Karolus, monogramme de Charles le Chauve, imité par un scribe de Saint-Florent (A.D.M.L., H 1836)

 

 

Chapitre 5 :

 L'intégration dans la France capétienne
    ( 1203 - 1337 )

1) Une conquête facile

Dossier 1 : La prise de Saumur 

 Les violents conflits familiaux qui déchirent les Plantagenêts et ensuite, les forfaits de Jean sans Terre donnent la part belle au roi Philippe Auguste, qui s'empare de Saumur, apparemment sans coup férir, en avril 1203. Ce passage définitif dans la mouvance directe des Capétiens constitue une étape essentielle.

 

 L'ADHÉSION AUX CAPÉTIENS

  

2) Comment organiser les nouvelles conquêtes

 

Dossier 2 : Un nouveau découpage pour l'Anjou ?

 Les limites du comté d'Anjou sont devenues incertaines depuis les conquêtes fulgurantes des siècles précédents«(1). Les terres annexées par les rois de France seront-elles restructurées selon les limites traditionnelles des pagus gallo-romains ? Diverses décisions donnent à penser que Philippe Auguste, Louis VIII, puis Louis IX ont projeté de faire naître une nouvelle entité regroupant la prévôté de Saumur avec la sénéchaussée de Loudun, l'ensemble dépendant de Tours et non plus d'Angers, qui ne conserverait que la partie occidentale de l'ancien comté. Cette période aux structures fluctuantes dure jusqu'en 1246.
    

3) La guerre sur deux fronts

 

 

Dossier 3 : La nouvelle enceinte du château
  

 Pendant cette période, les guerres se poursuivent, et sans cesse sur deux fronts. De même qu'aux siècles précédents, Angers est la place anti-bretonne et Saumur un verrou contrôlant la route du Poitou et de l'Aquitaine.
 Après avoir repris Angers sur les Bretons de Pierre Mauclerc, la reine Blanche de Castille transforme la ville en une place impressionnante : un château pouvant accueillir une armée entière et renforcé par dix-sept tours, une enceinte urbaine longue de 3,8 km, gardée par sept portes fortifiées. L'ensemble de ces travaux est terminé dès 1242.
 Le renforcement de Saumur est moins spectaculaire. Toutefois, dans le premier tiers du siècle, l'ancien donjon roman est entouré par une courte enceinte flanquée de quatre tours rondes. Tâchons de voir pourquoi et quand ?
      

4) Quand les Saumurois deviennent-ils français ?

 

Dossier 4 : Les Saumurois et la France

 Ces premières années du XIIIe siècle correspondent à l'entrée définitive de Saumur dans l'orbite capétienne. En suivant le goût actuel pour l'histoire des mentalités, nous allons chercher à savoir comment les Saumurois ont accueilli leurs nouveaux maîtres.
 Sûrement sans enthousiasme pour les deux grandes abbayes, très liées aux Plantagenêts ; beaucoup mieux par les seigneurs de la région. Mais au cours du siècle, l'habileté des rois ( tous intelligents, à l'exception de Philippe le Hardi ) et la loyauté de leurs représentants locaux ont entraîné l'adhésion des populations locales : une série d'indices ténus mais concordants permet d'avancer que les Saumurois se sont sentis français à partir du XIIIe siècle, ce qui explique leur attitude fidèle pendant la guerre de Cent Ans.
    

5) Fêtes de chevalerie

 

 

 

Dossier 5 : La Nompareille, texte et commentaires

 

Vous entendez peut-être une Pastourelle de Thibaud de Blaison (site de C. Brassy)

