Les associations culturelles et sportives dans l'Entre-deux-guerres

 

1) La culture élitiste

a) Autour de la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois. Voir l'historique de cette association. Ses activités les plus prestigieuses sont les grandes conférences littéraires, prononcées par les célébrités du moment et suivies par un nombreux public à la salle Carnot, au tarif élevé de 8 F l'entrée, ainsi que ses expositions d'artistes saumurois, à l'occasion desquelles des familles présentent des trésors inconnus.

b) Autour du théâtre. Beaucoup d'opérettes et quelques opéras sont donnés par la troupe du Grand Théâtre d'Angers ; le répertoire se renouvelle peu et s'en tient à une douzaine d'oeuvres qui reviennent d'une manière cyclique. Les tournées Charles Baret présentent des succès de la précédente saison parisienne, relevant habituellement du boulevard et interprétés par quelques comédiens célèbres. Pour le standing et pour les scolaires, une pièce de Molière est représentée chaque année.

c) Le Groupe espérantiste de Saumur, très actif dans les années 1900, ne se manifeste plus.

2) Calendrier des fêtes populaires

- Une foire d'hiver ou foire Saint-Nicolas présente ses manèges sur la place de la République et le départ du quai Mayaud. Elle finit par émigrer vers la place Verdun.
- Des défilés se déroulent à la Mi-Carême et à la Fête des Fleurs, sous la tutelle du Comité des Fêtes.
- La foire des Récollets se tient à l'époque des Rameaux, place Verdun et dans le quartier de Nantilly.
- Les cérémonies du 14-Juillet sont une affaire municipale. Dans les années 1920, les attractions sont surtout aéronautiques. En 1922, Georges Cormier, originaire de la ville, s'envole à bord d'un ballon, qui se déchire en altitude et qui redescend soutenu par « le plus grand parachute du monde » ( A.M.S., I 8 ). En 1928, toujours avec Georges Cormier, est organisé un rallye-ballon, plusieurs ballons s'envolant en même temps depuis la place de la République. Le programme du 14 juillet 1927 est plus modeste :

8 h : distribution extraordinaire aux indigents,
9 h : revue des troupes,
10 h à 11h30 : fête de gymnastique, place de la République,
14h30 à 17h30 : concert au théâtre,
14h30 à 17h30 : courses au vélodrome,
21 h : illuminations, concert au kiosque,
22 h : bal public, place de la Bilange.

 Le 14 juillet 1939, le 150 ème anniversaire de la prise de la Bastille est célébré par des cérémonies plus importantes. Une fête spéciale pour les écoliers est donnée au Jardin des Plantes. André Mussat, alors professeur d'histoire au Lycée David d'Angers, a rédigé des textes historiques. Une artiste célèbre, Renée Bourgeon, du Théâtre de l'Odéon, vient déclamer des vers de Barbey d'Aurevilly, d'Edmond Rostand et de Paul Fort.

- Les " Fêtes de Saumur " se déroulent ensuite. Le Carrousel est donné sur quatre séances très suivies, fin juillet-début août. Il est encadré par le Concours du Cheval de Guerre et par les courses de Varrains, du Breil et de Verrie.

- Canonisée en 1920, Jeanne d'Arc devient l'objet d'un culte exceptionnel ; son nom est accordé pendant un temps à l'école maternelle de la rue Chanzy et même à une clinique d'accouchement. Le cinquième centenaire de sa venue à l'abbaye de Saint-Florent donne lieu à plusieurs manifestations, à un numéro spécial de la S.L.S.A.S. et à une fête exceptionnelle le 15 juillet 1929, dans les rues et sur la carrière du carrousel, fête décrite dans treize cartes postales éditées par Blanchaud ; cliquer sur ce lien pour voir les principales ( éventuellement, autoriser le contenu bloqué ).

3) Une sociabilité catholique

 Sous le titre de Conférence Saint-Thomas d'Aquin, un cycle de causeries hebdomadaires se déroule 10 rue Courcouronne ( cercle Saint-Nicolas ) sur des thèmes religieux et philosophiques. Pour un plus large public, le Comité Saumurois des Conférences de l'Ouest organise salle Carnot des séances animées par des personnalités connues dans la mouvance catholique.

 Tout le monde s'adonne au théâtre amateur pendant l'hiver, les collégiens, même les dames de la Croix-Rouge, les membres de la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois ou le Parti Social Français. Cependant, les patronages paroissiaux s'y adonnent avec une particulière intensité. Les représentations données à Notre-Dame du Fort sont particulièrement réputées. Il n'y a pas assez de dimanches pour caser toutes les séances. A la salle Carnot, des représentations sont données par les jeunes gens et par les jeunes filles de Saint-Nicolas. A Nantilly, les jeunes gens de Saint-Joseph donnent des spectacles et les jeunes filles du patronage Notre-Dame se lancent dans le lyrique. Deux séries de spectacles également à la Visitation. L'Oeuvre de la Miséricorde organise aussi des séances récréatives. Les jeunes filles des Syndicats féminins catholiques montent aussi sur les planches. Les comptes rendus sont toujours élogieux.

