Les éditeurs saumurois

 

 Au XVIIIe siècle, la famille Degouy, installée « près le Puits Neuf », a le monopole de l'imprimerie, de la librairie et de l'édition, sans manifester pour autant une grande activité. Jusqu'en 1835, elle conserve ce quasi-monopole, les régimes autoritaires surveillant de près ces activités.

- Emile Pasquier et Victor Dauphin, Imprimeurs et libraires de l'Anjou, Angers, Editions de l'Ouest, 1932.
- Jean-Yves Leclerc, Impressions d'ici. Histoire de l'imprimerie à Saumur, catalogue d'une exposition de 1996.

1) La dynastie des Degouy

 Dominique-Michel Degouy, après avoir été acquitté par le tribunal révolutionnaire de Paris, imprime surtout des formulaires et de belles affiches pour l'administration. Ses deux fils, Dominique-François, dit Degouy aîné, et François-René, dit Degouy-Delaroche, ne publient rien d'important, quand ils sont associés. En 1808, Degouy-Delaroche publie seul L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentimens, pour chaque jour du mois, une belle réédition en deux volumes de l'ouvrage de dévotion écrit au siècle précédent par le Père jésuite Barthélemy Baudrand. A la suite de la réorganisation de la librairie en 1810, Degouy aîné obtient seul la qualité d'imprimeur, son frère cadet étant libraire. Degouy aîné se donne le titre d'imprimeur du collège et il produit deux rééditions de la grammaire latine de Lhomond, quelques ouvrages de piété ; il imprime aussi en 1820 le Mémoire sur la route de Chinon à Saumur... de M. du Petit-Thouars. Cependant, son grand oeuvre est l'ouvrage monumental de Jean-François Bodin, Recherches historiques sur la ville de Saumur, ses monumens et ceux de son arrondissement, t. 1 en 1812, t. 2 en 1814, « chez Degouy Aîné, Imprimeur-Libraire, rue S. Jean » ; il tire lui-même en aquatinte les remarquables planches hors texte. Il renouvelle l'expérience avec les deux volumes que Bodin consacre à Angers en 1821 et 1823. A noter qu'à chaque fois, les livraisons paraissent avec deux années d'écart, sans doute en raison de l'ampleur de la fabrication. Sur le fonctionnement éditorial de Degouy, les pages de garde nous apprennent que le dernier ouvrage était mis en vente dans neuf librairies situées hors de Saumur et que la totalité de l'oeuvre était proposée pour le prix élevé de 24 F. La partie consacrée à Saumur n'était donc pas épuisée en 1823, ce qui laisse songeur sur la durée de l'amortissement. En 1822, la bibliothèque de la ville achète à la librairie les quatre volumes des Recherches pour un montant de 51 F ( peut-être une édition de luxe ? ).
 En 1824, Degouy aîné se retire à Beaufort-en-Vallée, où il devient juge de paix. Il laisse l'affaire à son fils Adolphe, qui est pendant quatre ans associé à son oncle, Degouy-Delaroche. Ensemble, ils publient en 1824 un livre illustré " La Morale en Action ou Choix de Faits mémorables et anecdotes instructives... ". Degouy-Delaroche se spécialise dans les ouvrages de piété, en publiant un Catéchisme du diocèse d'Angers en 1827 et Le Grand Paroissien français-latin, à l'usage du diocèse d'Angers en 1828.
  Adolphe Degouy, « imprimeur-libraire, 3 rue St Jean », sous son nom propre, manifeste un dynamisme bien supérieur. A l'intention des collégiens, il réédite la grammaire française de Lhomond ( 1830 ). En 1825, il lance un hebdomadaire local de petit format, paraissant le dimanche matin, les " Affiches, annonces et avis divers de Saumur ( Département de Maine et Loire ) ", qui vivote jusqu'en 1830. Il travaille aussi pour ses frères de la loge La Persévérance. Entre temps, est apparue l'Ecole de cavalerie, qui lui commande l'impression d'abondants règlements et rapports. Les professeurs de la nouvelle Ecole prennent l'habitude d'éditer leurs cours, que les stagiaires viennent acheter à la librairie, soit sous une forme complète,Frontispice des Esquisses historiques soit en abrégé pour les plus paresseux ; ainsi, C. Jacquinot de Presle, Cours d'art et d'histoire militaires, à l'usage de MM. les officiers de l'Ecole royale de cavalerie ( 1829 ).