 Jusqu'ici, parmi la classe dominante, nous n'avons guère rencontré de ces seigneurs vivant selon l'idéal du chevalier chrétien, ne combattant que pour des causes justes et défenseurs de la veuve et de l'orphelin, tels que nous les présentent l'Eglise médiévale ou les historiens légitimistes du XIXe siècle. Ils apparaissent enfin avec la nouvelle dynastie, avec ses croisés, avec ses agents apparemment équitables, ou en tout cas mieux contrôlés.
 Une des plus célèbres manifestations de cette société chevaleresque est la fête donnée par Louis IX en l'honneur de son frère Alphonse de Poitiers, adoubé à Saumur en juin 1241. A la condition toutefois de bien saisir la signification de cette imposante cérémonie, baptisée " la Nompareille "´(2) et dossier 5.
 Parler de chevalerie amène à évoquer les troubadours, sans pour autant surévaluer l'importance de cette civilisation qui reste marginale. Le Saumurois a son troubadour, Thibaud de Blaison, seigneur de ce dernier lieu et de Mirebeau, et aussi sénéchal du Poitou. En relations avec Thibaud de Champagne, il nous a laissé treize chansons célébrant la nature et l'amour courtois, et jamais la guerre ( † 1229 ).

 

 LES TENTATIONS MÉDITERRANÉENNES

   

6) L'apanage, une rupture ?

 En mai 1246, Louis IX accorde à son plus jeune frère, Charles, l'apanage de l'Anjou et du Maine ´(3), selon les dispositions du testament de son père. La province est donc clairement réunifiée et réorientée vers le nord, tout en reprenant une certaine marge d'autonomie. Cette pratique des apanages a trouvé des défenseurs affirmant qu'elle aurait adouci l'intégration de provinces nouvellement conquises. Ce n'est guère convaincant pour l'Anjou. Dans la réalité, instruits par les révoltes des siècles précédents, les rois ont avant tout cherché à calmer les impatiences des frères puinés, à une époque où le principe d'indivision du royaume était encore contesté.
 Cela d'autant plus que Charles 1er d'Anjou est un personnage remuant, débordant d'ambition et d'audace &(4). Il se lance, lui et ses successeurs, dans de grandes aventures italiennes et orientales, grands rêves qui vont aussi hanter la seconde Maison d'Anjou.
 Parmi ces princes toujours absents, certains suivent attentivement la vie de leur comté, comme Charles 1er, qui échange une correspondance quasi quotidienne sur les affaires d'Anjou &(5). L'apanage connaît alors une période de réelle autonomie, autant en raison de la forte personnalité de Charles que de la médiocrité du nouveau roi de France, Philippe III le Hardi. Une administration commune gère alors l'Anjou et le Maine, pratiquement unifiés.
 Les choses changent avec les princes suivants qui se désintéressent des affaires françaises, s'en tenant à quelques nominations essentielles. Le roi Philippe le Bel, ses légistes et ses officiers font alors la loi dans les deux comtés et continuent de les intégrer dans le domaine capétien.

 Vu de Saumur, le bilan des comtes apanagistes s'avère bien décevant : les terres angevines envoient de fortes sommes pour financer leurs expéditions lointaines : ainsi, pour les années 1271-1275, 95 000 livres tournois au bas mot sont fournis par l'Anjou et le Maine &(6) ; également, en 1290, Charles II le Boiteux reconnaît une dette de 1410 livres contractée par son père et ses gens auprès des religieux de Saint-Florent.
 Dépenses sans résultats durables : la dureté des Angevins entraîne, en 1282, le massacre des Vêpres Siciliennes, qui sonne le glas de leur domination sur le sud de l'Italie. Les autres conquêtes sont sans lendemain. De ces aventures méditerranéennes, il ne survit que des titres ronflants, comme le titre, acheté, de roi de Jérusalem.
    

