NOM ACTUEL : place Dupetit-Thouars
 

 QUARTIER : Portail-Louis Arche-Dorée
   

Premières dénominations : Premières dénominations : Au XVIIIe siècle, la place est divisée en deux parties : la place de la Grise est du côté de la rue de ce nom ; la balotte du Portail-Louis, terrain vague où l'on peut jouer à la paume, précède la porte d'entrée de la ville portant ce nom.

1794-1812 : place de la Révolution

1812 et 1818 : place de la Douve
1838 : place Dupetit-Thouars ( sans prénom )

   La famille du Petit-Thouars

Château du Petit-Thouars à Saint-Germain sur Vienne Selon l'usage saumurois, ce nom fait référence à toute une famille, et non à l'un de ses membres en particulier. Je me contenterai d'évoquer quatre de ses membres.
 La famille Aubert de Saint-Georges acquiert en 1636 la terre du Petit-Thouars, située à Saint-Germain-sur-Vienne. Le château qu'on voit aujourd'hui est pour l'essentiel une construction du XIXe siècle.

- A la suite d'une longue ascension militaire, Georges III Aubert de Saint-Georges du Petit-Thouars obtient la charge de lieutenant de Roi à Saumur, commandant du château, de la Ville et du Pays saumurois.

- Georges IV, son fils, lui succède en 1754.

- Aubert Aubert, neveu du précédent, né au château de Boumois, devient un naturaliste réputé.

- Aristide Aubert Dupetit-Thouars, son frère cadet, abandonne sa particule à l'époque de la Révolution ( d'où l'orthographe officielle qui est retenue ). Au terme d'une existence fertile en aventures, il commande le vaisseau " le Tonnant " à la bataille d'Aboukir, le 1er août 1798. Il l'emporte sur deux bateaux anglais, mais décède après avoir eu une jambe arrachée ( voir Carrières militaires sous la Révolution et l'Empire ).

N° actuel

CURIOSITÉS

Maquette en plâtre de la statue de Dupetit-ThouarsLe monument à Aristide Dupetit-Thouars 

Statue de Dupetit-Thouars devant l'Hôtel des Postes Dans l'exaltation patriotique des années 1900, un comité local, animé par le docteur Frédéric Bontemps, décide d'élever un monument à la gloire du capitaine de vaisseau ; il commande une statue à Albert Jouanneault, un jeune sculpteur saumurois, élève d'Antonin Injalbert. La maquette, en plâtre, aujourd'hui aux musées du château, est présentée en 1913 ( à gauche ).
 Dans la lignée de la statuaire romantique illustrée par David d'Angers, il présente un combattant plein de fougue, hurlant ses ordres et dégainant son sabre.

 L'entreprise Ruèche travaille à poser les soubassements du monument en décembre 1915 ; le Conseil municipal, sachant que le comité est sans le sou, déclare alors qu'il ne paiera pas les travaux. Le docteur Bontemps décède en 1916, laissant un comité lourdement endetté. Il faudrait ajouter 1 000 francs pour l'entreprise Ruèche et 9 000 francs pour Albert Jouanneault.

 Tout au long des années 1920, le socle demeure désespérément vide, tel qu'on peut le voir sur les cartes postales. Tout le monde s'en désole, le Conseil municipal en 1919, la Société des Lettres, Sciences et Arts en 1924 et en 1926. Cette situation excite aussi la verve des officiers-élèves de l'Ecole de cavalerie, qui, sur ce dessin de 1919, hissent un cheval et un cavalier mannequins à la place de l'amiral. Il en existe une photo intitulée " L'écuyer Pluvinel sur Furibard ".

Carte Postale des éditions Blanchaud

 Un nouveau comité est animé par le baron de Luze, président du Syndicat d'initiative. Il tente en vain d'obtenir des fonds du Comité du Centenaire de l'Algérie. Grâce à des concours multiples et à l'aide de la municipalité, le monument est enfin inauguré le 3 juillet 1933 par Georges Leygues, le ministre de la Marine.

 L'oeuvre ( plus haut, à droite ), conforme à la maquette, bien située et haut perchée, constitue, avec les monuments aux Morts, l'unique statuaire commémorative de la ville, après la disparitionA l'arrière du socle du monument du monument élevé à la gloire de Benjamin Delessert.

