'éloquence.
 Voici par exemple ce qu'ont fait les élèves de Quatrième pendant l'année 1825-1826, d'après le compte rendu de l'abbé Huet, principal ( A.M.S., 1 R 21 ) :

« Ont appris par coeur :

Evangile selon St Mathieu, du 10 ème au 15 ème chapitre
Grammaire et méthode latine de Lhomond
Prosodie de Le Chevalier
Grammaire grecque de Burnouf, 3 premiers livres
Racines grecques, 110 premières séries
Histoire romaine ( abrégée )
Géographie ancienne

Virgile, Bucoliques, 1 ère, 4 ème et 5 ème églogue -
Géorgiques, Eloge de l'Italie, Bonheur des champs, Descente d'Orphée aux enfers,
Avec la traduction en vers par Delille
Ovide : la traduction en vers français par St-Ange d'Hécube
  et des maximes de Pythagore

Explications :

Quintus Curtius, lib. III
Tite Live, jusqu'à la 2 ème guerre punique
Virgile : 1 ère, 4 ème et 5 ème églogue, et les extraits suivants des Géorgiques : l'âge de fer, la mort de César, l'éloge de l'Italie, le bonheur des champs, la vie des Scythes, les maladies contagieuses des animaux, le vieillard du Galèse et l'épisode d'Aristée
Lucien, 1 ère partie, édition de Gail
Xénophon, Cyropédie, les deux premiers chapitres ».

 Le grec est obligatoire depuis 1824, mais il demeure une discipline de second plan. L'emploi du temps laisse une demi-journée pour l'étude des sciences et quelques heures pour les écrivains français classiques, Boileau en tête. En raison des bas effectifs, les classes sont parfois associées deux par deux.
 Comptée à part, la soixantaine d'élèves de l'école primaire supérieure - établissement autonome rattaché au collège, comme nous l'avons vu dans un dossier précédent - étudie en deux années des matières professionnelles, comme la calligraphie, l'arpentage et la géométrie.
 A un niveau plus élevé, les classes de Seconde et de Rhétorique,Bouton d'uniforme du collège de Saumur auxquelles vient s'ajouter la Philosophie, peuvent compter jusqu'à une quinzaine d'élèves, mais tombent parfois à deux. Le collège produit chaque année un ou deux bacheliers, qui sont allés passer des épreuves purement orales auprès des professeurs de la faculté des Lettres de Poitiers. A tort ou à raison, les maîtres se lamentent en permanence sur la baisse du niveau, ce qui est probablement vrai sur le latin ( voir Archives des Saumurois, n° 205 ).

 Les élèves sont tenus de porter un uniforme de couleur bleu-foncé. A Saumur, les boutons sont très simples, portant un décor standardisé de palmes.

 Les enseignants, très chichement rétribués, mais pas débordés par les copies, passent une bonne part de leur temps à pratiquer des travaux annexes ou à donner des " petits cours " payants. Un principal les accuse de dispenser de l'enseignement normal ceux qui suivent leurs leçons particulières, ce qui est assez démontrer la nocivité de cette pratique.
 Parfois, la commune ne paie pas ses dettes. Dans une lettre du 5 juin 1825 adressée à un professeur de mathématiques du collège du Mans, le principal reconnaît que le collège lui doit 1 600 francs de traitements arriérés, mais qu'il n'a aucune chance de recevoir les sommes réclamées, car la récolte de vin de 1824 a été mauvaise et que le revenu de l'octroi s'est effondré.

 

