NOM ACTUEL : Place de l'Ebeaupin
 

 QUARTIER : Violettes Hauts Quartiers
   

 Ce lotissement moderne a conservé le nom d'un toponyme rural intéressant par les perspectives linguistiques et historiques qu'il ouvre.

- Ce nom apparaît dès 1282, dans un texte latin, mais sous une forme déjà francisée : « terra de l'aubespin » ( A.D.M.L., H suppl. B 156, n° 12 et 16 ). Pas de doute sur l'étymologie, il s'agit d'une forme masculinisée de l'aubépine ( l'épine blanche, alba spina, citée par Pline l'Ancien ).

- L'aubépine est très répandue dans les campagnes françaises. Pour donner naissance à un lieu-dit, il faut que celle-ci présente quelque particularité. Traditionnellement, sur le coteau, les terres cultivées sont entourées par des murets de pierre ( qui sont en même temps des murs d'épierrement ). Cependant, dans sa thèse, Hubert Landais constate qu'au XIIIe siècle, certains terrains nouvellement défrichés, sont enclos par des épines et surtout par des haies d'aubépines. Qu'on ait exceptionnellement planté de l'aubépine autour de ce clos expliquerait cette désignation, qu'on retrouve assez souvent en Anjou.

- Ce nom apparaît comme très instable. Il devient " l'Esbaupin " en 1413, et, dans le même document, en 1547, il réapparaît sous la forme curieuse de « cloux de l'espaubin, derrière le chasteau de la ville de Saulmur » ( n° 91 ). Pour employer les termes savants des linguistes, on se trouve en présence d'une double métathèse, une inversion des voyelles "e" et "a" et une inversion des consonnes "p" et "b". En termes plus vulgaires, on pourrait parler de contrepèterie...

- Le mot se régularise partiellement. Dans le cadastre de 1812, il devient " l'Ebeaupin ", forme angevine de l'aubépine, et il donne son nom au moulin voisin.

- Pour être complet, un arbuste, également épineux, le néflier, est parfois nommé " l'ébeaupin ", mais c'est rare, les Angevins préférant l'appeler " le mélier ". Une ferme porte ce nom à Saint-Lambert-des-Levées.


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