7) Aventures lointaines

 L'Anjou n'envoie pas seulement des capitaux : des hommes, surtout des cadets de famille, partent en nombre tenter leur chance en Italie méridionale. Parmi eux, deux membres de la famille d'Avoir et Jean Payen ( probablement saumurois ) font partie des chevaliers de Charles 1er. Thibaud de Saumur x atteint une certaine renommée en qualité d'architecte et maître d'oeuvre des rois de Sicile.
 Dans les longues listes de croisés n'apparaît aucun combattant saumurois, mais seulement un archevêque, diplomate et administrateur, Gilles de Saumur, dit Gilles de Tyr x, qui devient le garde des sceaux de Saint Louis.
 Moins aventureux, les pèlerins de l'Ouest se rendant à Saint-Jacques de Compostelle peuvent passer par Saumur. Selon d'anciennes cartes, une route secondaire partant de Caen rejoint la ville, via Le Mans. L'entrée nord serait jalonnée par la chapelle Saint-Jacques, construite à la Croix Verte ( mais qui n'apparaît qu'au XVe siècle ) ; ensuite, un hébergement serait offert au lazaret, près du Pont-Fouchard «(7), et, en cas de maladie, dans l'hôpital des Passants installé dans l'ancienne maison de Gilles de Tyr. Le trajet se poursuit vers Loudun pour rejoindre le grand camino francés à Poitiers. Tel est l'itinéraire théorique. Avouons toutefois que nous n'avons trouvé aucune trace locale de passage de pèlerins en route pour Compostelle, à l'exception de Léon de Rozmital.

 

 UN SIÈCLE DE CONSOLIDATION

     

8) Saumur place commerciale et financière

Dossier 6 : Les juifs de Saumur

 Les foires demeurent très fréquentées, au point que leur gardien, Pierre Dorée, juge les halles d'Henri II trop petites : il projette de reconstruire à neuf des halles voisines et en espère un revenu supplémentaire de 60 livres par an ê(8).
 Saumur est aussi une place financière, ce qui nécessite la présence d'une active communauté juive, à une époque où les chrétiens ne peuvent pas pratiquer ouvertement le prêt à intérêt. Une liste établie vers 1233 énumère 30 prêteurs juifs, dont quelques femmes, installés à Saumur ê(9).
 Ces usuriers, Charles 1er tente de les mettre en concurrence avec des marchands italiens qu'il autorise à ouvrir à Saumur une maison de change et à y prêter de l'argent. Les suites immédiates de cette initiative sont inconnues ; les suites lointaines sont catastrophiques : en 1289, Charles II brise toute activité financière en expulsant hors d'Anjou les Juifs, et aussi les Lombards, les Cahorsins et tous ceux qu'on peut qualifier d'usuriers.
 Le dynamisme de la ville a sûrement souffert de cette mesure d'intolérance. Désormais, seul l'abbé de Saint-Florent peut prêter ses capitaux, bien sûr sans intérêt apparent, mais contre remise d'un gage.
    

9) Les ponctions financières 

 Les comptabilités du temps, même fragmentaires, montrent l'alourdissement des prélèvements publics &(10). Outre le revenu des terres et des péages comtaux, la justice est d'un bon rapport. Elle est rendue au pénal par un sous-bailli, qui représente à Saumur le sénéchal d'Anjou. Au moins quatre fois par an, les assises jugent en appel les causes tranchées par un officier seigneurial ou par un juge comtal de rang inférieur ; elles infligent surtout des amendes, qui finalement donnent un produit élevé : pour la seule journée du lundi 7 octobre 1325, leur total s'élève à 237 livres, 17 sous, 6 deniers ê(11).
  La châtellenie de Saumur, c'est-à-dire l'ensemble des revenus liés au pouvoir et à la justice, représente un montant élevé : quand Philippe de Valois la constitue en douaire pour son épouse en 1313, il lui garantit une rente d'au moins 5 000 livres tournois ê(12).

 Du côté des dépenses, les principaux débits n'ont rien de commun avec les charges de service public d'un Etat moderne. La prévôté ( une justice inférieure ) verse d'importantes rentes annuelles à quelques grands barons du voisinage qui ont prêté hommage-lige au roi de France «(13). En outre, des sommes importantes, nous l'avons vu plus haut, partent financer les entreprises italiennes des princes apanagés.

 Le circuit des richesses ne correspond plus au schéma classique du premier âge féodal, les paysans alimentant directement leurs seigneurs et leurs clercs. Désormais, pour Saumur et ses environs, les campagnes, en général prospères - à part un hiver rigoureux en 1235 et une famine l'année suivante - sont ponctionnées par les bourgeois de la ville, par les agents du comte résidant à Saumur et par les deux grandes abbayes. C'est ensuite la ville, qui, à partir de taxes multiples, entretient le monde princier et aristocratique. Egalement, les clercs ne gardent plus l'intégralité des revenus de leurs terres et de leurs dîmes, ils sont obligés de consentir des décimes au trésor royal.
 C'est l'esquisse maladroite du système des impôts qu'on verra s'épanouir au siècle suivant.
     