2) Autoritarisme et inefficacité

 Pour quels motifs un enseignant passionné par son métier peut-il bien devenir administrateur ? Au XIXe siècle, c'est d'abord pour l'argent, car le principal est en même temps un « marchand de soupe », qui passe avec la ville un traité qui lui assure la gestion privée de la pension et de la demi-pension. Seuls les tarifs annuels sont fixés par la commune : 500 F de pension par an en 1804, chute à 400 F en 1828, 460 F en 1852, ce qui est cher et correspond au salaire trimestriel d'un ouvrier qualifié. Le principal n'est nullement surveillé par la commune ; il se contente de lui remettre un budget annuel qui tient sur quatre lignes ( on trouve davantage de détails dans les registres du bureau d'administration ). Il gère, lui ou son épouse, la pension à sa guise, engageant une cuisinière et quelques maîtres d'internat, à peine rémunérés, et nourrissant ses ouailles au plus bas prix. Les plaintes sur la qualité de la pension sont fréquentes. A la suite d'une série de pétitions d'élèves adressées au recteur en 1903-1904, l'inspecteur d'Académie confirme : « Quant à la nourriture, elle doit être aujourd'hui ce que je l'ai vue à plusieurs reprises : suffisante, je crois, mais peu variée, et surtout malproprement préparée et malproprement servie par une cuisinière aux vêtements sordides » ( A.D.M.L., 416 T 1(1)).
 En dépit de leur pingrerie, les principaux ne font pas si vite fortune, car le nombre des pensionnaires reste bas ( 56 au maximum avant 1872 ) ; dans le traité passé avec la ville en 1858, ils ont obtenu une subvention extraordinaire de 1 000 F par an, tant que le nombre des internes n'atteindrait pas 50. Ils en veulent aux pensionnats privés, qui fleurissent dans le quartier et qui inscrivent leurs protégés comme externes, en particulier la pension de Nantilly ; d'ailleurs, des régents prennent aussi chez eux des pensionnaires, comme au temps de l'Académie protestante ( A.D.M.L., 416 T 1 (2)). Les principaux continuent à crier misère, comme Delpech en 1860 ; c'est peut-être pour ce motif qu'ils changent si souvent.
 On peut également devenir principal par goût de l'autoritarisme. Il est vrai que dans cette société durement hiérarchisée, ses pouvoirs sont illimités sur le personnel de surveillance, assez étendus sur les enseignants ( qu'ils peuvent faire muter d'office ), mais inefficaces sur les élèves, qui savent se venger des brimades ( une exclusion doit être confirmée par le recteur, qui la refuse parfois ).
 Le principal n'est finalement qu'un rouage qui a constamment sur le dos le recteur, implanté à Angers jusqu'en 1854, puis l'inspecteur d'Académie. Ces derniers le harcèlent jusque dans les moindres détails : examen des cahiers de textes, exigence de rapports hebdomadaires, questionnaires sur la piété des élèves et sur leurs communions, exercices régulièrement imposés à toute l'académie, nouvelle correction de copies d'orthographe à la suite de contestations parentales, enquêtes sur les idées politiques des enseignants ( les réponses restent prudemment évasives ), remontrances à un professeur qui se réfère à Michelet, investigations sur un tapage nocturne provoqué par le jeune enseignant Victor Lohier ( A.D.M.L., 416 T 8 ). En décembre 1871, l'inspecteur d'Académie corrige le programme annuel d'un jeune professeur de littérature, lui interdisant de traiter d'un thème « aussi délicat, aussi glissant que celui de la Comédie au point de vue des moeurs » ; l'enseignant devra s'en tenir à la tragédie ( A.D.M.L., 416 T 23 ). Tout cet activisme inquisitorial s'avère finalement inopérant, à la différence des interventions des familles, dont il est tenu le plus grand compte.
 La distribution des prix fait l'objet d'une correspondance intensive, sur le choix de la personnalité qui présidera la cérémonie, sur le discours prononcé par un professeur, dont la rédaction est soumise à l'inspecteur d'Académie ; le 30 août 1873, un certain Hamelin a modifié quelques passages dans le texte approuvé - faute gravissime, il est muté d'office ( A.D.M.L., 416 T 18 ). Gourdier, professeur de mathématiques et doyen des enseignants, a fait imprimer son ennuyeux discours du 28 juillet 1911 sur le choix d'un métier utile à la patrie ( B.M.S., A br8/302 ).
 En 1827, l'abbé Huet rétablit les exercices littéraires publics, qui se sont déroulés pendant trois journées de la fin d'août. Les meilleurs élèves de chaque classe y répondent à des questions portées sur un livret imprimé chez Degouy ( A.M.S., 1 R 21 ).

