NOM ACTUEL : r. Beaurepaire
 

 QUARTIER : Bilange - Saint-Nicolas
   

Premières dénominations : Voie ancienne, longtemps sans nom particulier, car elle est semi-rurale et en marge du quartier Saint-Nicolas. XVIIe-XVIIIe siècle : rue du Chêne-Vert, en raison d'une hôtellerie implantée en face de l'actuelle rue Daillé.
 En 1656, le
collège des Oratoriens est transféré dans le quartier ; son entrée correspond à la rue Daillé, ce qui lui apporte le nom concurrent de rue du Collège.
 L'unité de la voie ne paraissait pas évidente, car elle n'était pas rectiligne ; son extrémité du côté du Chardonnet porte parfois d'autres dénominations. En 1607, la " rue tendant du Pau-Cordier aux Chardonnetz " ( A.D.M.L., H 2 908 ) correspond à un tronçon, qui se poursuit en biais vers le Chemin Charnier, l'actuelle avenue du Breil. On trouve aussi la "rue du Marché-au-Vin", à cause de la destination d'un bâtiment des anciennes halles médiévales. Ou encore la "rue des Casernes", nom qui apparaît ici en 1781 ( A.D.M.L., C 118 ), après la construction de l'Ecole de cavalerie, alors qu'on le trouvait auparavant auprès de l'église Saint-Nicolas.

Fin 1792 : rue Beaurepaire, première apparition d'un personnage célèbre dans la toponymie locale.

1818-1905 : Héros peu contesté, Beaurepaire survit à toutes les purges, mais sa rue est élastique ; en 1818, elle s'arrête au " cul-de-sac de la Mare-Maillet ". A l'inverse, la " rue Beaurepaire prolongée " est le premier nom de la rue Dacier.

 NICOLAS BEAUREPAIRE ET SAUMUR

 Engagé en 1757 dans le régiment des Carabiniers, Beaurepaire effectue des séjours à Saumur et quitte son corps avec le grade de capitaine, belle réussite à cette époque pour un soldat sorti du rang. " Nicolas de Beaurepaire " fait partie des officiers qui souscrivent pour la construction de la salle de spectacle de Saumur. Elu commandant du Premier bataillon de Volontaires du Maine-et-Loire, il est entouré d'un nombre élevé de jeunes engagés saumurois. Parmi eux, Louis Lemoine, ancien sous-officier d'infanterie, est le commandant en second. Il nous a laissé une relation tardive de la mort de Beaurepaire, récit qui est contesté. Il est en tout cas certain qu'en septembre 1792, le bataillon de Volontaires est encerclé dans Verdun par les Prussiens, sans espoir de tenir bien longtemps. Les habitants de la ville, ébranlés par les bombardements et peut-être par des comploteurs, souhaitent la reddition, que Beaurepaire rejette avec énergie. Dans ce climat, son suicide est probable ; la version de son assassinat nocturne semble plus rocambolesque.
 Sa mort spectaculaire secoue tout le pays ; sa dépouille mortelle entre au Panthéon, et de nombreuses villes, dont Saumur, organisent une cérémonie funèbre en son honneur et donnent son nom à une voie.

N° actuel

CURIOSITÉS

 Les plans d'alignement du XIXe siècle ont entraîné la disparition de la plupart des maisons anciennes. Dans les années 1870-1900 poussent de beaux immeubles richement ornés et au décor composite, combinant les styles troubadour et Renaissance. Les pavés sont recouverts d'une couche de goudron en 1953.

4 - Ancien Café des Arts - La plus ancienne maison de la rue ( 16ème-17ème siècle, intéressante tourelle à l'arrière ). Correspond à une partie de l'hôtellerie du Plat d'Etain, qui est devenue en 1656 une annexe du collège des Oratoriens, servant au logement des pères. Revenu à sa vocation première, l'établissement est très actif dans les années 1900, où il abrite un café-concert. Sa physionomie varie peu, avant d'être bouleversée par une société d'assurances.Café des Arts

      

Le Café des Arts dans les années 1900

 

   

 

 

 

 

 

 

 


5 - Habitation de Louis Raimbault, vétérinaire, bibliothécaire et surtout premier archiviste de la ville, dont il classe avec méthode les documents anciens.

10 rue Beaurepaire

 


10 - Maison modern-style construite en 1909 par Victor-Pierre Brunel. Les lignes sont caractéristiques de la nouvelle esthétique, mais le décor est moins exubérant que celui des immeubles construits à la même époque par H. Jamard. Remarquer les fleurs stylisées du balcon.

 

 

 

 


19, rue Beaurepaire, parties hautes

 

 

19 - Très représentatif de la belle résidence bourgeoise en style troubadour du milieu du XIXe siècle. Le premier étage, au-dessus d'un entresol, est ornementé avec ostentation, sur des thèmes renaissants : pilastres à rinceaux variés, chapiteaux tarabiscotés, niches arrondies abritant des têtes.
Le deuxième étage reprend cette thématique sur le mode mineur.

 

 

 


21 - L'hôtel Massiet, qui était orné de peintures, avait été réquisitionné pendant l'Occupation pour le logement des troupes allemandes. Exproprié par la ville, il est détruit et remplacé par la bâtisse du Crédit Agricole. Deux peintures qui ornaient les dessus de porte de la salle à manger, signées par Louis de Kock, ont été récupérées et font aujourd'hui partie des collections du château ( Saumur en dessins, n° 67 ).


25 - Comité des Fêtes et salle des Congrès, aménagés à la place de l'ancien garage Méhel, qui avait été bombardé par des avions alliés dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944, car des S.S. y réparaient leurs véhicules ( voir récit dans la Seconde Guerre mondiale ).

