Pierre Huet

 

1) Un jeune ajusteur communiste

 Né à Saint-Hilaire-Saint-Florent le 7 juillet 1913, Pierre Huet travaille comme ajusteur à la capsulerie du Pont-Fouchard. Marié en 1939, il habite 30 rue de Lorraine et il manifeste une grande ardeur dans les défilés de l'époque du Front populaire. Il est considéré comme communiste, bien qu'il n'apparaisse dans aucune des listes de l'avant-guerre. Mobilisé, il fait la campagne 1939-1940.

2) Le réseau Georges-France, groupe 31

 Le réseau Georges-France, groupe 31, fondé par des anciens combattants, est né dès le début de l'Occupation, implanté surtout sur la côte occidentale de la Bretagne et agissant dans deux domaines, les évasions de prisonniers et les renseignements sur les fortifications allemandes. Il travaille en liaison avec l'Intelligence Service et sans contacts avec la France libre. Marie-José Chombart de Lauwe est un de ses membres les plus connus. Le réseau n'a pas d'orientation politique marquée. Cependant, ses principaux dirigeants sont membres de la S.F.I.O., en particulier Maurice Daniel, chargé de la surveillance de l'aérodrome de Château-Bougon, et l'avocat Alexandre Fourny, adjoint au maire de Nantes, fusillé parmi les otages de Châteaubriant le 22 octobre 1941.
 Selon des recherches menées par la municipalité ( A.M.S., 5 H 40 ), Pierre Huet s'engage dans ce réseau en mai 1941. Ou bien en juillet de la même année, selon la citation à l'ordre de l'armée qui lui accorde la croix de guerre avec palme. Quelle que soit la date précise, c'était à une époque où les communistes locaux ne faisaient rien contre les Allemands. Impatient d'agir, Pierre Huet entre ainsi dans un réseau qui n'a aucun lien avec le parti communiste ; il fait parvenir au groupe de nombreux plans et des renseignements sur les troupes allemandes de la région ( d'après le texte de sa citation ).

3) La condamnation à mort

 Le réseau Georges-France, infiltré par un agent double, est démantelé à partir de ses échelons supérieurs. Pierre Huet est arrêté à la suite d'une perquisition à son domicile le 29 octobre 1941 ( A.D.M.L., 303 W 292 ). Il est détenu pendant un an à la prison de Fresnes. Il est jugé par un tribunal militaire, en compagnie d'un grand nombre de membres de son groupe. D'après son avocat allemand, il est condamné à mort pour espionnage, le 12 novembre 1942 et il est passé par les armes au Mont-Valérien le 27 novembre suivant, à l'âge de 29 ans.
 Il écrit à son épouse une dernière lettre touchante, dont voici quelques passages : « Aujourd'hui 27 novembre 1942, jour terrible, non pas pour moi, mais pour toi, mon amour. Sois heureuse, je le veux. Adieu, ma chérie, mon Amour, ma dernière pensée sera pour toi. (...) Mon exécution aura lieu à 4 heures. Il est 2 heures, ma main ne tremble pas. Pardon à tous et adieu... » ( texte complet dans Marnot, p. 131 ).
 Suivant son conseil, son épouse s'est remariée. Sans descendant direct, sans parti et sans organisation pour célébrer sa mémoire, Pierre Huet est tombé dans un injuste oubli.

 

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