3) Un collège menacé

 Le collège traverse quelques crises sérieuses. En 1830, le principal, l'abbé Pierre Leconte, en place depuis trois ans, doit démissionner pour un scandale de moeurs ( il est jugé pour ces faits en 1841, alors qu'il est en fuite ). Son successeur, Grandpré, est, dans les papiers du rectorat, présenté comme un incapable ; une commission municipale d'enquête se montre plus indulgente sur ce personnage ; en tout cas, la pagaille s'installe, plusieurs chaires sont vacantes, les effectifs chutent à 87 ( A.M.S., 1 R 17 ). Le principal impute cette déroute aux régents de rhétorique et de sixième, qui seront mutés ; le docteur Gaulay, conseiller municipal, proteste contre la décadence de l'établissement et démissionne du bureau du collège ( A.D.M.L., 4 Z 36 ). Lachat, devenu principal en 1836 remet de l'ordre avec une énergie qui va jusqu'à la brutalité ; il multiplie les heures de colle le jeudi et le dimanche ; les adjoints au maire, Jahan et Raguideau, qui ont des enfants au collège, protestent contre une sévérité qu'ils jugent excessive. Lachat est destitué par le ministre en 1838, mais rétabli sur la demande du Conseil municipal, qui réclame de la fermeté. Cependant, en 1841, une pétition signée par neuf parents entraîne sa chute ( A.M.S., 1 R 14 ). A l'évidence, ces années 1830 sont lamentables.

 L'établissement coûte cher à la ville, qui dépense au départ 8 000 F par an pour le traitement des régents, mais qui fait peu de choses pour rénover les anciens locaux des Ursulines, que tous les rapports décrivent comme tombant en ruine ( A.D.M.L., 34 T 10 ). Le prix de revient de l'établissement monte régulièrement. Voici l'essentiel des dépenses ordinaires prévues pour 1826 ( A.M.S., 1 R 15 ) :

Sous-principal   1 350 F
Aumônier    400 F
Régent de mathématiques   1 100 F
Régent de rhétorique   1 100 F
Régent de Seconde   1 100 F
Régent de Troisième   1 000 F
Régent de Quatrième    900 F
Régent de Cinquième    800 F
Régent de Sixième    800 F
Régent de Septième    800 F
Instituteur de l'école primaire   800 F
Un maître d'écriture   400 F
Deux maîtres d'études   900 F
Gages du portier    300 F
Distribution des prix   300 F

 Les émoluments du principal, liés à la pension, sont rarement indiqués. Ils se montent à 2 400 F en 1836, pour leur partie fixe.

 L'évêque d'Angers, Monseigneur Angebault, grand bâtisseur disposant d'énormes moyens financiers, propose à la ville de racheter le collège et de le transformer en établissement libre sous le régime de la loi Falloux ; tenu par des prêtres diocésains, il ne coûterait plus rien à la commune. Peu de renseignements nous sont parvenus sur cette négociation ; il semble que ce soit le maire, Charles Louvet, qui l'ait fait échouer, étant très attaché à son ancien collège, participant souvent au bureau d'administration et peu favorable à un monopole ecclésiastique sur l'enseignement.

 Une menace plus sérieuse vient des élus municipaux eux-mêmes. Dans La Ville de Saumur, son budget, ses travaux et ses emprunts, 1864, le docteur Bineau, avec une belle indépendance d'esprit, analyse le montant des dépenses pour l'instruction publique ( p. 51-67 ). Il constate que le collège revient à 15 090 F pour 1864, soit la moitié des dépenses scolaires. Les enfants des écoles primaires gratuites, issus des milieux les moins favorisés, coûtent chacun 13,50 F par an, alors que les 140 enfants du collège, provenant de milieux plus aisés, reviennent à 115 F pour chacun d'eux. Bineau pousse plus loin son analyse : les classes inférieures, de la 7 ème à la 3 ème, regroupent alors de 45 à 50 élèves en tout. Les effectifs s'effritent rapidement, certains passant dans le primaire supérieur, d'autres quittant Saumur pour des établissements plus cotés ( Charles Louvet était allé faire sa philosophie à Angers ; depuis l'arrivée du train, d'autres partent pour Paris ). Ces faits sont permanents. Bineau affirme que les classes de 2 onde, i ère et philosophie ne regroupent que 8 à 10 élèves au total et qu'elles mobilisent 5 régents, si bien que ces grands élèves coûtent à la ville 650 F chacun. Conclusions du médecin, qui n'a pourtant rien d'un extrémiste : faciliter et étendre le plus possible l'instruction élémentaire, qui est « le corollaire obligé du suffrage universel » ; renforcer le primaire supérieur en y allégeant la rétribution scolaire ; transformer l'établissement en collège de deuxième classe, qui s'arrêterait à la troisième. Le docteur n'est pas suivi et même vivement critiqué. Beaucoup de Saumurois, Louvet en tête, sont attachés à leur coûteuse institution, qui apporte un certain vernis de capitale à la cité. Les notables tiennent à y placer leurs héritiers et les républicains, par la plume de Charles Delaunay, défendent aussi les grandes classes, au nom d'une future égalité des chances ( développements dans le dossier sur la municipalité Louvet ). Ce désolant marasme, accompagné d'une atonie culturelle, perdure malgré quelques embellies.