26, rue Beaurepaire, la Banque de France
Première succursale de la Société Générale

 


26 - Solennelle comme le franc Poincaré, l'ancienne Banque de France occupe tout l'îlot. Auparavant, de petites demeures y abritaient le philanthrope Couscher et le général Lérivint. Plus tard, se tenait au milieu un célèbre atelier de confection militaire tenu par Ernest Martin. Et à côté, la première succursale de la Société Générale, à gauche.
 En 1908, la ville rachète la partie qui est du côté de la rue de la Fidélité, afin d'y installer le bureau auxiliaire de la Banque de France. Le 18 février 1923, le bureau prend rang de succursale ; il achète deux bâtiments voisins et remplace le tout par un immeuble représentatif de sa fonction. L'architecte Henry Jamard construit le bâtiment en deux étapes ( voir le renouvellement bancaire ). Les travaux s'achèvent par l'ouverture au public, le 6 juillet 1926.
 Fermeture le 1er juillet 2005.

 

 

 

 


Sous-préfecture, façade sur la rue Beaurepaire33 - La sous-préfecture. En 1782, Jean-Jacques François, garde de l'artillerie ( encore une belle sinécure de l'Ancien Régime : il doit veiller sur trois vieux canons rouillés installés au Château ), construit une maison avec cour en bordure du Grand Jardin. En 1793, il est exécuté à Tours pour trahison, et sa maison est vendue comme bien national. Elle passe dans une famille de riches négociants, les Bineau-Sébille.
 En 1823, le département l'achète pour 38 000 francs, afin d'y installer la sous-préfecture, qui était nomade depuis 1800.
 Ce n'est plus du tout le bâtiment actuel qui a été reconstruit presque en entier sous le Second Empire, après avoir été recouvert par un mètre d'eau lors de l'inondation de 1856 ( il avait fallu monter les meubles au premier étage ). Le sous-préfet, donnant alors des fêtes princières, avait besoin d'un vaste espace réceptif au rez-de-chaussée, desservi par une galerie donnant sur la cour. Le projet primitif de l'architecte départemental s'inspirait de l'Hôtel du Commandement. Les travaux effectués en 1859-1860 ont pris des proportions plus modestes, mais ils ont donné au bâtiment sa physionomie actuelle, légèrement retouchée par les travaux organisés par le sous-préfet Roimarmier en 1930-1931 ( Jean-Yves Lallart, Les sous-préfets de Saumur. Biographie des 57 sous-préfets de Saumur de Napoléon à nos jours, Feuillage, 2015, p. 58-59 et 102 ).

 


- L'important carrefour avec les rues Chanzy et Gambetta est un aménagement de la fin du XIXe siècle. Auparavant, la voie passait tout d'une traite, en méprisant des petits chemins sans grande importance. La première construction marquante du carrefour est l'hôtel Latrau, que voici côté rue et côté jardin ( Les descendants de Fritz Latrau, avoué et marchand de biens, s'étaient alliés au général de Bouligny et aux familles de Courcy et du Puy ).

Hôtel Latrau, côté rue

Hôtel Latrau

46, rue Beaurepaire

 En 1854, en face de la sous-préfecture, à l'angle de l'actuelle rue Chanzy, est installée la première station télégraphique, dans une petite maison aujourd'hui remplacée. Cet emplacement est choisi en raison de sa proximité avec la sous-préfecture.

 

 

44-46 - Deux belles maisons jumelles en fort retrait, édifiées au milieu du XIXe siècle, réunissant des réminiscences classiques ( les pilastres ) et le décor typiquement saumurois des linteaux de fenêtres finement ouvragés.
 La maison de gauche, qui appartenait alors à Mme Vve de Fos, banquière, était destinée par bail du 13 décembre 1859 à recevoir le bureau local du télégraphe. Le transfert ne s'est pas fait.

 

 

 

 

 

 

Entrée de l'entreprise Combier48 - En 1848, Jean-Baptiste Combier implante sa distillerie à cet endroit, mais l'entrée primitive est sur la rue Saint-Nicolas ( au fond ). Les bâtiments qui s'élèvent le long de la cour remontent, celui de droite à 1880, celui de gauche à 1898.Maison Combier, bassins à mélanger et à macérer L'ensemble est orgueilleusement surmonté par la dernière cheminée de brique de la ville, portant les initiales de James Combier.

La salle des alambics est en avant de la base de la cheminée ; elle conserve de beaux récipients en cuivre remontant aux origines de l'entreprise et toujours en service.

 

 

 

 

Entrepôt de Combier

 En face de l'entrée, James Combier loue, puis rachète les écuries Raguideau. Il les remplace par un vaste entrepôt, dont le style rappelle les chais de Bordeaux et qu'il relie à l'entreprise par une canalisation passant sous la rue.

 


 

 

Angle rue Beaurepaire-rue de Lorraine

 

 

 

 

49 - Immeuble construit un peu après 1901 et signé par l'architecte Bouchard-Bayle : habile mise en valeur de l'angle avec la rue de Lorraine, qui vient d'être rectifiée, et décor Belle Epoque foisonnant de feuillages et de fruits. A l'origine, boutique de tailleurs militaires renommés, L. Remondeau et Marchais, maison fondée en 1909.

 

 

 

 

 

Façade sud du Manège des Ecuyers

 

 

 Les bâtiments de l'extrémité droite de la rue ont leur entrée principale sur la place Charles de Foucauld ou relèvent du Chardonnet, comme le manège des Ecuyers, dont la façade de 1863 démontre la bonne qualité architecturale des bâtiments utilitaires du XIXe siècle.

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