NOM ACTUEL : Avenue du Docteur-Peton
 

 QUARTIER : Nantilly
   

XVIIIe siècle :
"
rue tendante de la Porte du Bourg au Petit-Puits " (plan du Fief de Pocé)
1802 : Montée des Ursulines

XIX ème : " rue de la Butte des Moulins "
" avenue des Moulins "

- Nom officiel en 1894 : " avenue Victor-Hugo ".
- Le docteur Peton décède en 1927. La commission de la Voirie veut accorder son nom à la rue des Payens, où il habitait. Dans une lettre lue devant le Conseil municipal du 9 décembre 1927, sa fille, Marthe, remercie l'assemblée, tout en ajoutant que son père « tenait essentiellement aux souvenirs du vieux Saumur et aurait sûrement désiré que le nom de la rue des "Païens" soit conservé ». Sage avis. Le Conseil municipal du 6 octobre 1928 donne le nom du Docteur Peton à l'avenue Victor Hugo.
 Le poète, entraîné à l'exil, est relégué un peu plus haut, dans une voie nouvelle de la cité-jardin.

Notes biographiques sur le docteur Peton

Le doctreur Peton et sa famille vers 1894 Cette photographie, prise en mars 1894, représente le docteur Peton, en compagnie de son épouse, née Marie Seigneur, et de leur fille, Marthe ( 9 ans ).

 Comment le prénommer ?
- à l'état civil : Joseph, Sulpice, Pierre, Henri ;
- sur sa thèse de doctorat en médecine et les sept ouvrages qu'il dépose à la Bibliothèque Nationale : Joseph-Henry ;
- dans les dossiers officiels de la préfecture et dans le Dictionnaire biographique... des notabilités... du département de Maine-et-Loire, Henri Jouve, édition de 1894, il est prénommé Joseph-Henri. Cet ouvrage a de l'autorité, car il est rédigé avec l'accord des intéressés. C'est pourquoi, après hésitations, je lui accorde ces deux prénoms ;

 

Signature du docteur Peton

 


- dans quelques documents municipaux et sur les médailles frappées par la ville : "Joseph", seulement ;
- sa signature constante est « dr Peton » et il est toujours appelé avec ce titre.

  Né à Tigné le 10 décembre 1851, il est le fils de Pierre Peton, viticulteur en cette commune, propriétaire du château, conseiller général de Vihiers et ami du docteur Bury.

1) Le viticulteur

 Joseph-Henri Peton gère le beau domaine familial, aujourd'hui passé aux mains d'un acteur célèbre, et se passionne pour les questions de la vigne, collaborant à des publications scientifiques et transformant l'Ecole de Viticulture du Jardin des Plantes en Station viticole. Il est néanmoins ruiné par la crise du phylloxéra et doit revendre sa propriété.

2) Le médecin

 Il est reçu docteur en médecine de la Faculté de Paris, après sa thèse intitulée : «  De l'action physiologique et thérapeutique de l'ergot de seigle. Etude expérimentale et clinique », recherche dirigée par Jules Béclard et reposant sur de nombreuses analyses de laboratoire, ce qui permet de le classer dans le fil de la méthode de Pasteur ( thèse publiée chez V. Adrien Delahaye et Cie, Paris, 1879, B.M.S., P 3 382/1 ). Ensuite, le docteur Peton se spécialise dans l'ophtalmologie ; il s'installe à Saumur en 1880, devient le médecin traitant de James Combier et obtient le poste influent et lucratif de chirurgien en chef de l'Hôpital. Médecin des épidémies, il exerce cette charge avec zèle, se montrant constamment soucieux de l'hygiène publique, sur laquelle il revient sans cesse ; il épaule les recherches démographiques et nosographiques du docteur Simon ( voir les hygiénistes saumurois ). Il est aussi aide-major dans l'armée territoriale.

3) Le maire de Saumur

 Il se lance dans l'action politique locale en devenant conseiller municipal le 23 avril 1882, à 30 ans. Il y mène campagne en faveur de la création d'un bureau d'hygiène. Il devient le premier adjoint de Louis Vinsonneau à deux reprises, le 24 décembre 1885 et le 15 mai 1892. Il supplante ce dernier en se faisant élire maire de Saumur le 26 décembre 1892.

 Récit détaillé de son action au chapitre 32.

 Au total, le docteur Peton assure les fonctions de premier magistrat de la cité durant près de 15 ans. Réalisateur de grands chantiers, en particulier scolaires, il laisse un bilan considérable dans le domaine des grands services publics. Nourrissant des ambitions plus élevées, il a constamment échoué dans ses candidatures à la députation, en raison des tensions dans les comités radicaux.
 A la différence de James Combier, il continue à servir la ville après sa démission de 1914 ; il demeure conseiller municipal dans le cadre de L'Union sacrée. Il anime le comité radical de Saumur après 1919 et la section de la Ligue des Droits de l'Homme jusqu'en 1924. De 1914 à 1919 et de 1922 à 1927, il préside administrativement la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, qu'il a fondée. Intéressé par les questions culturelles, il a compris trop tard l'intérêt de la Maison du Roi, mais il organise le rachat du château, sa restauration et l'implantation des musées.
 Il décède en 1927 à son domicile, 13 rue des Payens.

4) La cible favorite des milieux conservateurs

 Ses idées progressistes bien affirmées le désignent pour être violemment attaqué par les milieux conservateurs, surtout lors des élections municipales. Les dames de la bonne société, fières de leur audace, le brocardent dans les salons :

« Peton, Peton,
  Seigneur, ça soulage »

 Une chanson de 12 couplets, signée Puck, est plus ambiguë :

« ...               VIII
Ils disent qu'c'est un hygiénisse,
Alors faut pas qu'personne pâtisse.
Pourquoi qu'gnia des malades, sinon
Parce qu' c'est la faute à Peton !
     C'est la faute à Peton !
.........

                       X
L'suffrage universel, c'est bête.
Ça n'm'écoute pas, ça fait sa tête...
Il vient encor' d'nommer Milon...
Pour sûr, c'est la faute à Peton !
     C'est la faute à Peton !   ... »
( multigraphié à l'alcool,
   1er avril 1897, A.M.S., 1 Z 71 )

 Stéphane Milon a été élu conseiller général de Saumur-Sud le 31 janvier 1897. Cette chansonnette; décrivant Peton comme un bouc émissaire, a été écrite par un partisan du maire.

5) Deux filles connues

- Marthe, après de fortes études à Poitiers, devient professeur au Collège de Jeunes Filles et conservateur bénévole du musée du Château. Elle facilite la donation des collections du comte Lair. Grâce à ses relations avec Paul Trouillebert, elle parvient à faire entrer des oeuvres de ce peintre dans les collections. Elle aime s'habiller en rouge pour afficher ses idées avancées.

- Renée épouse en mars 1919 un pharmacien de l'Ecole supérieure de Paris, le docteur E. Frenkol ( la presse écrit ainsi ; je suppose qu'il faut rectifier en "Frenkel", beaucoup plus répandu ).


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