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UNE GUERRE À LA FOIS
LOINTAINE ET PRÉSENTE |
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1) L'acceptation de la guerre
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Préparée de longue date, la guerre constitue
néanmoins une surprise quand elle éclate en août
1914 ; elle est acceptée avec « calme et sang-froid »,
sans manifestations d'enthousiasme et sans action des pacifistes ;
telles sont les lignes majeures qui sont développées
dans le dossier ci-joint.
Dès le 4 août 1914, le Conseil municipal
approuve à l'unanimité la promotion d'Henri Moreau
au poste de deuxième adjoint, alors que ce dernier avait
appartenu à la municipalité Peton. L'Union sacrée
est donc réalisée, les diverses tendances opposées
s'engageant à marquer une trêve dans leurs conflits
pour combattre ensemble l'ennemi. Cet accord est assez bien respecté,
à l'exception du rétablissement des processions
par le maire, Louis Mayaud.
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2) Les Saumurois au combat
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La mobilisation d'août 1914 est massive, car
les stratèges accordent la primauté au nombre des
hommes mis en ligne ; elle touche tous les Français
depuis la classe 1887 ( 47 ans en 1914 ) à la classe
1914 ( 20 ans et déjà sous les drapeaux ).
Cependant, les affectations diffèrent : les jeunes
hommes de 20-23 ans forment l'armée d'active, ceux de
24-35 ans, la réserve de l'armée active ;
tous sont convoqués immédiatement et envoyés
vers le front. Les hommes de 35-41 ans appartiennent à
l'armée territoriale et sont affectés à
l'arrière, ceux de 42 à 48 ans composent la réserve
de l'armée territoriale ; ils sont encore moins exposés
au danger. Les pères de familles nombreuses ne bénéficient
pas d'exemptions ; seulement, ceux qui ont quatre enfants
et plus sont affectés dans la territoriale. Le nombre
des mobilisés de l'été 14 est tenu secret.
Si l'on se réfère à la pyramide des âges en 1896, il s'élève
certainement au-dessus de 2 500.
Par la suite, les réformés et les ajournés
sont revus avec des exigences plus basses. La classe 1918 est
mobilisée à partir du 16 avril de l'année
précédente. Ceux qui bénéficient
du statut d'affectés spéciaux sont violemment pris
à partie ; les rares qu'on côtoie à
Saumur occupent en réalité des emplois spécialisés
d'une importance vitale pour la Défense : conducteurs
de trains, contremaître à l'usine Caillaud, chirurgien
à l'hôpital. Ceux qui avaient cru trouver une bonne
planque en effectuant leur service militaire dans la musique
se retrouvent dans les fonctions pénibles et dangereuses
de brancardiers aux premières lignes. Plus discrets et
mieux embusqués sont les nombreux officiers affectés
dans des états-majors à l'évidence pléthoriques.
Certains sont d'un âge élevé, comme le député
Georges de Grandmaison. En tout cas, la place de Saumur regorge
de cadres, qui signent des ordres sur un ton impérieux,
tout en trahissant une incompétence manifeste.
L'Italie ayant déclaré la guerre à
l'Allemagne le 27 août 1916, la commune recense ses ressortissants
locaux de 19 à 50 ans en vue de leur mobilisation ;
elle aboutit à une liste de cinq noms le 5 septembre 1916 ê (1).
Les Saumurois mobilisés sont en majorité
affectés au IXe Corps ( Touraine, Anjou ), qui
prend part aux affrontements des Marais de Saint-Gond, puis de
l'Yser, de Verdun et enfin de la Seconde Bataille de la Marne.
Présents sur tous les points névralgiques de la
guerre, les régiments du IXe Corps subissent de lourdes
pertes. Les avis de décès parviennent dans les
mairies à un rythme assez régulier, sans poussées
spectaculaires.
Les élèves et anciens stagiaires de l'Ecole
de cavalerie forment les cadres des divers régiments montés,
dispersés sur tous les points du front. Dans un chapitre
antérieur, nous avons présenté les doctrines dominantes à la veille de
la guerre ; pour faire simple, les traditionalistes
l'avaient emporté, imposant le maintien de la cuirasse
et de la lance, préférant la cavalerie lourde à
la cavalerie légère et considérant la charge
à l'arme blanche comme le recours suprême. Une telle
préparation a vite révélé son ineptie
dans la guerre de mouvement. Rien ne prévaut contre la
puissance du feu. Les cavaliers subissent de lourdes pertes,
les chevaux s'avèrent vite épuisés. Mis
à part quelques exploits isolés ( de Lattre de
Tassigny, infiltration de la 5 ème Division de cavalerie ),
l'échec est habituel. L'Ecole de Saumur n'a pas su préparer
la Revanche par refus de toute innovation et faute d'information
sur l'actualité militaire. A partir de l'hiver 1914-1915,
la cavalerie est mise à pied et ne mène plus d'actions
autonomes, sauf sur des fronts secondaires. Beaucoup d'anciens
de Saumur, peu flattés de passer dans l'infanterie, préfèrent
rejoindre l'aviation et plus tard les chars.