10) La stagnation

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Général de division Pierre Garrigou Grandchamp, « Notes sur l'architecture civile de Saumur aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles », numéro spécial du Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, 2006.

 Saumur a connu une " beau XIIe " débordant d'initiatives et de réalisations riches d'avenir. Le XIIIe assimile et consolide tout au plus ces nouveautés. Dans les années 1265-1278, le grand pont de bois est entièrement reconstruit en pierre par l'abbaye de Saint-Florent. Mais c'est le seul grand chantier du siècle. Pas d'églises nouvelles passé 1220, pas d'éclosion de nouveaux faubourgs, pas de nouvelle enceinte urbaine comme en construisent alors les grandes villes«(14).
 Tout au plus peut-on discerner un renforcement de la densité urbaine. Jusqu'alors, les actes localisaient les maisons en référence à de grands ensembles, comme " les Bilanges " ou " le bourg de Nantilly ". Au XIIIe siècle apparaissent les noms d'îlots minuscules qui résultent d'un découpage des quartiers précédents : la Cendrerie, les Hautes et les Basses Perrières, le Bourdigal, l'île de la Poissonnerie, la Bretonnerie ( actuellement, avenue Courtiller ). Une maison située " sur les ponts " est dans l'île d'Offard «(15).
 Ces minuscules quartiers se limitent à une rue principale et à quelques ruelles adjacentes. C'est déjà une terminologie de grande ville et des noms individualisés de grandes rues peuvent apparaître «(16).
 Autres indices : quelques loyers nous sont sont parvenus et ils semblent lourds : ainsi, six livres et demie pour un ensemble de deux hôtelleries. Un registre de censives parle à plusieurs reprises de maisons neuves au faubourg de Nantilly ê(17).
 Enfin, les vestiges archéologiques de constructions civiles des XIIIe et XIVe siècles fournissent d'autres indices. Une conférence novatrice de Pierre Garrigou Grandchamp apporte des éclairages inédits sur les édifices civils locaux avant la Guerre de Cent Ans. Elle dresse un corpus de 30 bâtiments existants ou scientifiquement analysés. Ils sont construits en tuffeau, preuve que le bois n'est pas aussi omniprésent qu'on l'affirmait jadis. « Le type des maisons saumuroises des XIIe, XIIIe et XIVe siècles était donc un édifice bâti en pierre de taille, à un seul corps de logis barlong, comportant un étage et une cave ; il dispose un pignon en front de rue, aligné avec ceux des maisons contiguës et plutôt large ( la majorité mesure plus de 6 m de front ). » La présence de caves voûtées constitue une caractéristique notable ; dans trois cas, ces caves sont en liaison directe avec la rue, elles ne seraient donc pas à seul usage domestique, mais joueraient un rôle économique extérieur.
 Le secteur le plus densément bâti couvre l'actuelle place Saint-Pierre et ses abords et s'étend vers le sud jusqu'à la rue Lecoy ( figure 5a ). Cependant, des vestiges sont observés sur les deux grands axes de développement de la ville, dans un sens, depuis Nantilly jusqu'à la rue Juive, sur l'axe ouest-est depuis les Halles, situées auprès du Chardonnet, jusqu'à la rue Raspail. Dans la plupart des cas, les altérations profondes subies par les édifices laissent ouverte la question de leur destination : des résidences familiales, plutôt de familles de notables, ou bien, bâtiment à destination publique, comme je le crois pour l'aumônerie, le grenier à sel ou les écuries ducales.
      

