NOM ACTUEL : place de l'Arche-Dorée
 

 QUARTIER : Portail-Louis Arche-Dorée
   

Premières dénominations : Arche Dorée ( 16e siècle ) XVIIe-XVIIIe siècle : promenade de la Douve

1794-1818 : place de l'Alliance

XIXe-XXe siècle : "place de la Gendarmerie" et "place de l'Arche-Dorée".  

 Ce curieux nom a fait couler des flots d'encre. Pour l'arche, il n'y a aucune hésitation : un petit pont enjambait la boire, correspondant à la rue Seigneur et amenant de l'eau aux douves entourant les murailles.

 Léon Rolle évoquait "l'orée" du bois de la Chouetterie. Cependant, l'écriture " arche d'Orée " n'apparaît qu'exceptionnellement et le bois de la Chouetterie n'apparaît nulle part, la rue étant habitée depuis fort longtemps.
  J'ai aussi trouvé " l'Orée " désignée comme " l'entrée de la ville ". Dans les faits, les rues de la Chouetterie et de Poitiers sont très anciennes. Cette explication va en outre à l'encontre de l'habitude de désigner les lieux à partir du centre de la ville, et non en regardant à partir de la campagne.
 Dans La Nouvelle République du 27 mai 2006, les responsables du service infanto-juvénile Winnicott expliquent l'appellation de leur " Maison d'Orée " par l'existence d'un ruisseau de ce nom se jetant dans le Thouet. Et par des jeux de mots dignes de Lacan, ils en tirent une symbolique sur la notion de frontière et de lieu d'échanges. L'ennui, c'est que ce ruisseau appelé " l'Orée " n'apparaît nulle part ; et il coulerait à contresens. Espérons que nos aventuriers de la toponymie sont plus sérieux en matière de psychiatrie !

 La désignation à partir d'un nom de famille correspond bien mieux aux habitudes locales et à l'écriture " Dorée " qui est de loin la plus fréquente. De fait, une puissante famille Dorée existe à Saumur et j'ai vérifié qu'elle possédait plusieurs maisons dans le quartier. On trouve, en 1276 et 1281, Pierre Dorée, bourgeois de Saumur, garde des foires de l'Anjou ( Actes de Charles 1er, n°1011 ) ; Perrin Dorée en 1307 ; Jehan Dorée en 1364, puis en 1431, etc... Constructeur, propriétaire ou voisin de ce ponceau, un Dorée lui a laissé son nom, et sans doute aussi au " Bois Doré ", situé au-dessus des Ardilliers.

N° actuel

CURIOSITÉS

Ancienne Gendarmerie, aujourd'hui siège de la Mission locale PLIE - Sur l'emplacement de préaux de l'ancienne prison, l'architecte départemental Ferdinand Lachèse construit, à partir de 1834, une vaste gendarmerie aux proportions monumentales. Voir la prison et la gendarmerie. Abandonnée vers la fin des années 1960.

Le monument national à Delessert
 Le 23 septembre 1934, la Caisse d'Epargne de Saumur célèbre son centième anniversaire. Camille Charier, le vice-président de la caisse, lance en octobre 1930 le projet d'élever un ensemble monumental à la gloire de Delessert et de l'Epargne ( voir chapitre sur Delessert, député de Saumur et historique de la Caisse d'épargne ). Les sculptures sont commandées à René Grégoire, saumurois d'origine, grand prix de Rome, professeur à l'Ecole nationale des Arts décoratifs, très apprécié pour ses médailles ( 1871-1945 ). Jean Hénin, ingénieur-architecte de la ville, contrôle la construction effectuée par l'entreprise Chauvelin.
 Toutes les caisses d'épargne de France sont sollicitées à trois reprises ; 360 envoient une participation ( dont Paris, 3 000 francs ), si bien que l'établissement de Saumur doit seulement fournir un appoint de 9 717, 49 francs pour régler le coût total de 160 549, 49 francs. Ce monument prend donc une dimension nationale.

 

Maquette de la statue en bronze de DelessertLe monument à Delessert
 

 

              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Au sommet, la statue de bronze, haute de 2,10 mètres, représente Delessert relisant son testament, par lequel il lègue à 3 000 ouvriers la somme de 150 000 francs en bons d'épargne.

Haut-relief en marbre de Carrare

 

 Sur le socle, un haut-relief en marbre de Carrare, haut de 1,80 mètre, figure un ouvrier encourageant son fils à aller déposer à la caisse d'épargne la pièce qu'il tient dans sa main gauche. Cette curieuse création fait un peu penser au réalisme socialiste de l'Union soviétique...
 Quatre bas-reliefs en bronze évoquent quelques étapes de la vie de Delessert.


 Le monument fait un îlot isolé au centre de la place de l'Arche-Dorée, emplacement qui n'enthousiasme pas la municipalité. Au fond, apparaissent le temple protestant et, en face, les maisons de la Morinière, aujourd'hui détruites.

 

 Les abondants discours, les menus des banquets, les itinéraires des visites sont reproduits dans un recueil de 126 pages, imprimé par Girouard et Richou : " Monument élevé à la mémoire de Benjamin Delessert, 23 septembre 1934, 1818-1934 ". La date de 1818 correspond à la fondation à Paris de la première caisse d'épargne, sur l'initiative de Delessert. Les présentes photos sont tirées de cet ouvrage.

 La statue et les quatre plaques de bronze ont été enlevées par une entreprise française, selon les exigences des occupants allemands, en février 1942. Le monument a donc orné la place pendant moins de dix ans. Afin de calmer l'opinion, le Petit Courrier du 2 mars suivant annonce que la statue sera remplacée par une statue en pierre exécutée par le même Grégoire. Il ne s'est rien passé.
 En 1945, la municipalité envisage de reconstituer la statue, mais elle a des tâches plus urgentes. En 1951, Madame Simon-Grégoire, fille du sculpteur, écrit à la ville pour lui demander de restaurer l'oeuvre paternelle ( A.M.S., 1 M 5 ). Cependant, la ville de Saumur aime manifestement peu la statuaire monumentale ; en 1956, la municipalité décide de réaménager la place et de détruire purement et simplement le socle. La grande stèle en marbre est mise à la disposition des Caisses d'Epargne. Qu'en ont-elles fait ? En tout cas, elle n'est pas conservée au Château.

 
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