NOM ACTUEL : r. Dacier
 

 QUARTIER : Ville close
   

Voie antérieure : rue du Paradis.
 Premières dénominations : "rue nomée Paradis", 1452.

 Ce nom apparaît ailleurs avec plusieurs explications différentes :
- paradis = autel très décoré qui servait de reposoir au cours des processions
- paradis = parvis ( mais la rue restait à distance du parvis de Saint-Pierre )
- dans les représentations médiévales des Passions, les diables entraient par le côté Enfer, les anges et les saints par le côté Paradis. L'existence de la rue de l'Enfer me fait pencher pour cette explication. Des passions ont bien été jouées à Saumur ; je suppose qu'elles l'étaient devant l'église Saint-Pierre, le Palais Royal servant de balcon et des échafaudages dressés tout autour.
XVIIe-XVIIIe siècle : "rue des Notaires" ( 1709, A.D.M.L., E 4391 ), à cause de leur nombre élevé dans cette voie.

1794-1818 : rue Jean-Jacques Rousseau

1818 : Carrefour Dacier, à son débouché sur la place Saint-Pierre. 

  Le carrefour Dacier

Inscription de 1818, n° 9 place Saint-Pierre A la jonction de la Grande-Rue se dirigeant vers le parvis de Saint-Pierre avec la montée du Château, se trouvait un croisement étroit et très animé, appelé le Carrefour Royal. J.-Fr. Bodin ayant situé sur cette placette la maison natale d'Anne Le Fèvre, devenue célèbre sous le nom de Madame Dacier, le carrefour reçoit le nom de la célèbre helléniste en 1818 : l'inscription gravée sur le n° 9 de la place Saint-Pierre remonte à cette époque.
 Bodin s'était trompé dans son identification, mais le carrefour est à l'origine du nom de la nouvelle artère, même s'il est désormais intégré dans la place Saint-Pierre.

La percée Dacier

 Cette nouvelle artère est la première grande voie moderne ouverte dans la ville ancienne. Elle a été complétée récemment par la percée Saint-Pierre. Elle constitue la meilleure liaison entre les deux traversées successives de la ville, l'ancienne passant par la place Saint-Pierre agrandie et la nouvelle se frayant un passage par la rue d'Orléans. Sur le plan ci-dessous dressé vers 1750, on devine son tracé partant du carrefour royal, à l'extrémité gauche, englobant la "rue de Paradis", passant au-dessous du carrefour triangulaire du Puits-Tribouillet, puis traversant l'ancienne enceinte, tout près de la tour de la Porte-Neuve, dominant le jardin à Mr Foullon ".


Plan de Prieur-Duperray

 La nouvelle percée est fixée dans le plan d'alignement adopté par le Conseil municipal en 1839 et approuvé par le président du Conseil en 1848. Elle prolonge en droite ligne l'axe de la rue Beaurepaire, c'est pourquoi elle s'appelle provisoirement " la rue Neuve Beaurepaire " ou la " rue Beaurepaire prolongée ", avant de devenir " la rue D'Acier ".
 Récit plus détaillé dans le chapitre sur l'urbanisme au XIXe siècle.
 D'après le cadastre de 1812, elle entraîne la destruction d'une douzaine de maisons dans un quartier chic de l'ancienne ville et la rectification d'une vingtaine de propriétés. Les démolitions commencent en 1848, elles sont massives en 1863 et s'achèvent avec la destruction de l'Hôtel de l'Ecu de Bretagne en 1866. Heureusement, l'architecte Emile Roffay, adjoint de Joly-Leterme avant de lui succéder,Portail ( rue du Paradis ? )Carrefour à la Déesse des Fleurs prend quelques photographies et a la louable habitude d'en conserver un exemplaire dans les archives de la ville et d'envoyer une épreuve à Célestin Port.
  Celle de gauche est intitulée " le carrefour à la Déesse des Fleurs " ( il s'agit probablement de l'appellation de la statuette qu'on repère à gauche ). La photo est prise dans la rue du Marché-Noir en direction de la rue du Temple qu'on reconnaît vers le fond, au croisement avec la rue du Paradis, fort étroite et pavée. Le bureau de tabac de Madame Arsène Touzeau est dans l'angle.