 Déjà bien outillé pour la taille douce, Adolphe Degouy obtient le brevet d'imprimeur lithographe le 20 avril 1832 et il s'équipe de presses performantes. Il aborde prudemment le nouveau marché des livres d'art. En 1833-1834, c'est en association avec le spécialiste parisien Charles Motte qu'il lance une Histoire pittoresque de l'Equitation ancienne et moderne ; les 24 planches, vraisemblablement pressées par Motte, sont l'oeuvre du saumurois Charles Aubry ( voir dossier abondamment illustré ).

 En 1835, il publie seul les Esquisses historiques [ et pittoresques ] des différents corps qui composent l'armée française, rédigées par Joachim Ambert et ornées de 13 planches grand in folio par le même Charles Aubry. Il s'agit certainement du plus beau livre fabriqué à Saumur depuis la Bible de Portau ( le Conseil municipal l'achète pour un montant de 60 F ).

 

 

2) François Lachaume, imprimeur lithographique

 Avant de quitter Charles Aubry, il convient de citer au passage les quatre grandes planches des Leçons pratiques du cours d'art militaire, lithographiées en 1832 par François Lachaume, qui a obtenu son brevet cette même année et qui disparaît ensuite, vraisemblablement supplanté par Adolphe Degouy, plus performant dans ce domaine. Louise Bodeau, sa veuve, lui succède en 1842, sans faire parler d'elle. Ces grandes planches lithographiques sont commercialisées en détail chez les marchands d'estampes.

 

3) La dynastie des Godet

 Adolphe Degouy, dernier représentant d'une lignée d'imprimeurs présente à Saumur depuis 1671, se retire à Beaufort sans transmettre son affaire à sa famille ; Yves-Marie Nevo-Degouy, gendre de Degouy-Delaroche, d'abord libraire, puis professeur de mathématiques au collège, préfère devenir inspecteur primaire, ce qui pourrait révéler la médiocre rentabilité des éditions de prestige. En tout cas, le 29 octobre 1839, A. Degouy vend son imprimerie à Paul Godet, qui était jusqu'alors greffier de la justice de Paix. Ce dernier agrandit ses locaux en 1846, en transférant ses machines tout à côté, au 4 place du Marché-Noir. Son fils, Paul-Marie Godet, lui succède en 1858, puis au sortir de la Grande Guerre, Augustin Girouard, associé à Pierre Richou. La maison est avant tout une importante imprimerie, orientée vers les travaux de ville, les circulaires, les prospectus et les affiches. Elle presse trois journaux périodiques de tendance conservatrice et les bulletins de la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois. Les activités proprement éditoriales de la maison sont limitées et paraissent liées à des relations locales, Souvenirs anecdotiques sur Saumur... du docteur Gaulay ( 1843 ), La Sainte Bible en 6 volumes ( 1844 ), d'après l'édition de 1750 par Louis de Carrières, réédition revue par H. Bernier, ancien curé de Saint-Pierre et alors vicaire général d'Angers, les Chroniques saumuroises du juge Ratouis ( 1864 ), les Histoires du Vieux Temps de Quesnay de Beaurepaire ( voir ce nom ) ( 1866 ), la thèse de doctorat en droit de Charles Poisson intitulée " le Salaire des Femmes " ( 1906 ), les derniers ouvrages d'histoire locale du colonel Picard.

