NOM ACTUEL : r. COURCOURONNE
 

 QUARTIER : Bilange - Saint-Nicolas
   

Premières dénominations :
cour de la Couronne
XVIIe-XVIIIe siècle : 
ouverte et élargie sous les appellations "rue des Casernes", "rue Saint-Nicolas", "rue-Neuve de Saint-Nicolas.

1794-1818 : rue des Caissons

1818-1905 : la désignation "rue Courcouronne" apparaît en 1784 et est officialisée en 1818.  

 L'explication du nom est à rechercher dans l'histoire chargée de cette rue. L'explication de Ménage par " curtis coronae " sent l'amateurisme. Au départ se trouve la vaste cour de la "maison de la Couronne", citée en 1575 ( A.D.M.L., G 2613 ). Cette maison est sans doute une auberge située rue Saint-Nicolas avec vaste cour à l'arrière, mais elle disparaît rapidement.
 Seconde hypothèse, la référence à un nom de famille : j'ai découvert dans le quartier un certain Guillaume Couronne, de même qu'à Saint-Lambert, il y a la Grange Couronne... La "cour" peut aussi être une ferme.
 La troisième hypothèse est la plus aventureuse et en même temps la plus riche d'histoire ; la partie ouest de l'ancienne cour était bordée par des écuries diverses appartenant au roi, à la ville et aux chanoines de Saint-Nicolas. Ces écuries royales ont-elles engendré le nom de "cour [de la] Couronne" ? J'en doute un peu, d'autant plus que les bâtiments reviennent très tôt à la ville et qu'on aurait plutôt dit " cour du Roi ".
 Vers la fin du XVIIe siècle, la municipalité y héberge la première Académie d'Equitation ( qui émigre ensuite vers les anciennes halles ) ; ensuite, suivant un ordre royal, elle y aménage des casernes destinées à abriter les troupes de passage. Et même, elle édifie, tout près de l'église Saint-Nicolas, un nouveau bâtiment, tout juste achevé en 1762, mais dépourvu de literie, si bien que les 160 hommes du régiment de la Reine-Cavalerie sont d'autorité installés chez les habitants du quartier, priés de déguerpir ( voir l'ustensile ).
 Ces faits expliquent le premier nom officieux de "rue des Casernes", qu'on ne s'attend guère à trouver ici et qui constitue un piège pour des chercheurs pressés. Il apparaît dans un devis de pavage de 1753 et disparaît ensuite pour se porter sur l'extrémité de l'actuelle rue Beaurepaire, après 1770, achèvement de l'École de Cavalerie.
 Un peu auparavant, de 1741 à 1751, l'entrepreneur Miet a débouché la cour et créé une large voie, exceptionnelle à cette époque ; il a reçu l'appui du subdélégué Budan de Russé pour procéder à des expropriations et faire face à une avalanche de plaintes et de procès.
 Quand la rue est achevée, les plans la baptisent "rue Saint-Nicolas", "rue-Neuve de Saint-Nicolas" et aussi "rue Courcouronne".

 

N° actuel

CURIOSITÉS

 Le contraste est frappant entre le flanc oriental de la rue, qui a conservé l'empreinte des années 1750, présentant des petites maisons modestes s'étirant jusqu'à la Petite-rue-Saint-Nicolas ( en particulier du numéro 3 au numéro 9 ),

 et le flanc ouest, qui présente des aspects variés :Ancien presbytère de Saint-Nicolas, numéro 2

2- Ancien presbytère de Saint-Nicolas.

 Un précédent presbytère était accolé à l'église, plus en avant vers la rue Courcouronne. Au milieu du XIXe siècle, la paroisse de Saint-Nicolas se retrouvait sans cure, malgré un legs important de l'abbé Bancelin. La fabrique décide de construire ce nouveau presbytère dans les jardins de l'ancienne cure et en demande les plans à l'architecte Joly-Leterme, qui dessine une maison bourgeoise dans le style des maisons du quartier, et sans relations stylistiques avec l'église Saint-Nicolas toute proche.
 Joseph Vallet, entrepreneur à la Croix Verte, emporte le marché pour 17 850 francs ; la municipalité Louvet accorde une subvention de 9 000 francs. ( 1854-1856, A.D.M.L., O 1 057 ).

 

16-18-20 - Construit vers le milieu du XIXe siècle, un vaste immeuble à trois corps présente un pittoresque mélange de décoration néo-classique, sur chaque aile et en bas à droite, et néo-gothique de type troubadour, au milieu et en bas à gauche.

16 à 20, rue Courcouronne  

partie centrale au décor troubadour       ailes latérales néo-classiques

 

Photo Voelcker
La rue Courcouronne inondée en 1904. En voici une autre qui lui ressemble fort.

 

Partie inférieure d'un cliché de  H. Blanchaud, sans date
Cortège d'une grande cérémonie, peut-être un mariage. Le taxi automobile de tête empeste de son abondante fumée les fiacres de la suite. Vers 1912. Appréciez la qualité du pavage ( photo Blanchaud ).
  

 
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