NOM ACTUEL : r. du Chemin-Vert
 

 QUARTIER : Chemin Vert
   

 Le chemin longe le grand Marais-le-Roi, vaste zone inondable, sur laquelle les crues du Thouet peuvent se déverser. Les habitants de Saumur, Varrains, Chacé et Bagneux ont le droit de mettre des animaux au pacage sur cet immense terrain, des chevaux, des bovins, jusqu'à des oies. Ce sont les Bagneulais qui en profitent le plus, mais des gens pauvres de Saumur, qui ne possédaient pas de terre, y tenaient beaucoup.
 Après la Révolution, ces terrains reviennent aux communes, qui se les répartissent en 1823 et qui en aliènent une partie. Sur le cadastre de 1812, le chemin, assez large, mais tortueux et bordé par des fossés, s'appelle le chemin de Chacé, ce qui le différencie de l'actuelle rue Robert-Amy qui était nommée " route de Varrains ". Quand on suit le chemin vers cette dernière commune, à droite, on trouve un passage qui constitue l'entrée du marais et qui enjambe un grand fossé par un petit pont de pierre, l'arche du Marais. Plus loin, le chemin est bordé par la vaste prairie des Perchers ( un nom de famille ? ), grand domaine qui a été découpé en une multitude de petites parcelles. Le marais proprement dit est en arrière et toujours indivis. Sur le côté gauche, les fossés sont plus rares ; les prairies individuelles ( très recherchées en raison de l'abondance des chevaux ) et les jardins recouvrent les lieux.
 Même s'il est marécageux, l'endroit est loin d'être désert. Sur la partie amont, qui appartient aux communes de Varrains et de Chacé, est aménagé un important hippodrome, doté de tribunes, sur lequel se déroulent les courses dites " de Saumur ", cela jusqu'en 1949, année où les communes rétrocèdent leur terrain à la ville de Saumur, qui y implante son dépôt d'immondices. Plus en aval, en 1853, l'Ecole de cavalerie aménage un parcours de steeple chase pourvu de nombreux obstacles.
 Malgré l'importance progressive de cette petite voie bucolique, le nom de " Chemin Vert " n'apparaît toujours pas dans les documents officiels, sans doute parce qu'il y a de la concurrence : la " rue Verte " est la première désignation de la rue Bury et la rue Fardeau a d'abord été baptisée " rue Verte prolongée ". Tous ces noms sont apparemment des appellations spontanées engendrées par l'aspect des lieux [ A l'inverse, le toponyme de " Croix-Verte " relève à mes yeux d'une autre explication, car, avec constance, les bons auteurs l'appellent la " Croix-Vert " ]. Il faut attendre que les autres voies soient rebaptisées pour voir apparaître l'appellation de " Chemin-Vert " ; à ma connaissance pour la première fois sur le plan édité par J.-B. Robert en 1912. Mais il n'est pas porté sur l'annuaire de Roland en 1913. Il faut dire que la voie n'est toujours pas habitée. Elle présente un seul bâtiment minuscule, le bureau de l'octroi, implanté à sa jonction avec la route de Varrains.

 Devant la grave pénurie des logements, les édiles décident d'urbaniser cet immense espace en mai-juin 1960, en prévoyant 1 800 logements et 6 groupes scolaires. De 1966 à 1976, est réalisée la ZUP du Chemin Vert, la plus importante opération d'urbanisme de Saumur. Voir étapes, photos et commentaires navrés. Pas le moindre espace vert, pas le moindre square, du béton et du goudron dans ce qui était auparavant un marais. Les doctrines de Le Corbusier ont encore frappé. Trente ans plus tard, le quartier doit être en partie abattu et en partie rénové. A la décharge des décideurs locaux, il faut préciser que les choix les plus importants ont été opérés par la préfecture de Maine-et-Loire...

 La rue est toujours en chantier dans le cadre d'un Projet de Rénovation Urbaine ( PRU ). En juin 2017, la partie située entre les deux premiers ronds-points est rebaptisée " avenue François-Mitterrand ".

 
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