 A droite, un intéressant portail renaissant, au fronton coupé par un tabernacle, surmontant un bel appareillage de pierres de taille au décor vermiculé. Malheureusement, Roffay n'a noté aucune précision sur sa localisation exacte.

 La construction des nouvelles maisons s'étire jusqu'aux années 1900.

  

N° actuel

CURIOSITÉS

 Les maisons de la rue, du moins leurs façades, sont des constructions de la fin du XIXe siècle, même si quelques vestiges plus anciens apparaissent dans les cours.

Angle Grande-Rue et rue Dacier - Immeuble cossus à beaux décors rocaille, construit pour Augustin Journée en 1867.

30 - En arrière de la B.N.P. Paribas, grands immeubles incurvés, probablement du XVIIe siècle, vestiges de la rue du Paradis rejoignant la rue de l'Ancienne-Messagerie.

33 - Entrée néo-gothique de la Maison du Roi.Recette municipale des finances, ancienne Caisse d'Epargne

Angle avec la rue du Puits-Tribouillet - Ancienne Caisse d'Epargne, ensuite Trésor Public, puis privatisée en février 2009. Grosse bâtisse cossue dédiée à la " PREVOYANCE " et au " TRAVAIL " et portant les dates de la première caisse d'épargne de la ville ( 1836 ) et de l'achèvement de celle-ci ( 1902 ). Voir historique de la Caisse d'Epargne.
 Construite au prix de l'amputation d'une aile de la Maison du Roi et décorée de briques multicolores dans le goût du temps, elle rappelle les mairies flamandes et est ici, au coeur de la vieille ville, tout à fait incongrue.

 

Salle des assemblées générales

 

 Le maire Peton voulait ce nouveau bâtiment. D'autres administrateurs de la Caisse, dont Camille Charier, auraient préféré une restauration de la Maison du Roi.

 

 A l'intérieur, la salle des assemblées générales est ornée par une cheminée en bois au style rocaille particulièrement tarabiscoté.

 

 

 

 

 

Tour de la Porte-Neuve

Archère canonnière de la tour de la Porte-Neuve

 

Entre les n° 34 et 36 - Vestige d'une tour de l'enceinte du XIVe-XVe siècle, souvent appelé la tour de la Porte-Neuve. Sur cette carte postale, les mâchicoulis à décor tréflé sont encore en bon état.
 A noter la nouvelle direction de la muraille qui se dirige vers le carrefour du Puits-Tribouillet.
A droite, l'archère canonnière correspond bien aux dispositifs défensifs de la fin du XIVe siècle.

 


Sur le mur du bas, un des principaux panneaux d'affichage de la ville. Le 8 juillet 1941, un papillon « Mort pour la France » est collé sur une affiche qui annonçait une exécution.

 

 

 

 

 

Garage Constant

 

 

 

 

 

49 - Raymond Constant avait installé son garage Peugeot, au débouché de la rue de la Petite-Douve, dans un site peu favorable aux manoeuvres de véhicules.

 

 

 

 

 

36, 36 bis, 36 ter - L'ancien Hôtel de la Paix, à vaste cour intérieure ( architecte E. Piette ).
 Le rez-de-chaussée est couvert d'un décor luxuriant, notamment l'ancienne entrée centrale ornée de draperies, de feuilles d'acanthe et de fruits.
 Les étages supérieurs sont plus sobres, à part les élégants balcons. Les trois frontons dissimulent des cheminées.Ancien Hôtel de la Paix

L'Hôtel de la Paix en pleine activité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Façade sur la rue du Portail-LouisAtlantes de l'ancien Café de la Paix

 

 

 

 

 

 

 

 

51 et angle avec la rue du Portail-Louis - Ancien Café de la Paix, aujourd'hui la Société Générale.
 Vaste immeuble fin XIXe siècle, au décor composite.
 En 1921, l'architecte V.-P. Brunel le réaménage en grand café et surajoute un décor rutilant : des atlantes hirsutes de bonne facture décorative soutiennent de nouveaux balcons.

 



Le Café de la Paix un jour de 14 juillet

 

 

 

 

 A l'intérieur, une salle du premier étage est décorée de stucs marqués " St H ". Il s'agit d'un salon réservé à la société Saint-Hubert, un cercle de loisirs, de tir et de préparation militaire regroupant des messieurs et des jeunes gens de bonne famille.
  

 
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