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3) Les nouvelles du front
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Les Saumurois sont mal informés sur les
combats et sur l'évolution du conflit. La presse est lourdement
mensongère en août 1914. Ensuite, elle ne publie
plus que des communiqués du gouvernement et de l'Etat-Major ;
même quand ils sont exacts, les lecteurs restent méfiants,
trop échaudés par le bourrage de crânes.
Les correspondances sont soumises au contrôle postal ;
les soldats n'ont pas le droit de donner des indications précises ;
afin de ne pas inquiéter leurs familles, ils se montrent
évasifs ou plutôt optimistes. Les blessés
et les permissionnaires sont questionnés en permanence ;
en général, ils se montrent peu diserts. Les magazines,
même s'ils sont remarquablement illustrés, sont
fortement orientés, ils ne montrent jamais un cadavre
français.
En dépit de tous ces silences, tout le monde sait
que la guerre tue beaucoup, car il faut bien tôt ou tard
prévenir les familles. Le système est long à
se mettre en place. Le premier avis de décès parvient
à la mairie de Saumur le 12 août ; les suivants
sont longs à venir, mais le rythme s'accélère
en octobre-novembre, puis se maintient à la cadence assez
régulière de sept morts par mois. Un employé
municipal tient un petit cahier fortement raturé, qui
transcrit au jour le jour les avis reçus par télégramme,
parfois par téléphone ou par lettre du commandant
de l'unité ê (2). Comme
les communes périphériques sont moins bien reliées,
les avis passent parfois par Saumur et compliquent la comptabilité.
Au total, à la fin des combats, 356 noms d'habitants de
la ville sont portés comme morts et 64 comme disparus.
Dans cette dernière catégorie, il peut se produire
d'heureuses corrections, quand, trois ou quatre semaines plus
tard, la Croix-Rouge internationale annonce que l'intéressé
est dans un camp de prisonniers en Allemagne. Une première
liste de prisonniers, dressée en mai-juin-juillet 1915,
comporte déjà 21 noms.
Un vocabulaire spécifique est mis en place.
Seulement « tués à l'ennemi »
au début de la guerre, les soldats, les blessés
décédés ou les malades morts en service
commandé sont déclarés « morts
pour la France » à partir de la loi du 2 juillet
1915. Une circulaire ministérielle vient régir
l'ajout de cette mention marginale sur les registres d'état
civil.
Le cinéma aime représenter des maires
de la campagne, vêtus de leur tenue de cérémonie,
venant annoncer une mauvaise nouvelle à une famille qui
comprend dès leur apparition. Cette image est trompeuse
pour Saumur, où les élus ne se chargent pas eux-mêmes
de cette pénible mission. C'est habituellement un brigadier
de police qui s'en occupe. Dans une circulaire aux maires du
9 janvier 1915, le préfet Edmond Fabre recommande aux
autorités de faire ces annonces avec tous les ménagements
et les égards désirables. Ses ordres n'ont pas
toujours été exactement appliqués. La procédure
la plus indigne que j'ai rencontrée concerne le soldat
Marcel Mouquet, habitant au Petit Puy :

Les avis de décès ne paraissent
pas dans la presse locale. Mais dans certains cas se déroule
une cérémonie solennelle, par exemple pour le sergent
François Mayaud, cousin et gendre du maire, décédé
dans un hôpital auxiliaire de Tours et enterré à
Saumur le 3 mai 1917. Malgré tout, les nouvelles circulent
vite dans une petite ville ; l'ampleur des pertes est connue
par la population. Un bilan sera dressé au chapitre suivant.
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4) De fortes contraintes
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Comme tout le pays, Saumur vit sous le régime
de l'état de siège, qui restreint les libertés
individuelles et donne les pleins pouvoirs au préfet et
aux autorités militaires. Localement, les commandants
d'armes exercent leur autorité avec une grande roideur
et prennent parfois des décisions ridicules en matière
de censure de presse.
Bons patriotes, les Saumurois n'ont pas grand chose
à redouter. A l'inverse, les étrangers, à
plus forte raison s'ils sont ressortissants de pays ennemis,
même s'ils sont francophiles, sont considérés
comme des suspects et traités d'une manière indigne.
Au prix de longues recherches, j'ai pu faire l'historique du
camp d'internement des étrangers improvisé à
Saumur du 10 août au 2 octobre 1914, premier maillon de
la longue chaîne des camps de concentration du XXe siècle.
D'une façon générale, ces temps sont
sans pitié. La « brutalisation »,
chère à l'historien américain George Mosse,
est souvent perceptible.