 

4) Dubosse, libraire et éditeur

 C'est à un certain Dubosse ( forme préférable à " Dubossé " ), installé 3 rue Saint-Jean, qu'ont finalement échu les activités d'édition et de librairie d'Adolphe Degouy. Il fait imprimer ses ouvrages par son voisin Godet, avec lequel il entretient des relations étroites. De 1840 à 1855, il effectue surtout des commandes de l'Ecole de cavalerie, un abrégé du cours d'équitation, un manuel officiel de maréchalerie, une monographie sur les boiteries du cheval ; la maison se donne du galon en 1855 en s'intitulant « du Bosse, librairie de l'Ecole impériale de cavalerie ».Siognatures déposées des rééditeurs du Bodin Il publie aussi un " Almanach de Maine-et-Loire pour l'année 1847 ". En qualité d'éditeur, sa plus grande entreprise est, en 1845, la reprise des deux tomes du Bodin, pourvue des aquatintes de l'édition originale, complétée par des lithographies supplémentaires et par un texte considérablement augmenté par P. G. ( Paul Godet ). Voir nos commentaires en bibliographie générale ). Même si Godet joue le rôle principal, la page de garde précise cette collaboration : « Chez MM. Dubosse, libraire, rue St-Jean, 3, Paul Godet, imprimeur, rue St-Jean, éditeurs ». La quatrième de couverture évoque les conditions de souscription à l'ensemble de l'ouvrage : les deux volumes in-8° représenteront de 92 à 95 feuilles d'impression, soit 736 à 760 pages ( ils en font un peu moins ) ; ils paraîtront en quatre livraisons à 3 francs chacune et à 3 mois d'intervalle ( le tome 2 sort effectiverment en 1846 ). Ensuite, le prix de l'ouvrage sera fixé à 15 F, donc moins que les 24 F de la première édition. Si, sur la page de titre du t. 2, le nom de Dubosse disparaît, c'est par accident, ce dernier reste bien associé ; les deux éditeurs se protègent contre des contrefaçons en déposant des ouvrages signés, comme ils le précisent à droite.

 Ils n'ont pas témoigné du même juridisme, en reprenant le texte de Bodin et en le corrigeant, sans le moindre accord de ses héritiers, qui ont répondu par une troisième édition, parue à Angers.

 

5) Javaud, libraire et éditeur

Frontiscpice des Epoques saumuroises Le cas de Pierre-Joseph Javaud est beaucoup moins clair. Successeur de Nevo, il s'installe au n° 1 de la rue Saint-Jean et est donc encerclé par le tandem Godet-Dubosse ; en 1840, il s'associe à ce dernier pour publier le " Rapport sur l'organisation de la cavalerie demandé par M. le lieutenant général inspecteur général de Latour-Maubourg... ". En 1846, il édite les " Loisirs d'une femme ou Recueil de poésies légères " de la comtesse de Loménie de Marmé.
 Il s'intéresse aussi à la vie locale. En 1842 ou 1843, il publie les " Epoques saumuroises... " de Jean-Baptiste Coulon. Le frontispice, lithographié par Aristide Favre, dans un style troubadour assez maladroit, annonce bien la mièvrerie de l'oeuvre. Javaud diffuse également la précieuse étude du docteur Bineau sur " La ville de Saumur, son budget, ses travaux et ses emprunts " ( 1864 ).
 Il semble succéder à Dubosse comme éditeur de l'Ecole de cavalerie, en publiant les cours d'hippologie d'Alexandre Vallon ( 1863 ), le " Cours d'art et d'histoire militaire appliqué à la cavalerie " d'Emile Hubert ( 1866 ) et en rééditant les " Idées pratiques sur la cavalerie " du général de Rochefort ( 1866 ).

 Ses fonctions d'éditeur militaire et la forte demande d'estampes consacrées à l'équitation amènent la maison Javaud à se lancer dans une entreprise audacieuse : le recueil " France. Ecole impériale de Cavalerie " est composé d'un ensemble homogène de 10 grandes chromolithographies représentant des scènes de manège et de carrousel dessinées par Tom Drake et lithographiées par Albert Adam, le spécialiste des chevaux, complétées par quelques autres lithographies. Pour cette réalisation d'envergure, Javaud a fait appel à l'imprimerie parisienne de Lemercier et Cie, qui dispose de puissantes presses de chromolithographie. Ce bel ensemble ne paraît qu'en 1870 ; avec la guerre et ses suites, on peut s'interroger sur sa rentabilité immédiate ( certains catalogues le datent de 1873 ). Javaud disparaît alors. Ces planches sont en majorité reproduites dans les deux chapitres traitant de l'Ecole de cavalerie.