11) Le nouveau couvent des Cordeliers

 Disciples de saint François d'Assise, les cordeliers ou franciscains font partie des ordres mendiants, qui ne possèdent pas de terre ni de revenus fixes, qui prêchent dans les rues, mélangés au reste de la population, et qui affirment qu'on peut faire son salut en vivant dans le monde. En somme, une pensée et une pratique religieuse qui sont l'antithèse de celles des bénédictins et qui rencontrent un large écho au XIIIe siècle, ainsi que l'appui du pouvoir royal.
 Les cordeliers s'installent très tôt à Saumur. Avant 1226, selon une source du XVIIe siècle ê(18) ; en tout cas, avant 1258 ê(19). Est-ce parce que l'une de leurs missions était la conversion et le contrôle des juifs, si influents à Saumur ?
 Comme partout, ils s'implantent au coeur de la ville, à Saumur, sur un grand terrain situé au chevet de l'église Saint-Pierre. Selon B. Roger, ils auraient succédé à une commanderie de Templiers «(20) ; plus vraisemblablement, ils se sont installés sur un espace marécageux conquis sur la Loire.
 L'installation des cordeliers suppose l'existence d'une élite de notables en accord avec leur sensibilité et prêts à assurer leur subsistance, car ces ordres mendiants vivent, non pas de revenus ruraux, mais de dons fournis par les habitants des villes. Leur nombre constitue un test pour les historiens, qui établissent un rapport avec l'importance de la population urbaine : alors qu'Angers parvient à entretenir cinq ordres mendiants, les cordeliers demeurent seuls à Saumur jusqu'en 1604 «(21), ce qui caractérise une petite cité.
    

12) Une église gouvernée par l'évêque

 Le titre semble d'une naïve évidence. Pourtant, jusqu'alors, l'abbé de Saint-Florent et le clergé qu'il nommait dirigeaient la vie religieuse de la cité et de ses environs. En cas de litige, ils en appelaient directement à Rome ou aux légats pontificaux.
 Dans les années 1241-1247, un conflit à rebondissements oppose l'abbé de Saint-Florent à l'évêque d'Angers : ce dernier oblige l'abbé à participer aux synodes diocésains, mais il ne parvient pas à imposer son autorité sur le territoire exempt de Saint-Florent le Vieil.
 A partir du XIIIe siècle, l'évêque d'Angers commande dans la ville de Saumur. Il y fait appliquer les décisions des grands conciles de la chrétienté. Afin de préciser des points concrets, cinq conciles de la province de Tours sont réunis à Saumur ( dont l'un à Saint-Florent ) &(22). Ils décident par exemple que jour et nuit une lumière brillera dans les églises. Ils rappellent que les excommuniés ne peuvent ester en justice, gérer leur patrimoine ou faire un testament : dans cette société qu'on appellerait aujourd'hui "intégriste", ils sont en état de mort civile. Enfin, en 1294, un concile vote une décime ´(23) demandée par Philippe le Bel.
  Le diocèse est solidement structuré. Saumur et son "arrondissement" ont à leur tête un archiprêtre ou doyen, qui a peu de pouvoir sur le clergé local, à part un droit de préséance ; au-dessus, vient l'archidiacre d'Outre-Loire, le véritable chef, doté de pouvoirs judiciaires et résidant à Angers.
 Egalement, l'évêque tire de Saumur des revenus appréciables. Chaque année, l'abbaye de Saint-Florent lui verse un droit de procuration de 30 livres. En outre, il perçoit un péage sur l'une des portes de la ville et une taxe sur le pain vendu par les boulangers hors de leur boutique, le tout représente en moyenne 125 livres par an ê(24).
   

13) Faible succès du gothique de l'Ile-de-France 

 La chapelle Saint-Jean, achevée vers 1220 dans le plus parfait style Plantagenêt, marque la fin des grandes constructions religieuses.
 Aux XIIIe et XIVe siècles, des croisées de transept sont rebâties et quelques travées supplémentaires ajoutées aux monuments existants. C'est désormais le gothique de l'Ile-de-France qui est au goût du jour, mais, mal enraciné dans la région, il est exécuté avec froideur.
 Les temps changent : désormais, on construit des ponts, des châteaux et des murailles...