NOM  : impasse COMBIER
renommée " rue James-Combier " en décembre 2005 

 QUARTIER : Bilange - Saint-Nicolas
   

Impasse Combier, architecte Alex. Bourge Nom attribué le 29 janvier 1932 à une impasse créée à cette époque, caractérisée par ses maisons en béton et en pierre meulière, ainsi que par des balcons anguleux.

 L'architecte de l'ensemble est Alexandre Bourge, qui habitait au numéro 2 ( enfin un architecte qui réside dans un logement qu'il a construit ! ).

 

 Ce passage était auparavant occupé par un jeu de boules, fréquenté surtout par des milieux aisés et pour cette raison surnommé " les Bas de Soie ".

 Le nom, dédié par la municipalité Amy à l'ancien maire, était à l'origine sans prénom, selon la tradition saumuroise. Deux membres de la famille ont compté dans la ville :

1) Jean-Baptiste Combier ( 1809-1871 )

 Originaire du Mâconnais, il ouvre en 1834 une confiserie dans la rue Saint-Jean, puis, en 1848, il fonde la distillerie de la rue Beaurepaire et lance avec succès un Elixir inspiré d'assez loin par le Manuel-annuaire de la santé publié par François Raspail. Son fils achète ensuite le brevet d'un guignolet à Georges Gautron, se disant arrière-petit-neveu de Madeleine Gautron, qui fut la supérieure du couvent de la Fidélité de Saumur ; au moins, la précieuse recette des soeurs restait dans le quartier !
 En même temps qu'un liquoriste talentueux, Jean-Baptiste Combier est un militant républicain, ardemment opposé au Second Empire.

 

2) James Combier ( 9 avril 1842- 14 mai 1917 )

Photographie de James Combier   Signature d'un arrêté par James Combier

 

 

 

 

 


 Unique garçon du précédent et associé très jeune à ses affaires, James fait de la maison Combier une entreprise moderne et fortement exportatrice.

 La médiocre photographie ci-contre fait au moins ressortir son catractère vigoureux et sanguin.

 Pendant vingt-cinq ans, il joue un rôle politique local de premier plan. En 1866, il participe à la résurrection de la loge maçonnique, La Persévérance. Il est le bras droit d'Allain-Targé dans la campagne électorale de mai 1869. Il entre au conseil municipal en 1870, à 28 ans, à la suite de la victoire de la liste républicaine, et devient aussitôt adjoint dans la difficile période de la guerre. Nommé maire en 1879, il est le premier maire élu de la ville, en 1882.

 Son action est d'abord inspirée par l'anticléricalisme ; il interdit les processions à travers la ville et il laïcise les services municipaux. Ses réalisations se multiplient à un rythme accéléré, / dans le domaine scolaire, le Collège municipal de Jeunes Filles, / dans l'équipement et la modernisation de la ville, l'éclairage public, le service d'eau, le réseau ferroviaire, le tramway...

 Toujours fougueux, James Combier se lance dans l'aventure boulangiste, ce qui lui attire des échecs électoraux et l'abandon de quelques amis. En 1891, il cesse brusquement ses activités municipales, et il est remplacé l'année suivante.

 Sur sa vie privée. James Combier habitait à l'arrière de son entreprise, au n° 87 de la rue Saint-Nicolas, dans un grand immeuble restructuré en 1877.
 Sa vie familiale n'a pas été heureuse. Il épouse sa cousine germaine, Albane Ghérardini, dont il est très épris. Cette dernière décède des suites de ses couches à l'âge de 16 ans. Leur fils unique meurt à son tour d'une méningite tuberculeuse. Remarié, James Combier subit les pires avanies de la part des membres de sa nouvelle famille. Ses associés, en particulier, son beau-frère, Jules Cazal, lui reprochent de puiser des sommes importantes dans les fonds de la société, afin de soutenir la cause boulangiste, ce qui semble tout à fait exact. Sa nouvelle épouse ajoute qu'il dilapide le bien familial par des spéculations effrénées, étant « devenu la proie d'un certain nombre de courtiers de la Bourse de commerce peu scrupuleux ». En 1904, un conseil de famille réuni dans le département de la Seine limite ses pouvoirs financiers et il est écarté de la gestion de l'entreprise. Ses enfants se font baptiser et s'efforcent de le ramener à la religion catholique.
  James Combier finit son existence à Paris, oublié de tous et sans la moindre décoration. Sa famille fait célébrer une messe en l'église de la Madeleine. A Saumur, est célébrée une cérémonie purement civile, mais James Combier n'est pas enterré dans la concession familiale.

Pour des compléments :

François BOUYSSI et Isabelle EMERIAU, « James Combier... », S.L.S.A.S., 1992, p. 46-89.
Christelle COUVREUX et Marie BARDISA, La Distillerie Combier, 1999.

Sur ce site, chapitre sur les municipalités républicaines

 Les liquoristes saumurois.

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