NOM ACTUEL : montée ou rue du Fort
 

 QUARTIER : Ville close
   

Ancienne montée du Fort

 Voie étroite et en forte pente menant du Carrefour royal, aujourd'hui de la place Saint-Pierre à l'entrée occidentale du Château. Son existence et son tracé remontent vraisemblablement aux origines de la ville, soit au Xe siècle. Elle traversait deux portes fortifiées, la plus basse étant la porte Marcouard, ouverte dans l'enceinte du Boile, la plus haute, la porte de la Barre, donnant accès à la basse cour du château ( et remplacée ensuite par les bastions de Duplessis-Mornay ).Extrait d'une estampe inachevée, vers 1700
 Sa dénomination est relativement stable, à part les variantes : " montée du Château " et " la rue pavée tendant du Carrefour royal à Saint Doucelin du Chastel " ( 1610-1611 ).
 La rue apparaît presque en entier sur l'estampe inachevée à droite, remontant aux alentours de 1700. Dans sa partie supérieure, la route fait une grande boucle, qui lui permet de suivre un ligne de pente plus faible. Cette grande boucle est également baptisée " rue de Bellevue " dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au XIXe siècle.
 Bâtie dans sa partie inférieure à partir des XIVe-XVe siècles, la rue est dans sa partie haute bordée de jardins ou de maisons clairsemées. Elle est longtemps inconstructible dans sa partie supérieure, près des bastions. Ce versant de la colline est propriété ecclésiastique. L'évêque d'Angers aurait possédé une maison de campagne dans la partie moyenne, au lieu appelé " l'Evêché ", et une chapelle Sainte-Anne est signalée non loin.Carte postale figurant l'entrée du Cours Dacier, à droite de la montée du Fort

 La rue et l'enclos du Boile se peuplent au XIXe siècle. En 1834, les Frères des Ecoles chrétiennes y transplantent leur école depuis les Récollets dans la rue Duplessis-Mornay, dans une maison léguée à la fabrique de Saint-Pierre par la veuve Oudry. Cette école préfigure l'Ecole du Fort, bâtie plus haut, tout près du bastion, .
 Tout le long de la pente, à l'intérieur de la boucle, sont ensuite construits les bâtiments du cours Dacier. Héritant de l'établissement de Mademoiselle Lafont, le pensionnat des Dames de la Retraite est entièrement rebâti sur plusieurs terrasses superposées de 1845 à 1864 ( bénédiction de la chapelle ). Ce pensionnat est rebaptisé Cours Dacier en 1904. Il est étudié en détail dans le cadre de l'enseignement au XIXe siècle. En voici seulement, à gauche, un vue globale des bâtiments dominant la Montée du Fort.
 Ces locaux recouvrent d'anciennes ruelles, qui s'embranchaient sur la montée du Fort et qui sont visibles sur la vue cavalière ci-dessus. Celle qui fait un angle aigu avec la rue principale était baptisée " impasse de Bellevue " au XVIIIe siècle et " impasse des Bouchers " au siècle suivant. Ces rues, devenues souterraines, étaient appelées " le Métro " par les pensionnaires du Cours Dacier.
 Une autre rue, importante et très ancienne, existait dans ce quartier ; elle appartenait au fief du Minage de Fontevraud, sans qu'il soit possible de la localiser avec plus de précision. Elle est appelée " Vaunoise " en mai 1269 ( A.D.M.L., 16 H 1, « in vico qui dicitur Vaunoise... in feodo prioris de Salmuro » ) ; " rue Vanayse " en 1437 ( A.D.M.L., H 2760 ) ; elle porte deux noms en 1654 : « en la rue Vaunaise, autrement la rue du Morier » ( A.D.M.L., C 278 ). Ce Morier est vraisemblablement une auberge.

 La partie haute de la montée du Fort, tous les bâtiments et le flanc de la colline sont détruits de fond en comble, dans le cadre d'un plan de " rénovation du coteau " particulièrement ravageur. Cela sans la moindre prospection archéologique préalable, sans même couverture photographique. Désormais, la montée ou rue du Fort s'interrompt brusquement sur la rue des Patenôtriers, d'abord " percée Saint-Pierre ", située en contrebas.

 L'actuelle montée ou rue du Fort

N° actuel

CURIOSITÉS

Vestiges du mur du Boile et de la porte Marcouard

 

 

Côté droit de la montée - Vestiges d'une ancienne porte donnant accès à l'enclos du Boile ( XIe-XIIe siècle ), porte abattue au début du XVIIe siècle, selon Bernard de Haumont, et que, par recoupements, j'identifie comme la porte Marcouard ( Voir historique de l'enceinte du Boile - biographie de la pittoresque famille Marcouard ). Au fond, l'échauguette dépend d'une maison de la fin du Moyen Age, qui a servi de greffe à la sénéchaussée.

 

 

Angle de la place Saint-Pierre et de la montée du Fort

 

 

 

Côté gauche de la montée - A l'angle de la place Saint-Pierre -

Maison du XVIe siècle, à pan de bois sur quatre étages, à fort encorbellement. Charpente simple, bien mise en valeur par le hourdis de tuffeau.

 

 

 

 

 

Les maisons suivantes, des 16e et 17e siècles, sont adossées à l'ancienne muraille du XIVe siècle.

7 et 9 montée du FortEntrée du n° 7, montée du Fort, maison dite d'Eugénie Grandetn° 7 et n° 9 -

Le n° 7, le plus à gauche, présente un pan de bois reposant sur une poutre posée en biais.

 Au dessous, la porte d'entrée à heurtoir est en retrait et dans la pénombre. Voir agrandissement à droite.

 « Sur la rue montueuse qui mène au château », Balzac décrit la maison du père Grandet, « au fond d'un renfoncement assez sombre ». Cette façade tarabiscotée a pu être repérée par l'écrivain au cours d'une visite à Saumur. Il s'en inspire sans doute pour décrire la maison d'Eugénie Grandet. Il ne faut pas pousser plus loin les ressemblances. Parmi les modèles possibles du père Grandet, aucun n'a vécu dans cette maison. Le romancier n'est pas un historien. Voir développements dans le dossier Saumur et les voyageurs. Sur cette maison d'Eugénie Grandet, je suis au regret d'être en désaccord avec l'aimable Elisabeth Suaudeau.

 

 

 

 

Carte postale figurant  le n° 9 montée du Fort et l'entrée de la rue Duplesis-Mornay

 

 

 

 Le n° 9 est une grosse maison présentant une tourelle intégrée au logis et une échauguette haut perchée.

 

 Sur la carte postale à gauche, elle réapparaît avec son entrée classique. A gauche débouche la rue Duplessis-Mornay, qui se termine par une belle échauguette à pans coupés. La maison d'angle est l'ancien greffe de la Sénéchaussée.

  


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