 

6) Jules-Alexandre Godfroy

 Successeur de Roberdeau et de Favre, Jules Godfroy ( écrit aussi Godefroy ), « éditeur, imprimeur, libraire, 4 Grand'Rue » est avant tout un imprimeur. Il édite surtout des annuaires, parfois repris, et , en 1851, le précieux " Guide pittoresque et descriptif du voyageur dans la ville de Saumur, son arrondissement et ses environs ", brochure ornée de petites lithographies et souvent rééditée par d'autres. En 1845, il publie aussi l'ouvrage de controverse du pasteur Duvivier, " Réponse à une notice sur Notre-Dame des Ardilliers ".

 

7) La dynastie des Roland

 L'influente famille Roland est difficile à reconstituer. Charles-Amand Roland, employé à la sous-préfecture de Saumur, avait obtenu un brevet d'imprimeur le 18 décembre 1835 et s'était installé dans le quartier de Saint-Nicolas, avant de laisser son affaire à Henri-Amédée Roberdeau et de rejoindre Segré, puis de revenir à Saumur. Son fils Ernest ( ou Charles-Ernest ) s'installe, très jeune, 26 place de la Bilange ( son imprimerie est en réalité implantée à l'entrée de la rue de la Petite-Bilange, en face de l'Hôtel Blancler, dans une maison basse devenue aujourd'hui un snack ). A son tour, son fils Ernest ( Saumur, 1861 - Azay-le-Rideau, 1929 ) apparaît d'abord à l'extrémité de la rue Saint-Jean, avant de rejoindre l'entreprise familiale, en compagnie d'autres membres apparentés. Henri Roland, d'abord rédacteur du Courrier de Saumur, devient receveur municipal.
 Les Roland font beaucoup de choses. Ils animent deux importants périodiques, Le Courrier de Saumur et Le Bonhomme angevin. En 1866, ils lancent Le Guignol. Journal-programme du Théâtre de Saumur, publié à l'occasion de chaque séance ( rédacteur en chef : Paul Hichinelle ; 62 numéros parus ). La famille rédige une bonne part des articles de ces journaux. Ils tiennent un cabinet de lecture. Ils tirent quantité de catalogues commerciaux, brochures, étiquettes et affiches en plusieurs couleurs, car ils sont bien équipés en chromolithographie. Ils impriment des planches pour la loge " la Persévérance ", des circulaires électorales pour Louvet, puis pour les candidats républicains, des formulaires et rapports pour la Mairie. Ils renouvellent en permanence un précieux almanach. Leurs affaires sont fluctuantes sous le Second Empire ; ils se rapprochent alors de Louvet ( afin d'obtenir des marchés municipaux, disent leurs contempteurs ), ce qui ne les empêche pas de faire faillite en 1868. Avec la IIIe République et l'essor de la presse, l'entreprise marche mieux.
 Mis à part, Eugène Bonnemère, Etudes historiques saumuroises... ( 1868 ), le Recueil des usages locaux des cantons de l'arrondissement de Saumur ( 1897 ), ils éditent peu de livres. Ils n'échappent pas à la frénésie d'écriture de Louis-Auguste Picard, qui, sous le pseudonyme de Louis d'Or, leur fait imprimer " La baigneuse ", 22 p. [ s.d. ]. Il faut attendre André Roland, qui prend progressivement la tête de la maison au début du siècle pour voir ce secteur progresser, avec entre autres : P.- A. Savette, Tournois et carrousels, 1937 - R. Bauchard, Histoire du Saumurois du XVe au XXe siècle, 1941 - René G. Marnot, Ma ville sous la botte, Paris, 1947.