4) Les sports pratiqués

a) La Société Nautique de Saumur, la plus vieille association sportive de la ville ( fondée en 1885 ), s'adonne à l'aviron et organise chaque année des régates, en liaison avec une équipe militaire, en principe le 14-juillet. La société est désormais associée au Sporting Club de Saumur, car elle pratique l'aviron l'été et le rugby l'hiver ( d'après l'histoire de la S.N.S. par Yves Savariaud ).

b) Les sports liés à l'Ecole de cavalerie. Les sports équestres sont animés par les sociétés des Courses de Saumur, des Courses de Varrains, des Courses de Verrie, la Société des Courses au Trot. Une équipe militaire de polo joue sur le terrain du Breil dans les années 20 et encore en 1936. Des équipes d'escrime fonctionnent à l'Ecole et dans les collèges.

c) Cyclisme. Pour l'histoire des clubs, voir Les débuts du cyclisme. Pour notre période, le Moto-Vélo-Sport annonce son réveil en 1928 ; le vélodrome de la Loire, peu entretenu, est progressivement abandonné ; le Vélo-Sport Saumurois organise surtout des courses sur route sous la direction de son deuxième président, Georges Perrin, marchand de cycles au 47 rue du Portail-Louis ( Jean-Yves Hureau et Jean-François Nicault dans L'Anjou, n° 13, été 1991 ). Départ d'une course sur la place de la Bilange dans les années 1930 :

L'Anjou, n° 13

d) L'aviation. La Ligue aéronautique de Saumur est constituée le 7 mai 1931 ; ses adhérents, des deux sexes, s'engagent à fournir « huit heures de travail gratuit par mois en rapport, avec leurs possibilités et leurs compétences ». Le but premier de l'association est de provoquer la création d'un terrain d'atterrissage à Saumur. Ce qui est réalisé sur l'initiative de la Chambre de Commerce. En 1938, plusieurs associations animent les lieux ; la Ligue aéronautique, présidée par Guy Menant, ancien député de la Mayenne, possède deux avions, pratique des baptêmes de l'air et initie ses adhérents au pilotage ; le 20 décembre 1938 est constitué l'Aéro-Club de Saumur, probablement successeur du précédent ; il est présidé par Alfred Partant, pilote de ballon sphérique ; il associe à ses activités les Aiglons saumurois, club de jeunes qui pratiquent l'aéromodélisme.

e) Le tennis. Le Tennis Primerose, qui est mixte, dispose de courts à l'entrée du stade Millocheau. Le Tennis Club de Saumur est implanté quai Mayaud, près des Ardilliers.

f) Les sports d'équipe de masse. Les matches se déroulent sur le stade Millocheau, terrain privé mis à la disposition des patronages par plusieurs actionnaires, sur le stade de l'Ecole de cavalerie ( alors situé entre l'infirmerie et la clinique vétérinaire ) et, à partir de 1932, sur le stade municipal d'Offard. Le « football association » est de loin le plus pratiqué. Les grands clubs de la ville mettent en ligne plusieurs équipes réparties sur plusieurs divisions. S'y ajoutent l'Indus Sport saumurois, Saint-Louis Sport, l'Ecole de cavalerie, l'Ecole du Train. Le basket est surtout la spécialité de l'Union athlétique saumuroise. Le rugby fait des apparitions temporaires, quand il est pratiqué par le Sporting Club de Saumur, par Saint-Louis et par les Indus. Le même Sporting Club pratique le hockey pendant quelques années. Quelques démonstrations de hand ball sont signalées, mais il n'existe pas d'équipes permanentes.

g) La gymnastique et l'athlétisme. La Jeanne d'Arc obtient de bons classements nationaux. L'Union athlétique saumuroise aligne une section masculine et une section féminine. Une société de Marche organise des épreuves en 1939.

h) La boxe. Le Boxing Club saumurois fonctionne de 1929 à 1939 ; il organise ses combats à la Villa Plaisance, entre Bagneux et Saint-Hilaire-Saint-Florent. Le Ring saumurois apparaît en décembre 1936 et il obtient un équipement spécialisé au stade municipal.

 Dans cette longue énumération, il ne manque guère que la natation. Une baignade est organisée sur le stade municipal, dans le bras des Sept-Voies : le gardien du stade fait office de maître nageur, mais aucune équipe structurée n'apparaît. La vie associative est déjà abondamment fournie.

 

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