NOM ACTUEL : rue de la Boire-Quentin

 QUARTIER : Offard-Millocheau
   

  La Boire Quentin

 Le bras principal de la Loire communiquait avec le bras des Sept-Voies par cette boire envasée et non navigable. Elle a appartenu à une influente famille Quantin ( cette orthographe est plus habituelle ), dont l'existence est attestée à Saumur ; un de ses membres, avocat, est guillotiné à Paris pendant la Terreur ( voir son procès ). En 1827 est mise en vente la maison Quantin, située au bout de la rue Royale, près du nouveau pont.
 La boire est coupée au nord par la construction de ce pont Napoléon, mais elle demeure très allongée. Deux positions divergentes s'expriment sur son devenir. En 1864, des riverains, la veuve Maffray et son gendre, Millocheau-Maffray, demandent à la racheter et à la combler en partie. Plus tard, la Chambre de commerce se déclare aussi favorable au comblement.
 Le maire, Charles Louvet, a refusé, car la boire sert de refuge aux bateaux de Loire en période de crues violentes et, également, lors de très basses eaux ; il souhaite même l'aménager en gare fluviale et il lui donne ce nom ( A.D.M.L., 121 S 86 ). Dans le même sens, John Burnett Stears, le propriétaire de l'usine à gaz, l'utilise comme port pour le débarquement de son charbon et il paie une partie des travaux de raccordement avec le quai du Gaz. En outre, des riverains obtiennent l'aménagement d'une rampe empierrée, qui sert d'abreuvoir pour les chevaux du quartier. Le docteur Simon, hygiéniste, la condamne comme un foyer d'infection, mais, selon lui, la solution n'est pas de la combler, mais, afin de la nettoyer, de la remettre dans le courant, en rouvrant un passage depuis le bras des Sept Voies.

Gouache de G. Laloy, cliché A. Clairand

 

 Cette partie d'une vue de la Loire en 1897-1898 constitue une figuration fort rare du débouché de la Boire-Quentin et de l'usine à gaz

 

 

 

 A la fin du XIXe siècle, les tenants de la Loire navigable mènent un combat d'arrière-garde, la boire n'a plus grande utilité. Sa partie supérieure, Le quartier de la Boire-Quentin vers 1950en arrière de la place du Roi-René, devient un " hottoir municipal ", dans lequel sont accumulés les gravats de la ville. Dans les années 1927-1932, la municipalité charge la société des carrières de Cléré de la combler à moitié et d'aménager le square de la Boire-Quentin, indiqué comme " terrain de jeux ".
 Vers 1944, il en subsiste encore une extrémité. Le plan ci-joint correspond à cette situation. L'urbaniste André Leconte songe à y installer une piscine. Peu après, l'élévation du boulevard Joly-Leterme entraîne le comblement complet de la boire.

 
RÉCIT LIEUX INDEX MÉTHODE