Les élus sont également mobilisés
et soumis à de fortes contraintes. Le maire Louis Mayaud,
tout récemment
élu à la suite d'une crise municipale, semble
très mal à l'aise au cours de cette guerre. Il
est accablé par de lourdes obligations municipales, alors
qu'il continue à diriger son entreprise ( qui marche
mal ). Il doit travailler en étroite liaison avec
des fonctionnaires républicains, qu'il n'apprécie
guère et qui sont trop laïcs, alors qu'il a trois
filles religieuses. Il doit appliquer des mesures totalement
contraires à sa philosophie libérale, réquisitionner
des bâtiments, réglementer les prix, obliger les
commerçants à afficher leurs tarifs, distribuer
des tickets de rationnement, normaliser la prostitution, collaborer
avec les Américains et même voir ses ouvriers en
grève.

Il subit en outre une perte importante en la personne
du sergent François Mayaud, qui était à
la fois son gendre ( époux de feu sa fille aînée
Marie-Louise ) et son cousin ( le fils de Fernand Mayaud
- ce mariage réunifiait les deux branches du clan ).
Le maire répond souvent sur un ton peu aimable au surabondant
courrier que lui adressent les autorités civiles et militaires.
Dans la pratique, le premier adjoint, Joseph Vidal-Poisson
assure le plus gros de la paperasserie administrative. Il est
bien épaulé par Jean Delfau, le secrétaire
général de la mairie, qui, avec un personnel peu
nombreux, exécute une énorme tâche, alourdie
par le passage à une économie dirigée.
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5) Une forte mobilisation humanitaire
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Les autorités sont solidement épaulées
par des bénévoles, appartenant surtout à
la Croix-Rouge & (3).
Douze lieux d'accueil s'ajoutent à l'hôpital
général pour soigner les malades et les blessés.
Ils ont des statuts différents : hôpital auxiliaire
( n° 6 et 105 ), hôpital temporaire ou hôpital
bénévole. Ils offrent près de 1 200
lits et reçoivent plus de 12 000 patients. Ces nombres
ne sont pas minces. Un véritable corps d'infirmières
de guerre est mis en place. Débordés à la
fin de 1914 et en 1915, les hôpitaux locaux baissent de
régime au cours des années suivantes. Voir dossier
abondant et illustré.
Quelques jours après les premiers blessés,
arrivent des convois de réfugiés, qui finissent
par représenter 2 000 personnes. Les pouvoirs publics
leur accordent des allocations et des bénévoles
les aident à se loger. Cependant, la ville n'a pas de
travail à leur proposer et s'efforce de les réorienter
vers les campagnes voisines, qui réclament de la main
d'oeuvre. Des vieillards de l'hospice d'Ivry viennent s'y ajouter,
car Paris se débarrasse de ses bouches inutiles. Franchement
débordés, les Saumurois accueillent sans chaleur
la nouvelle vague de réfugiés qui reflue au printemps
et à l'été 1918.
La Société de Secours aux Blessés
Militaires ouvre également l'abri-cantine de la gare,
qui fonctionne de décembre 1917 à février
1919. Son utilité était évidente :
de nombreux soldats rôdaient dans le quartier de la gare
en attente d'un train, et ils y causaient parfois du scandale.
A l'abri, ils trouvent un coin pour dormir et ils sont réveillés
à l'heure de leur train. On leur sert des boissons chaudes
et des collations pour un prix léger. Un homme et une
femme de la société assurent une permanence nocturne ;
ils accueillent en moyenne 110 soldats par jour.
Autre oeuvre d'assistance à signaler :
le Comité de Secours aux Prisonniers de Guerre, animé
par deux personnes très actives, envoie 683 colis aux
captifs retenus en Allemagne.
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5) Un contexte de plus en plus difficile
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Les associations caritatives doivent aussi secourir
des Saumurois, qui, en nombre croissant, sont sans emploi, souffrent
de la montée des prix et de la pénurie des vivres.
En juin 1917, une grève massive et à rebondissements
témoigne de la dureté des temps. Les services publics
fonctionnent de plus en plus mal. La ville n'est nullement un
havre de paix et de prospérité situé loin
du front.
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GRANDEURS ET MISÈRES
D'UNE VICTOIRE |
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7) Un moral élevé
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Malgré une situation plus difficile qu'on
pourrait l'imaginer, les Saumurois sont bons patriotes et gardent
un moral plutôt élevé, à l'exception
de deux périodes de fléchissement, à l'été
1914 et de juin 1917 à août 1918. Dans ces périodes
difficiles, les courants pacifistes ne se manifestent pas. Tout
au contraire, des propagandistes, parfois un peu exaltés,
se démènent pour animer des conférences,
des soirées théâtrales, des tombolas et des
" journées ", qui rapportent un peu
d'argent et qui surtout réchauffent l'ardeur patriotique.
