QUARTIER
: Nantilly |
|
" rue tendante de la Porte du Bourg au Petit-Puits " (plan du Fief de Pocé) |
|
XIX ème :
" rue de la Butte des Moulins " |
- Nom officiel en
1894 : " avenue Victor-Hugo ". |
Cette photographie, prise en mars 1894, représente
le docteur Peton, en compagnie de son épouse, née
Marie Seigneur, et de leur fille, Marthe ( 9 ans ).
Comment le prénommer ?
- à l'état civil : Joseph, Sulpice, Pierre,
Henri ;
- sur sa thèse de doctorat en médecine et les sept
ouvrages qu'il dépose à la Bibliothèque Nationale :
Joseph-Henry ;
- dans les dossiers officiels de la préfecture et dans
le Dictionnaire biographique... des notabilités... du
département de Maine-et-Loire, Henri Jouve, édition
de 1894, il est prénommé Joseph-Henri. Cet ouvrage
a de l'autorité, car il est rédigé avec l'accord
des intéressés. C'est pourquoi, après hésitations,
je lui accorde ces deux prénoms ;

- dans quelques documents municipaux et sur les médailles
frappées par la ville : "Joseph", seulement ;
- sa signature constante est « dr Peton »
et il est toujours appelé avec ce titre.
Né à Tigné le 10 décembre 1851, il est le fils de Pierre Peton, viticulteur en cette commune, propriétaire du château, conseiller général de Vihiers et ami du docteur Bury.
1) Le viticulteur
Joseph-Henri Peton gère le beau domaine familial, aujourd'hui passé aux mains d'un acteur célèbre, et se passionne pour les questions de la vigne, collaborant à des publications scientifiques et transformant l'Ecole de Viticulture du Jardin des Plantes en Station viticole. Il est néanmoins ruiné par la crise du phylloxéra et doit revendre sa propriété.
2) Le médecin
Il est reçu docteur en médecine de la Faculté de Paris, après sa thèse intitulée : « De l'action physiologique et thérapeutique de l'ergot de seigle. Etude expérimentale et clinique », recherche dirigée par Jules Béclard et reposant sur de nombreuses analyses de laboratoire, ce qui permet de le classer dans le fil de la méthode de Pasteur ( thèse publiée chez V. Adrien Delahaye et Cie, Paris, 1879, B.M.S., P 3 382/1 ). Ensuite, le docteur Peton se spécialise dans l'ophtalmologie ; il s'installe à Saumur en 1880, devient le médecin traitant de James Combier et obtient le poste influent et lucratif de chirurgien en chef de l'Hôpital. Médecin des épidémies, il exerce cette charge avec zèle, se montrant constamment soucieux de l'hygiène publique, sur laquelle il revient sans cesse ; il épaule les recherches démographiques et nosographiques du docteur Simon ( voir les hygiénistes saumurois ). Il est aussi aide-major dans l'armée territoriale.
3) Le maire de Saumur
Il se lance dans l'action politique locale en devenant conseiller municipal le 23 avril 1882, à 30 ans. Il y mène campagne en faveur de la création d'un bureau d'hygiène. Il devient le premier adjoint de Louis Vinsonneau à deux reprises, le 24 décembre 1885 et le 15 mai 1892. Il supplante ce dernier en se faisant élire maire de Saumur le 26 décembre 1892.
Récit détaillé de son action au chapitre 32.
Au total, le docteur Peton assure les
fonctions de premier magistrat de la cité durant près
de 15 ans. Réalisateur de grands chantiers, en particulier
scolaires, il laisse un bilan considérable dans le domaine
des grands services publics. Nourrissant des ambitions plus élevées,
il a constamment échoué dans ses candidatures à
la députation, en raison des tensions dans les comités
radicaux.
A la différence de James Combier, il continue à
servir la ville après sa démission
de 1914 ; il demeure conseiller municipal dans le cadre
de L'Union sacrée. Il anime le comité radical
de Saumur après 1919 et la section de la Ligue des Droits
de l'Homme jusqu'en 1924. De 1914 à 1919 et de 1922 à
1927, il préside administrativement la Société
des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, qu'il a fondée.
Intéressé par les questions culturelles, il a compris
trop tard l'intérêt de la Maison
du Roi, mais il organise le rachat du château,
sa restauration et l'implantation des musées.
Il décède en 1927 à son domicile, 13
rue des Payens.
4) La cible favorite des milieux conservateurs
Ses idées progressistes bien affirmées le désignent pour être violemment attaqué par les milieux conservateurs, surtout lors des élections municipales. Les dames de la bonne société, fières de leur audace, le brocardent dans les salons :
« Peton, Peton,
Seigneur, ça soulage »
Une chanson de 12 couplets, signée Puck, est plus ambiguë :
« ... VIII
Ils disent qu'c'est un hygiénisse,
Alors faut pas qu'personne pâtisse.
Pourquoi qu'gnia des malades, sinon
Parce qu' c'est la faute à Peton !
C'est la faute à Peton !
.........
X
L'suffrage universel, c'est bête.
Ça n'm'écoute pas, ça fait sa tête...
Il vient encor' d'nommer Milon...
Pour sûr, c'est la faute à Peton !
C'est la faute à Peton ! ... »
( multigraphié à l'alcool,
1er avril 1897, A.M.S., 1 Z 71 )
Stéphane Milon a été élu conseiller général de Saumur-Sud le 31 janvier 1897. Cette chansonnette; décrivant Peton comme un bouc émissaire, a été écrite par un partisan du maire.
5) Deux filles connues
- Marthe, après de fortes études à Poitiers, devient professeur au Collège de Jeunes Filles et conservateur bénévole du musée du Château. Elle facilite la donation des collections du comte Lair. Grâce à ses relations avec Paul Trouillebert, elle parvient à faire entrer des oeuvres de ce peintre dans les collections. Elle aime s'habiller en rouge pour afficher ses idées avancées.
- Renée épouse en mars 1919 un pharmacien de l'Ecole supérieure de Paris, le docteur E. Frenkol ( la presse écrit ainsi ; je suppose qu'il faut rectifier en "Frenkel", beaucoup plus répandu ).