NOM ACTUEL : r. Beulé

 QUARTIER : Violettes Hauts Quartiers

 

 Cette voie récente du quartier des Violettes est de dimensions modestes et son éponyme tombé dans l'oubli.

 Charles-Ernest Beulé naît à Saumur le 29 juin 1826, dans l'ancienne raffinerie de sucre, à l'entrée de l'actuelle rue du Pavillon. Son père, François Beulé-Laurent, entrepreneur des fourrages de l'Ecole de cavalerie, brasse d'importantes affaires, mais fait faillite en 1843.
 Le petit Charles-Ernest suit les cours de l'école mutuelle, puis ceux du Collège communal, mais, dès l'âge de 9 ans, il est envoyé à Paris, au collège Rollin. Il réussit des études exceptionnellement brillantes : entré à l'Ecole Normale Supérieure, il La porte Beulé en contrebas de l'Acropole d'Athènesobtient l'agrégation de Lettres à 22 ans et est nommé à la toute jeune Ecole française d'Athènes. Les pays occidentaux cessent alors leur politique d'elginisme, de pillage de la Grèce antique, et se lancent dans des recherches scientifiques. Beulé commence à dégager l'Acropole, qui avait été transformée en forteresse par les Turcs. Sous un bastion, il met au jour l'ancien chemin des Panathénées qui conduit aux Propylées. L'entrée fortifiée, d'époque byzantine, par laquelle on accède à la ville sacrée s'appelle toujours la " porte Beulé ". On l'aperçoit sur cette diapo, encadrée par deux tours carrées. Beulé publie en 1853 un important ouvrage intitulé " L'Acropole d'Athènes ".

 Il s'intéresse ensuite à Carthage, encore totalement inexplorée, et il recherche l'ancien port comblé, sans résultats convaincants.Peinture par Baudry, lithographie par C. Fuhr
 Archéologue réputé, spécialiste de l'art grec, il devient secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts. Pour son portrait officiel, il pose à côté d'une statue grecque.
 Quand un décret impérial autorise l'envoi vers l'Angleterre des effigies des Plantagenêts conservées à Fontevraud, il met toute son autorité dans la balance afin de conserver les statues en Anjou.

 Charles-Ernest Beulé est brusquement saisi par le virus de l'action politique. D'opinions royalistes, ami de Monseigneur Freppel, il réside en Anjou pendant la Guerre de 1870 et il s'occupe d'organiser des ambulances pour soigner les blessés acheminés par le train. Les élections à l'Assemblée nationale du 8 février 1871 se font au scrutin de liste ; il est élu député de Maine-et-Loire sur la liste conservatrice. A l'assemblée de Bordeaux, puis de Versailles, il est étiqueté comme orléaniste.
 En 1873, le maréchal de Mac-Mahon, formant un gouvernement d'Ordre Moral, dirigé par le duc de Broglie et chargé de préparer le retour du roi, lui confie l'important ministère de l'Intérieur. Beulé s'y montre brutal, révoquant les préfets et les fonctionnaires républicains, préparant la loi autorisant un enseignement supérieur catholique.
 Il n'oublie pas pour autant sa ville natale. Il offre ses publications à la Bibliothèque municipale, il envoie une statue académique pour décorer le petit square aménagé à l'arrière du nouveau Théâtre : Diénécès mourant aux Thermopyles, oeuvre d'Alfred Le Père, grand prix de Rome, figure un hoplite spatiate, compagnon de Léonidas, au-dessus d'un rocher portant le témoignage de son sacrifice. En raison de son admiration pour la Grèce antique, Beulé devait beaucoup apprécier cette sculpture. La statue, quelque peu mutilée, est installée aujourd'hui à l'entrée du Jardin des Plantes.
 Ministre maladroit et violemment critiqué, Beulé se démet de ses fonctions au bout de six mois, le 26 novembre 1873. Déprimé et malade, il se suicide de deux coups de stylet le 4 avril 1874, ce qui paraît un peu bizarre. Ce dernier fait n'est pas alors rendu public, afin de ne pas troubler les obsèques célébrées par Monseigneur Freppel.

 

RÉCIT LIEUX INDEX MÉTHODE