4) Quelques indices de renouveau

 A côté des régents, simples bacheliers, apparaissent des professeurs spécialisés dans une matière qu'ils enseignent sur plusieurs classes. Un régent de mathématiques apparaît dès le début du collège. L'original philanthrope Couscher avait fondé une rente annuelle de 300 F pour l'entretien d'un cours gratuit et facultatif d'espagnol et d'anglais. En 1824, le principal parvient à dénicher un sujet britannique parlant l'espagnol ; l'enseignement des langues vivantes est donc précoce à Saumur. Cependant, on apprend le 17 septembre 1829, que Monsieur Lebéalle-Denest, qui occupe la chaire, ne sait pas parler anglais et qu'il est remplacé par Monsieur Syms, qui est né Outre-Manche ( A.M.S., 1 R 16 ).
 En 1817, Louis-Guillaume Papin, régent de rhétorique, est autorisé à donner des cours de philosophie par la Commission de l'Instruction Publique présidée par Royer-Collard. Une chaire spéciale de philosophie est enfin créée le 2 juin 1828 et une classe complémentaire est ajoutée au cursus scolaire ; la classe fonctionne en 1829, l'établissement devenant ainsi un collège de plein exercice. Sous l'Empire autoritaire, qui n'encourage pas à la réflexion, la chaire devient un cours de logique. Une chaire d'histoire est ouverte en 1852 ( A.D.M.L., 416 T 23 ) ; elle est entretenue par le ministère à partir de 1855. Ainsi apparaissent des professeurs plus qualifiés, titulaires d'une licence et parfois de l'agrégation. Quelques personnalités passent ainsi par le collège au début de leur carrière. Par exemple, à la veille de la guerre de 1870, Joseph Loth, linguiste et historien, plus tard spécialiste des civilisations celtiques, fondateur des Annales de Bretagne, professeur à la faculté des Lettres de Rennes, puis au collège de France.
 En 1836-1838, l'établissement reçoit du constructeur parisien Deleuil plusieurs dotations en matériel de physique ; en 1855, un squelette lui est envoyé par l'Hôtel-Dieu d'Angers. Un petit orchestre apparaît en 1853 ( A.M.S., 1 R 14 ).
 Il convient aussi de noter que la ville offre en permanence un nombre important de bourses d'internat et d'externat. La sélection entre les postulants est opérée par un examen écrit.

5) La place de la religion au collège

 Même lorsqu'il est dirigé par un ecclésiastique, le collège est doté d'un aumônier, nommé par l'évêque d'Angers, disposant d'une chapelle, rétribué à un niveau plus bas que les enseignants, mais recevant de la ville une prime de 300 F et logé dans le collège. Au nom du Concordat, qui rend obligatoire l'enseignement religieux donné par les régents, l'aumônier entend tenir un rôle important, ce qui amène parfois des heurts avec les principaux et les enseignants. Le ton monte au cours des années 1860, avec le réveil des républicains et leurs options anticléricales.
 Un premier conflit assez vif s'était produit entre le principal Delpech et l'aumônier. A la rentrée de 1864, un nouveau principal est nommé, l'abbé Roques, qui avait occupé la fonction à Brive-la-Gaillarde. Les républicains, épaulés par le docteur Bineau, lancent aussitôt une pétition hostile à ce rétablissement d'un ecclésiastique à la tête du collège ( ils rappellent le fâcheux précédent de l'abbé Leconte ). Le Conseil municipal met le maire en minorité sur cette question, si bien que l'abbé Roques annonce son départ le 13 mars 1865 et est effectivement remplacé à la rentrée suivante.
 Son successeur jusqu'en 1872, nommé Benoit, aurait des sentiments religieux. La nouvelle municipalité républicaine l'oblige à partir, ainsi que l'aumônier, l'abbé Picherit, qui prépare la construction et l'ouverture de l'institution Saint-Louis. Désormais, les nouveaux principaux se montrent franchement anticléricaux. Finalement, dans le cadre des lois nationales, le 6 août 1880, l'aumônier en place, l'abbé Nombalais se voit retirer sa fonction par le recteur de Rennes ( A.D.M.L., 416 T 19 ). Le cycle du Concordat est ainsi clos dans l'enseignement.

 

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