Les nouvelles fortifications urbaines

L'enceinte du faubourg des Bilanges

D'après une gravure de la B.N.F., Ge DD 584 Ce plan unique des fortifications entourant le faubourg de la Bilange est orienté vers l'ouest ( B.N.F., Ge DD 584 ). On reconnaît en bas les anciennes murailles des XIVe-XVe siècles et l'hôtel de ville des années 1508-1527. Estimant ce flanc de la ville bien mal défendu, Duplessis-Mornay fait murer la Porte Neuve et, dès qu'il obtient de nouveaux subsides, il entreprend d'enclore le faubourg Saint-Nicolas à partir de 1592.
 La nouvelle enceinte part en retrait de la tour Grenetière, dont les canons surveillent les abords. A l'entrée de l'actuelle rue du Portail-Louis, une porte étroite est construite en pierres de taille, de même que le Portail Henry situé à l'extrémité de la rue Saint-Nicolas.
 Le reste se réduit à quelques buttes de terre rejoignant la Loire en aval de l'actuelle place Kléber. A la fin du siècle suivant, Bernard de Haumont ( p. 50 ) voit encore quelques vestiges de cette enceinte, « lesquels bastions ne furent pas mis à leur perfectionnement, faute de finances, et depuis se sont ruinez, faute d'entretien ». Déjà, sur le plan manuscrit de 1621, il ne subsistait plus que quelques traces de cette enceinte.

 

L'enceinte de la Croix Verte

D'après une gravure de la B.N.F., Ge DD 584 Sur cette autre partie du plan gravé au burin ( B.N.F., Ge DD 584 ), l'île Neuve est anormalement réduite et le bras de la Croix Verte élargi. La vieille bastille du XIIIe siècle et ses ponts-levis, déjà consolidés au début des guerres de religion, sont renforcés à nouveau dès 1589.
 Dans les années 1615-1616, le faubourg de la Croix Verte est entouré par une solide enceinte, précédée par des fossés mis en eau, percée par trois portes encadrées par des tenailles. Cette nouvelle fortification contrôle la circulation sur la levée et interdit l'approche de la ligne de ponts.
 Un expert en fortification, écrivant pour la propagande royale en 1621, insiste sur la puissance de cette enceinte : « Ceste place est de grande garde, à cause de ses fauxbourgs. Celuy de la Croix Verte est assis en lieu plain, où le terrain est fort bon. La fortification parachevée. Les fossez larges, profonds et pleins d'eau, qu'on ne peut espuiser. Le terrain est facile à creuser : mais à deux pieds de profond, l'on y rencontre l'eau, parce que de ce costé le pays est bas ». Autrement dit, creuser des tranchées de circonvallation et d'approche serait chose malaisée ( " Discours véritable des raisons qui ont porté sa Majesté à tenir l'ordre qu'il a suivy, à forcer les places qu'il a assubjetties en l'Année 1621 ", s.l.n.d., B.N.F., cartes et plans, Ge.DD.584 ).
  En raison de sa qualité et de son importance stratégique, l'enceinte de la Croix Verte est totalement rasée dès 1623 ; il n'en subsiste aucun vestige, à l'exception de quelques barraudes, quelques grosses pierres de taille, disséminées dans les maisons du quartier.

 

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