NOM ACTUEL : place Charles-de-Foucauld
 

 QUARTIER : Bilange - Saint-Nicolas
   

 Prolongement élargi de la rue Saint-Nicolas, qui a récemment pris un nom particulier.

 Né à Strasbourg en 1858, Charles de Foucauld de Pontbriand est orphelin de père et de mère, quand il entre à Saint-Cyr sans goût pour la discipline militaire. En octobre 1878, il débarque à Saumur pour accomplir son année de stage. Il n'y fait pas la débauche voyante que certains ont décrite, mais il étonne par son inépuisable fortune, son train de vie et son existence de sybarite : il donne à sa chambre un confort douillet ; de bons traiteurs lui apportent des perdreaux arrosés de vin d'Alicante ; étendu sur sa chaise-longue, il lit dans le texte ses auteurs grecs préférés, en particulier Aristophane.
 Ce stagiaire indolent se désintéresse ouvertement de l'équitation comme de la théorie militaire. Il écope de 45 jours d'arrêts de rigueur pour absence illégale. Il est aussi puni pour avoir négligé de percevoir sa solde. Il termine bon dernier de sa promotion ( 87 ème sur 87 ) et est affecté à Pont-à-Mousson. Pourquoi n'est-il pas alors exclu de l'armée ? D'abord, il descend d'une famille de vieille noblesse remontant aux croisades ; en outre, malgré les apparences, il a l'esprit profondément militaire, comme il le prouvera plus tard en Afrique du Nord.
 La suite ne nous concerne plus : exclusion de l'armée active, exploration du Maroc, retour à la foi, entrée à la Trappe, installation dans l'ermitage de Tamanrasset, où il est à la fois érudit, écrivain mystique, aumônier militaire et défenseur de l'ordre colonial. Il est assassiné en 1916 à l'occasion d'une attaque par des Sénoussistes, des membres d'une confrérie islamiste.
[ Raoul BAUCHARD, Le Père de Foucauld et le Marquis de Morès à l'Ecole de cavalerie de Saumur, brochure de 1947. « Punitions infligées à Charles de Foucauld pendant son séjour à l'Ecole de cavalerie de Saumur », S.L.S.A.S., mars 1998, p. 78-79. Article de Michel Pierre dans L'Histoire, décembre 2006, p. 64-69 ]

N° actuel

CURIOSITÉS

Plan par Pottier, garde du Génie, mai 1827 Sur ce plan de 1827, orienté vers le sud, la place est informe et un peu plus petite qu'aujourd'hui. A noter, en Y, une pharmacie des chevaux - en X, une petite forge, à la hauteur des écuries du Manège - en bas, en T, l'Ecole de Maréchalerie, encore en projet.

Côté nord, vers le bas - Entrée des écuries du Manège, construites en plusieurs tranches à partir de 1827. Voir l'étude générale sur le Chardonnet. Extrémité de la rue Saint-Nicolas, rebaptisée place Charles de Foucailt ( carte postale militaire éditée par A. Gendron )

 

 Maisons du début du XIXe siècle vues sur une carte postale des années 1900

 

 


Côté sud ( vers le haut )- Zone bâtie depuis huit siècles.
 Les halles et leurs annexes construites sous Henri II Plantagenêt occupaient l'ensemble de l'îlot. Les bâtiments, dégradés, servent longtemps pour les foires ; ils hébergent les premiers prêches des Réformés et accueillent aussi l'académie d'équitation de Dupré.

 La nouvelle Ecole de Cavalerie hérite des lieux et y implante :
è son premier manège couvert en 1767, reconstruit en 1863 sous le nom de manège des Ecuyers. Sur ce plan de 1827, l'ancien manège apparaît en haut à droite sur la lette "I".


è une écurie souvent appelée " écurie de Cent-Chevaux " ou "petites écuries", bâtiment étroit et allongé ( en L sur le plan, en haut à gauche ), qui atteignait l'alignement de la rue Saint-Nicolas et dont il subsiste des pans de murs.

è une carrière découverte en "K". Sur cet espace libre, un projet de la fin du XVIIIe siècle prévoit de reconstruire le collège des Oratoriens.

Carrière découverte avant la construction du hangar Bossur

 

 

 A gauche, cette " carrière Marengo " encore dégagée au début du XIXe siècle.

 

 

 

 Finalement, la carrière est recouverte par le hangar Bossut ( du nom de l'officier de cavalerie qui dirigea la première attaque de chars Schneider à Berry-au-Bac en 1917 et fut tué dans l'opération ).
 Ce vaste bâtiment de 66x36 m était nécessaire au Centre des automitrailleuses de cavalerie, installé dans l'ancien atelier d'arçonnerie. Conçu en 1926 par l'ingénieur Dolmans d'Angers, il est élevé par l'entreprise Bonhomme de Tours, qui confie la direction du chantier à Pietro Bellati, son contremaître spécialisé dans les réalisations en ciment ; ce dernier fait venir des compatriotes d'Italie.
 Alors que la construction s'achève, le 24 décembre 1928, vers 15 h, la moitié nord du bâtiment s'écroule soudain sur les 13 ouvriers au travail ( rapport de l'adjudant de gendarmerie Morichaud, A.D.M.L., 1 M 8/172 ). Les pompiers de Saumur, aidés par P. Bellati et le reste de son équipe, s'affairent aussitôt à retirer les victimes. Le préfet envoie en renfort 50 soldats du 6 ème Génie d'Angers. Voisin des lieux, le photographe Hervé Blanchaud fait un cliché pendant les travaux de déblaiement. L'Echo saumurois du 26 décembre publie la première photo de son histoire ; le cliché de Blanchaud a été traité par gillotage ( procédé de Firmin Gillot ou zincographie ).

Echo saumurois du  26 décembre 1928

 Sept morts sont retirés des décombres, trois journaliers français et quatre cimentiers italiens ( le vice-consul d'Italie à Angers est aussitôt prévenu ). Trois blessés graves sont transportés à l'hôpital et opérés par le docteur Gandar ; l'un d'eux va décéder. Les autres blessés sont soignés à leur domicile.

Echo saumurois du  26 décembre 1928

 L'émotion est immense ; la presse fait des gros titres. Les réjouissances prévues à l'occasion de Noël sont annulées. La municipalité prend les obsèques à sa charge. Une souscription en faveur des familles des victimes rapporte une somme considérable. Les badauds affluent pour jauger le désastre.

Effondrement du hangar Bossut

 Des enquêtes tentent de déterminer les causes de l'accident et concluent que le décoffrage était prématuré. Le ciment avait été coulé 18 jours auparavant, alors que 21 jours sont prescrits ; le contremaître attribue la décision à un officier du génie.

Intérieur du hangar BossutLa couverture actuelle du hangar Bossut

 

  Après un temps d'arrêt, le bâtiment est achevé en 1931, par l'emploi de techniques plus prudentes. Vers le fond de ces clichés, on remarque des poutres plus épaisses et plus rapprochées.

 

 

 

 

 

 

 Voici, dans les années 1930, le hangar bourré d'automitrailleuses et de véhicules divers. En 1937, un important vol d'armes lourdes y est perpétré.

Le hangar Bossut dans les années 1930

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