 

 

 La famille Bergasse du Petit-Thouars a participé à l'érection du monument, si bien que le monument est dédié aux nombreux marins de cette famille.

 A l'arrière du socle, apparaissent les armes des Aubert de Saint-Georges ( un haubert, bien sûr ) associées à celles des Bergasse du Petit-Thouars ( à deux cimetères d'argent, posés en sautoir, accompagnés en chef d'une gerbe d'or ).

 

 Au-dessous, on peut déchiffrer le cri de guerre de la famille : « HAUBERT ! ».

 

 

 

Entre la rue du Portail-Louis et la rue de la Petite-Douve - Une inscription latine indique la date de 1818 pour la maison aujourd'hui occupée par le café de la Poste.

Côté oriental de la place - Les religieuses de Saint-André de la Puye ( près de Poitiers ) ouvrent en 1826 une école primaire pour les filles, qui a le statut d'école communale. Une chapelle néo-gothique s'ouvre à partir de la place.

Côté occidental de la place - Au XVIIIe siècle, les bâtiments de la Grise abritaient la Maréchaussée, c'est-à-dire la gendarmerie.

Plan de la place et du Portail Louis vers 1750


Carosserie et sellerie Tortu

 Au début du XXe siècle, le fond de la place et le n°1 de la rue de la Grise sont occupés par la carosserie et sellerie Tortu, successeur de Matignon-Charrier. Le quartier est encore fortement marqué par l'artisanat.
 Document aimablement communiqué par le site http://www.cpa-bastille91.com

Hôtel des Postes, rue Volney

 L'Hôtel des Postes

 

 L'ancien hôtel des Postes construit par Joly-Leterme en 1864-1870 ( aujourd'hui le Crédit de l'Ouest ) avait l'allure d'une haute maison bourgeoise.

 Le nouveau bâtiment rappelle plutôt les formes géométriques du Théâtre des Champs-Elysées. Les matériaux sont nouveaux à Saumur : soubassements en granite, poutres de béton et revêtements en calcaire dur. Il constitue le premier grand bâtiment en béton armé de la ville.

 

Maurice Legendre, décoration de l'Hôtel des Postes Cependant, la Belle Epoque survit dans les lourdes guirlandes. La fonction postale est rappelée par l'horloge et par les symboles des cinq parties du monde, sculptés par Maurice Legendre. L'Afrique, ci-jointe, n'échappe pas aux petits singes.

 La construction est commencée en 1913 sous la direction de l'architecte Ernest Bricard. Cependant, le maire Peton s'impatiente devant la lenteur du chantier. A la déclaration de guerre, l'architecte est mobilisé et les travaux sont en panne. Le 24 avril 1915, le Conseil municipal lui demande de désigner un de ses collègues pour achever les travaux. C'est Hardion, architecte des Monuments historiques résidant à Tours, qui reprend le chantier, après avoir obtenu une rallonge financière. Contrairement à la date gravée sur la façade ( 1913-1914 ), la nouvelle poste n'entre en service qu'au milieu de 1915. Sans être complètement achevée. La réception définitive des travaux n'a lieu qu'en février 1918 ( A.M.S., 1 M 45 ).
 Plus à droite, l'immeuble Dupont, une grande maison bourgeoise, dont le rez-de-chaussée était occupé par l'atelier Tortu, était réservé pour une expansion future de la poste. La ville avait décidé de l'acheter en 1910 et l'avait payé en 1926. Le sellier avait fui et un café lui avait succédé. L'administration des PTT discute âprement du prix de sa rétrocession, mais, en 1938, elle annonce qu'elle n'agrandira pas la poste et qu'elle renonce à l'immeuble... Revirement le 20 mai 1942, elle achète le nouveau bâtiment et l'immeuble Dupont pour 620 000 F.
 En janvier 1948, après avoir émis des réserves sur un premier projet, la ville accepte la nouvelle façade dessinée par Vié, architecte régional des PTT, la jugeant en harmonie avec la première construction. Les travaux commencent en juillet 1948 par la destruction de l'immeuble Dupont. D'autres aménagements sont opérés à l'arrière des bâtiments.
 Malgré tout, l'ensemble s'avère de dimensions insuffisantes et la poste principale est reconstruite au Chemin Vert.
  

 
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