1) L'offensive anglaise
Références pour tout le dossier :
Jean FROISSART,Chroniques, t. VII, 1878, notes précieuses
par S. Luce.
Chronique normande du XIVe siècle, 1882, p. 190-200.
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Partie d'Angoulême en septembre 1369, une forte
armée anglaise, renforcée par des seigneurs poitevins,
vient attaquer l'Anjou, commandée par le comte de Pembroke
et Hugh Calveley ; elle regroupe 600 cavaliers et 1800 fantassins.
Selon les dires de Froissart, les environs de Saumur sont aussitôt
« pris, brûlés, détruits et dévastés ».
Le village de Bagneux est en ruines. Il en est de même
du prieuré de Distré, mais lui, il a été
détruit par les Français, parce qu'il était
fortifié et qu'il aurait pu servir d'abri aux adversaires.
L'abbaye de Saint-Florent, sous le coup d'une menace immédiate,
se renforce en urgence : des lettres patentes de Charles V, du
24 novembre 1369, l'autorisent à se fortifier, mais elles
viennent en réalité légaliser un état
de fait.
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2) Saumur encerclé
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Vers l'ouest, des bandes bretonnes sont installées
à Cunault ; plus loin, dans l'abbaye de Saint-Maur fortifiée,
s'est établie une petite troupe anglaise commandée
par Cresswell, qui rançonne les alentours. Au nord, dans
la forêt de Monnaye, l'abbaye du Loroux est occupée
depuis 1357 par une autre bande britannique.
Ces menaces sur le flanc septentrional donnent un rôle
important à la bastille qui surveille l'entrée
du pont de la Croix Verte et qui est commandée par Olivier
Joudouin. Ce dernier consolide le fortin en faisant abattre une
maison appartenant à l'abbé de Saint-Florent et
en la remplaçant par d'autres murs ( Procès du
31 janvier 1368, A.D.M.L., H 2111 ).
La ville est confiée à Robert de Sancerre,
qui a reçu d'importants renforts, environ 600 hommes,
amenés en particulier par le capitaine Jean III de Bueil,
un parent de la famille des comtes de Sancerre.
Des gens d'armes sont hébergés dans la basse
cour du château : pour se chauffer, ils brûlent
les boiseries de l'auditoire de justice. Le château est
alors en plein chantier : en catastrophe, une de ses tours en
cours d'aménagement est transformée en barbacane.
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3) Un raid nocturne
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Finalement, malgré leur supériorité
numérique, les troupes anglaises, éparpillées,
ne lancent pas d'attaque frontale contre Saumur ; elles préfèrent
mettre la région en coupe réglée.
Apprenant que Pembroke s'est installé avec 500 hommes
dans un village non fortifié, à Verrue, près
de Monts-sur-Guesne, les Français lancent à partir
de Saumur une expédition nocturne et surprennent la bande
ennemie dispersée dans ses logis. Les combats se déroulent
en pleine rue. L'effet de surprise joue en faveur des Français.
Pembroke ne peut sauver que 80 des siens et se réfugie
avec eux dans une maison forte.
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4) L'arrivée de Bertrand du Guesclin
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Nommé
connétable le 2 octobre 1370, du Guesclin a remporté
une franche victoire sur les Anglais de Robert Knollys, à
Pontvallain. Il reprend ensuite tout le pays baugeois, et, en
particulier, l'abbaye du Loroux.
Il entre dans Saumur le 6 décembre 1370 et il met
d'abord ses troupes au repos. Il fait célébrer
une cérémonie en l'honneur du vieux maréchal
de France Arnoul d'Audrehen, qui, lassé d'être affecté
à la garde des portes de Paris, avait repris du service
actif et venait de décéder à Saumur.
A son tour, du Guesclin lance des opérations-éclairs.
Il poursuit jusqu'à Bressuire une bande anglaise en fuite
qui avait traversé la Loire à Saint-Maur. Il massacre
la troupe en entier et reprend la ville.
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5) Un autre hiver de combats
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Finalement, il quitte Saumur pour Paris au début
de 1371, mais il laisse des troupes dans la place sous le commandement
d'Olivier de Clisson ( qui porte alors le titre de lieutenant
du roi et qui deviendra lui aussi connétable ). Ce dernier
a reçu l'ordre de harceler en permanence les ennemis et
il est assisté par des capitaines réputés :
Alain et Jean de Beaumont, Olivier de Mauni et Guillaume le Baveux.
Apprenant que Moncontour est assiégé par
les Anglais de Robert Knollys, du Guesclin quitte Paris, passe
par Blois et parvient à Saumur le 5 septembre. Il amène
des renforts et surtout, il apporte des fonds à Olivier
de Clisson, qui peut enfin verser les soldes à ses capitaines
et à leurs compagnies ( Archives Historiques du
Poitou, t. XX, p. 288-289 ). C'était là
un préalable à la reprise des offensives. Mais
il fallut encore attendre l'arrivée d'autres troupes parties
de Tours. Finalement, Moncontour est dégagé...
Cependant, malgré les succès remportés
à partir de la place de Saumur, l'insécurité
demeure. Par exemple, en 1372, des ennemis s'infiltrent dans
le quartier des Ponts et y volent les chevaux d'un marchand.
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Au cours de ces trois années de combats rapprochés,
Saumur s'est révélé une base solide, si
bien que le trouvère patriote Cuvelier ( Chronique
de Bertrand du Guesclin, t. II, édition de 1839,
p. 216 ) couvre la ville d'éloges :
« Bertran, parti de Blois, à
la voie s'est mis ;
Parmi Saumur passa, une ville
de pris :
Ceulx ont esté tousjours
bons François par avis. »
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