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8) L'arrivée en force des Américains
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Nous abordons maintenant un fait d'une grande
importance locale, curieusement tombé dans l'oubli :
à partir de septembre 1917, une école d'artillerie
américaine s'installe dans les locaux de l'école
de cavalerie ; prenant vite de grandes dimensions, elle
forme environ 4 000 officiers à une cadence accélérée.
Le camp américain de Villebernier, spécialisé
dans les transports ferroviaires, héberge plus de 2 000
hommes. L'arrivée massive de cette armée, qui dispose
d'énormes moyens techniques et financiers, perturbe en
profondeur la petite ville provinciale et secoue son économie.
Elle émoustille femmes et filles et sème inquiétude
et jalousie parmi les notables locaux.
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9) Victor Boret, ministre
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Dirigeant d'une importante entreprise
de graines de semence, plutôt dur avec son personnel, Victor
Boret ( voir éléments
biographiques ), élu député de
Loudun, est un proche de Clemenceau et un spécialiste
reconnu des questions rurales, sur lesquelles il publie de nombreuses
études. Il dirige le ministère de l'Agriculture
et du Ravitaillement dans le second cabinet Clemenceau, du 16
novembre 1917 au 20 juillet 1919. Il s'agit d'un poste de premier
plan à une époque où la pénurie alimentaire
se fait menaçante et où le gouvernement impose
des cartes de rationnement.
Le bilan du ministère est bon ; quelques historiens
attribuent ces succès plutôt à l'action d'Ernest
Vilgrain, le sous-secrétaire d'Etat au Ravitaillement,
très lié aux milieux d'affaires et membre influent
du comité Mascuraud. Victor Boret est vivement attaqué
à la Chambre ; on lui reproche des liens étroits
avec Léon Collin, « le roi de l'avoine »,
ou l'autorisation d'importer des mistelles ( des moûts
additionnés d'alcool ). Le débat repose sur
un différend plus profond : Victor Boret est un défenseur
acharné d'une France paysanne formée de petits
propriétaires ; afin de maintenir ce qu'il considère
comme la base de la nation, il souhaite des prix élevés,
afin d'encourager la production ; il se trouve donc accusé
de favoriser la cherté de la vie. Mis en minorité
sur ce point, il préfère démissionner du
cabinet. Il a donc été ministre pendant 20 mois
et bat le record de durée des ministres saumurois.
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10) Le 11 novembre 1918
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La nouvelle de l'armistice surprend plutôt
une population, qui ne s'attend pas à un dénouement
aussi rapide. Le maire reçoit le télégramme
adressé à toutes les communes : « Veuillez
faire sonner à toute volée les cloches de toutes
les églises de votre commune. Veuillez faire pavoiser
aux couleurs alliées tous les édifices publics
et les faire illuminer » ê (4).
Les grandes réjouissances populaires n'ont lieu que le
samedi 16 novembre ; le général Halna du Frétay,
commandant d'armes, met 30 hommes à la disposition du
maire pour la retraite aux flambeaux, qui part de la place du
Roi-René à 20 h.
Entre temps, le Conseil municipal s'est réuni le
13. Il évoque le souvenir de ses deux membres morts pour
la France, Robert Gratien et Victor Desgranges, et il vote à
l'unanimité une adresse de reconnaissance à Georges
Clemenceau. Belle manifestation de l'Union sacrée.
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11) Une cassure entre deux siècles
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Un bilan détaillé de ces quatre
années chargées sera dressé dans le chapitre
suivant. Contentons-nous de quelques observations pour conclure
sur les événements.
- Cette période correspond au plus grand brassage
enregistré jusqu'ici dans la population française.
A Saumur, les mobilisés partent ; ils sont remplacés
par des réfugiés, des blessés, de nouveaux
soldats en séjour et des militaires américains.
Ces mouvements massifs, qui correspondent chacun à plusieurs
milliers de personnes, ont dû modifier les mentalités.
- L'importance croissante des femmes dans la société
a été entrevue par les contemporains, qui relèvent
avant tout le rôle des infirmières et des auxiliaires
bénévoles et qui constante la féminisation
de l'enseignement ( sept femmes au collège de Garçons
au lieu d'une seule avant la guerre ).
- Débordée par ses tâches administratives
et en difficulté financière, la ville ne peut guère
que traiter les urgences. Ses actions à plus long terme
sont rares. Elle prépare la gestion de l'héritage
du comte Lair ;
elle achève la nouvelle poste et loue l'ancienne, le 6
août 1915, au Crédit de l'Ouest, le soumissionnaire
le mieux disant ; elle décide de transformer l'ancien
champ de foire en jardin public : le 25 juillet 1918, elle
rebaptise l'ensemble " place Verdun ", mais
les aménagements ne sont exécutés que sous
l'Occupation.
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