La découverte de l'Occupation

 

Vendredi 21 juin 1940

Photo probablement prise par un soldat allemand

 Installation de la Kreiskommandantur, ornée par un immense drapeau, dans l'hôtel de la Paix, rue Dacier.

 Les Allemands installent à la hâte une passerelle au-dessus de la troisième arche du pont Cessart ; cette passerelle s'écroule, en même temps que s'effondre la deuxième arche.

 

 Toute circulation est interdite de 22 h du soir à 5 h du matin ( selon l'heure de Paris ).

Samedi 22 juin

 Le Petit Courrier reparaît, sans aucune rubrique sur Saumur. Le journal reconnaît qu'il ne reçoit plus de télégrammes et ne dispose d'aucune information ; à la place de l'éditorial, un communiqué de l'Oberkommando der Wehrmacht, qui relate les opérations militaires allemandes.
 

Dimanche 23 juin

 Le Petit Courrier : la signature d'un armistice est vaguement évoquée ; ordre signé Braemer, général et commandant du territoire occupé, de remettre aux autorités allemandes les radio-émetteurs pour amateurs. « Tous ceux qui contreviennent à cet ordre seront arrêtés sur-le-champ et fusillés. »

 La ville étant privée de liaisons, deux Comités de Défense des Sinistrés sont constitués, celui du nord dès le 23 juin. Peu après, les deux groupements publient l'appel suivant conservé aux Archives municipales :

A.M.S. Affiche du 24 ou 25 juin
 

Lundi 24 juin

 La brigade de gendarmerie, qui s'était repliée à Parthenay, regagne Saumur, sous les ordres du capitaine Royer.
   

Jeudi 27 juin

 Après la réparation des pompes, remise en route du service d'eau dans le quartier sud, les faubourgs du nord devront attendre le rétablissement des ponts.
 Le pont de bateaux construit par le Génie allemand vient d'être achevé.
     

Vendredi 28 juin

 Date officielle de la reprise des classes dans l'enseignement primaire.
  

Samedi 29 juin

  Appel des élus aux habitants des quartiers nord :

Péroche, planche 29
   

Mardi 2 juillet

 Le Petit Courrier publie une carte figurant la zone libre et la zone occupée.
   

Jeudi 4 juillet

- Réapparition d'une courte rubrique sur Saumur dans le Petit Courrier ; par petites annonces, des réfugiés recherchent des membres de leur famille.
- Parution du Journal officiel bilingue, auquel la mairie doit s'abonner. Voici le n° 1 ( A.M.S., 5 H 22 ) :

N°1 du Verordnungsblatt, A.M.S., 5  H 22

   

Vendredi 5 juillet

- L'heure allemande devient officielle.

- Le Petit Courrier publie la photo des monnaies allemandes circulant en France. Les magasins affichent une planche en couleurs de ces billets, dont voici un extrait :

Tableau des monnaies allemandes en circulation

 Un mois plus tard, le sous-préfet affirme que « cette monnaie est bien accueillie par les particuliers et les commerçants, qui font l'échange normal à la Banque de France ». Cependant, le taux de change fixé arbitrairement à 20 F pour un Reichsmark était usuraire ; en juin 1940, à la bourse, ce Reichsmark ne valait que 12 F ( Raymond Marchand, Le Temps des restrictions. La vie des Angevins sous l'Occupation, Cheminements, 2000, p. 113 ). Favorisés par ce taux de change favorable, qui leur rend les marchandises peu chères, les soldats allemands se ruent dans les boutiques et procèdent à des achats personnels massifs. La succursale de la Banque de France de Saumur n'a pas assez de billets français pour procéder à l'échange, elle détient un stocks de marks qui équivaut à 13 millions de F.
     

Dimanche 7 juillet

  Avis de la Kommandantur du Maine-et-Loire : l'affichage des prix est obligatoire, car des soldats allemands ont été victimes de « spéculations inadmissibles ».
   

Mercredi 10 juillet

 Du 10 au 27 juillet, les autorités d'occupation opèrent un premier recensement des voitures de tourisme.
  

Vendredi 12 juillet

 Premier Conseil municipal de l'Occupation :
- Le maire « adresse ses condoléances émues aux familles des victimes et son salut cordial à la population civile, qui a fait preuve de courage et de calme pendant les événements tragiques du 18 au 20 juin ».
- Les déblais et débris du bombardement seront jetés dans la Boire Quentin.
- Le propriétaire d'une maison située à l'angle de la rue Dacier et de la rue Cendrière est invité à démolir son immeuble qui constitue un danger public.
- Vote d'un crédit de 100 000 F pour l'alimentation des prisonniers militaires français internés à l'Ecole de cavalerie, à titre d'avance remboursable par l'Etat.
- Les communications téléphoniques intérieures sont rétablies à Angers. M. Pichard souhaite que le maire demande à la Kommandantur la remise en marche du téléphone à Saumur.
- « Plusieurs trains sont rétablis dans diverses directions, mais ne peuvent être employés que sous certaines conditions. »
- « Sur ordre de la Kommandantur, les agents de police devront être pourvus de bâton blanc et d'une baïonnette. Il leur est interdit pendant leur service, alors qu'ils sont revêtus de leur tenue, de pénétrer dans les cafés pour y consommer. »
- Sanctions, allant jusqu'à la révocation, contre quatre employés de la ville qui ont quitté Saumur sans autorisation au cours des combats de juin.
   

Mardi 16 juillet

- Le préfet envoie au sous-préfet le texte de la convention d'armistice ( qui constituera le code de fonctionnement administratif ).
- L'électricité est revenue à Saumur, mais le gaz ne peut pas fonctionner, car la canalisation passant par le pont Cessart n'est pas rétablie.
- L'essence est vendue à 4,95 F le litre à Angers, à 8,50 le litre à Saumur ( environ 4 euros actuels ).
   

Jeudi 18 juillet

 - L'Artistic Cinéma reprend ses séances en présentant une féerie musicale intitulée " Rosalie ".
- Parmi les petites annonces du Petit Courrier : « DAME, sachant l'Allemand, désire un emploi ».