Le maquis de la Bouchardière

 

1) Un petit maquis improvisé

 A la recherche d'un jeune pupille de Saint-Hilaire-de-Roiffé en cavale, cas très fréquent, les gendarmes français observent une fumée s'élevant au-dessus du pittoresque château en ruines de la Bouchardière, situé à Saint-Cyr-en-Bourg, en lisière de la forêt de Fontevraud. Le 29 novembre 1942, le capitaine Royer monte une expédition forte de 11 gendarmes et appréhende deux individus, alors que quatre autres parviennent à s'enfuir ( A.D.M.L., 18 W 70, 34 W 2, 97 W 25 ).
 Le petit groupe s'était installé dans les caves intactes du château ; armé, il possédait trois revolvers avec leurs cartouches, un pistolet, un poignard et une longue-vue. Il s'agissait bien d'un groupe d'action, qui avait coupé des câbles à la hauteur de Brézé, sur la voie ferrée Saumur-Montreuil.

2) Un groupe de réfractaires au S.T.O.

 Selon le rapport de gendarmerie, les jeunes gens travaillaient à la réfection du pont de Langeais et s'étaient enfuis, parce qu'ils venaient d'être désignés pour partir au S.T.O. C'est donc le premier groupe de réfractaires qui se transforme en maquis armé et actif dans la région. Comment avaient-ils atterri de Langeais à la Bouchardière ? Avaient-ils quelques contacts locaux susceptibles de les ravitailler ? C'est probable, mais on n'a aucune réponse à ces questions. Leurs chances étaient minces de rester longtemps ignorés dans cet endroit situé à 1,5 km d'un gros village et près de vignes fréquentées.
 Appartiennent-ils à un mouvement plus ample ? Dans leur campement, les gendarmes trouvent " le Franc-Tireur ", un journal dépendant de Libération-Sud, et " France d'abord ", organe des Francs-Tireurs et Partisans français, proches du Parti communiste. Par ses méthodes de lutte immédiate, le petit groupe reprend les méthodes du P.C.F. Les sabotages expliquent sans doute l'intervention des gendarmes français, qui n'étaient nullement aiguillonnés par les autorités allemandes.

3) Les deux prisonniers

 Par recoupements, on trouve quelques éléments sur les deux jeunes hommes arrêtés pour association de malfaiteurs. L'un s'appelle Francis Véron, 22 ans, ouvrier boulanger à Bourgneuf-en-Mauges ( où une rue lui est dédiée ) ; interné à Romainville, il est déporté à Mauthausen, où il décède le 16 mai 1944. L'autre est un ouvrier mouleur de Nantes, âgé de 26 ans, de nationalité polonaise et au nom qui varie selon les rapports : Jean Kornezewski, ou Kornazewski, ou Konarzewski. Quoiqu'inconnu, son sort n'a pas dû être meilleur.

 

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