 

8) Louis-Napoléon Picard

 Installé entre le 13 quai Carnot et la rue de la Petite-Bilange, Picard est avant tout l'imprimeur de La Petite Loire. Il édite quelques brochures en liaison avec son périodique, des conférences du docteur Bontemps et de F. A. Renou, la réponse de Rigolage sur la mise en régie du collège municipal. De même, E. Coubard, son successeur, publie quelques brochures touristiques du colonel Picard.

 

9) Milon et successeurs

 Etienne Milon, juge de paix du canton de Segré, successeur de Godfroy en 1857, ouvre une active librairie à Saumur, 46 rue d'Orléans. Sa maison n'a jamais disposé de presses typographiques, mais elle se lance dans l'édition dès 1857. De 1875 à 1880, elle devient " E. Milon et Fils ", avec le renfort de Stéphane Milon, conseiller général républicain de Saumur-Sud, conseiller municipal de Saumur élu sur les listes de Peton, président des Anciens Elèves du Collège de Garçons. Resté seul, S. Milon Fils devient un éditeur très actif de 1881 à 1902 ; en 1904, il abandonne sa carrière politique locale et on le retrouve maire de Brissac de 1908 à 1919. L'entreprise est dirigée par J.- B. Robert de 1903 à 1920, un peu moins productif, puis par Albert Gendron, qui publie peu.
 La maison, qui fait imprimer ses ouvrages à Angers, est surtout spécialisée dans les ouvrages militaires et équestres, qui représentent les 2/3 de sa production. Curieusement, l'un de ses premiers travaux ne porte pas sur l'équitation : en 1878, E. L. Cohadon, capitaine d'artillerie, professeur à l'école d'application de cavalerie, y publie un Cours élémentaire d'artillerie. La maison imprime en petites brochures les revues de fin d'année des élèves, mais elle ne recule pas devant des publications monumentales et luxueuses. Voir le descriptif des cinq titres que Louis-Auguste Picard lui confie. Elle édite et réédite l'énorme " Traité d'hippologie " de J. Jacoulet et C. Chomel, ainsi que plusieurs ouvrages destinés aux cavaliers, aux sportifs et aux éleveurs de chevaux, ainsi, Augustin Thary, Ferrure du cheval, la bonne méthode, 1902, ou Alphonse Pierre, Guide des acheteurs. Marchands de cheval et marchands de chevaux, 1891.
 En 1891, Stéphane Milon publie la solide recherche du médecin major Marie-Désiré Simon, Etude médicale sur la ville de Saumur et l'Ecole d'application de cavalerie...", souvent mise à contribution dans le chapitre sur la démographie. Ce qui nous amène aux publications d'orientation locale : le " Nouveau Guide pittoresque et descriptif ", plusieurs plans de la ville, les ouvrages érudits de Carré de Busserolle sur l'armorial de la sénéchaussée de Saumur. Au delà ce cette production très ciblée, se glissent des oeuvres plus surprenantes, telle, la traduction d'un poème de Schiller, ou par Adolphe de Leuven, Galaor, roman de chevalerie, illustré par J. Cesbron-Lavau, 1889, ou bien Contes des coteaux de Saumur par un Saumurois [ Louis Goblet ], 1890.

 

10) L'Imprimerie du Progrès

 Une association coopérative réunissant Sicault, Passaret, Feron et Marteau fonde en 1906 l'imprimerie du Progrès, installée 21 rue Dacier. Liée au Syndicat des Instituteurs, la maison tire " L'Emancipation, bulletin mensuel du Syndicat des Instituteurs et Institutrices de Maine et Loire ". Entre les deux guerres, elle devient le centre d'édition de l'Ecole émancipée, pour laquelle elle imprime avec soin des brochures, manuels scolaires, revues pour la jeunesse, traités de pédagogie et réflexions politiques d'inspiration anarcho-syndicaliste.

 

 Au terme de cette fastidieuse énumération, on constate la présence à Saumur d'un bon nombre d'imprimeurs, qui se sont accidentellement transformés en éditeurs pour répondre à une demande locale. Plus ambitieux sont : les deux Degouy et Javaud, qui se lancent dans de grands projets, et la librairie Milon, qui fonctionne comme une maison d'édition spécialisée.

  

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