QUARTIER
: Bilange Saint-Nicolas |
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Sans le moindre doute, le nom vient du mot Bilanx, qui devient Bilancia en latin populaire et qui désigne une grande balance caractérisée par un fléau porteur de deux plateaux. |
Exceptionnellement apparaît la "place du Grand-Marché", par exemple chez Bernard de Haumont. |
1794-1808 : place
du Salut Public, |
Depuis 1818 : Retour au nom primitif, que, selon la loi du moindre effort, les Saumurois abrègent souvent en "place Bilange". |
Toute marchandise dépassant 25
livres de masse doit être pesée sur la balance légale,
si elle est mise en vente, non seulement sur le marché,
mais sur tout l'espace de la ville. La redevance exigée
s'élève à un sol pour cent livres de masse,
c'est la taxe de poids-le-roi, qui revient en partie à
l'abbesse de Fontevraud depuis le 20 septembre 1218.
Les négociants ne trouvent pas cette taxe trop lourde,
ils se plaignent surtout de devoir transporter leurs produits
sur une place encombrée et à l'accès difficile.
Ils préfèreraient acquérir contre argent
l'autorisation de détenir une balance à leur domicile,
et quelques uns fraudent... Finalement, la municipalité
rachète à l'abbaye le droit de poids-le-roi en 1759.
La place primitive ne s'ouvrait pas vers
la Loire et entretenait de faibles rapports avec le fleuve par
l'intermédiaire du minuscule "port de la Bilange",
appelé aussi le "port Ronsart", du nom d'une
influente famille d'administrateurs locaux.
Comme
l'ensemble de la cité, la place a constamment glissé
vers l'ouest. A ses origines, elle était plus étendue
sur son versant oriental, atteignant la tour Cailleteau et les
remparts encadrant la porte de la Bilange. Cet espace est constamment
rétréci, comme on le voit sur cet extrait d'un plan
de 1737. Vers 1556 est construit le grand jeu de paume situé
devant la muraille ; les terrains vagues du voisinage sont
allotis à partir de 1615 et surtout après la destruction
de la porte de la Bilange en 1779 ; c'est alors qu'est prolongée
et régularisée la rue
Saint-Jean.
Plus bas, vers l'ouest, le cercle peut représenter l'emplacement
du pilori ( qui attirait tant les badauds ). Au-dessous, l'alignement
correspond aux façades actuelles, alors que vers la Loire,
l'îlot occupé alors par la raffinerie de salpêtre
a été considérablement rogné.
L'ouverture du pont Cessart en 1770 bouleverse la structure, l'orientation et le rôle de cette place. Le plan ci-dessous décrit cette restructuration :

Le grand jeu de paume apparaît en haut, à côté
de la rue Saint-Jean en cours de prolongement. Vers la gauche,
le petit port a été comblé et remplacé
par la culée du pont et les larges quais qui ont considérablement
étiré la place vers le nord. Cependant, la construction
de la salle de la Comédie, puis du Théâtre,
a repris une part de l'espace gagné sur le fleuve. Toutefois,
une halle couverte occupait le rez-de-chaussée de la Comédie,
agrandissant le marché et servant de grenier d'abondance.
Surtout, la place, jusqu'ici mal desservie par quatre rues
étroites, prend une orientation nouvelle en s'inscrivant
au coeur de la nouvelle traversée nord-sud, qui n'est achevée
que vers 1823 avec les nouveaux immeubles de la rue
Franklin-Roosevelt.
Sur le versant occidental, en bas, les démolitions
prévues sont importantes. C'est alors que disparaît
la maison du Pesage, avec sa halle, correspondant à la
lettre A.
Les urbanistes du XVIIIe siècle ont projeté d'aménager une place régulière constituant une majestueuse entrée urbaine. Les travaux ne sont exécutés qu'au débouché de la rue Molière. Par la suite, chaque décennie apporte son lot d'immeubles, contribuant à rétrécir cette place animée, mais plutôt hétéroclite.
Nous connaissons la population de la
place au recensement de février 1790 ( étudiée
par M. Appeau, Anciens élèves des Récollets,
n° 6 ). Bien que l'îlot de la raffinerie de salpêtre
ne soit encore qu'en partie reconstruit, la place compte officiellement
202 habitants répartis sur 45 foyers. Ce nombre est légèrement
exagéré, car les 12 compagnons et commis recensés
n'habitent pas toujours sur place ; une partie loge ailleurs dans
la ville et se trouve compté deux fois.
Le quartier héberge quelques familles qui figurent
parmi les plus riches de la ville : les héritiers
du riche négociant Pierre Blancler-Pupier ou Jean Miet,
entrepreneur des ouvrages du Roi. Pour l'essentiel, soit une quarantaine
de feux, il est occupé par des marchands et par des artisans
qui vendent eux-mêmes leur production. Citons au hasard,
trois cafetiers et un aubergiste ( nous sommes sur une place de
marché ), un seul boulanger, deux apothicaires, deux
horlogers, l'imprimeur Antoine Latour, deux perruquiers, deux
cordonniers, le marchand de faïence Mathieu Lamarche, six
couturières et marchandes de mode...
La place de la Bilange est socialement diversifiée
et manifeste une forte activité, issue de sa fonction marchande.
Il n'est pas surprenant d'y trouver en outre 39 domestiques (
29 femmes et 10 hommes ), employés dans les maisons
bourgeoises ou dans le commerce, et logés sous les toits
dans des soupentes.
En 1913, la plaee offre sur son pourtour huit cafés; complétés par des commerces très variés. Son centre est remodelé à peu près tous les dix ans. Une halte pour le tramway y fait une courte apparition. Les lampadaires, à la fois au gaz et à l'électricité, s'y promènent beaucoup. Voici la place en 1905 :

Vers 1908-1910 ( observer l'imprimerie Roland au départ
de la rue de la Petite-Bilange )

Dans les années 1950, alors qu'elle est décorée
par une petite fontaine :

N° actuel |
AUTOUR DE LA PLACE |
Voir dossier sur les théâtres
15 - Grand immeuble solennel de la fin du XIXe siècle, couvert de moulures, de blasons, de frontons, de fruits et de fleurs.
16 - Maison portant la date de 1731 sur sa lucarne.
17 - Immeuble remontant à 1746 ( date tronquée ).
Par rapport à cette carte postale remontant peu avant 1914, les immeubles ont peu changé. A l'époque " Café saumurois " tenu par Pierre Berteau, la maison d'angle est constamment un estaminet ; le mot "Karcher" désignait alors une bière. Dossier sur l'Hôtel Blancler, construit sur l'emplacement de l'hôtellerie de la Corne.
27 - A l'angle de la place et de la rue de la Petite-Bilange, ce petit immeuble édifié à la fin du XVIIIe siècle a fixé le nouvel alignement des façades.
Angle de la place et du quai Carnot
- L'hôtel Budan, à l'époque de sa
splendeur.
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