NOM ACTUEL : r. du Général-Bontemps
 

 QUARTIER : Fenet
   

 Cette voie étroite qui part de la rue principale de Fenet pour rejoindre la Loire s'est allongée progressivement. Elle porte en concurrence plusieurs noms : " rue du Grand-Noyer ", au XVII ème et en 1912 ; peut-être " rue du Chêne " ; plus souvent " rue de l'Arche-Grolleau " ( 1767 et 1783 ), à cause d'un petit pont situé sur la voie de rive et d'une famille Grolleau habitant un peu à l'ouest ; cette appellation est parfois abrégée en " rue de l'Arche ".
Le 4 août 1922, elle devient la " rue du Général-Bontemps ", un enfant du quartier.

François Bontemps et Saumur

 Les Bontemps sont des maîtres bostiers, des fabricants d'objets en cuivre et en bronze. Plutôt aisés, ils possèdent quatre maisons dans le quartier de Fenet ; la tradition locale veut que François soit né, le 1er juin 1753, dans celle qui porte aujourd'hui le n° 11 de la rue Jean-Jaurès.
 Ancien élève du collège des Oratoriens, il s'engage dans une carrière militaire, puis, comprenant qu'il n'a aucun espoir d'atteindre un grade d'officier, il devient religieux à Saint-Jean de l'Habit à Fontevraud et confesseur des moniales de Collinances, dans le diocèse de Meaux. Il y est choyé par les religieuses et peut aller à la chasse. Après la fermeture du prieuré, il associe ses deux passions en devenant aumônier militaire. Le militaire l'emporte : il poursuit une brillante carrière qui le conduit au grade de général de brigade ( voir ses campagnes dans la première édition du C. Port ).
Portrait du général à la retraite François Bontemps

 Malade, il prend sa retraite en 1804, avec la dignité de commandeur dans la Légion d'Honneur, puis avec le titre de baron d'Abaumont. Cette dernière distinction est curieuse. Dans la noblesse d'Empire, Napoléon honore ses officiers, non par des terres, mais par les lieux de leurs victoires. La minuscule seigneurie d'Abaumont existe bien dans le Hainaut, mais je n'y trouve pas trace d'une bataille connue. En outre, le titre est déjà pris par le général Charles-Joseph Boyé, baron d'Abaumont. C'est sans doute pourquoi Bontemps n'a jamais fait état de cette promotion dans la noblesse.

A Saumur, il commande la garde nationale et il réside au bord de la Loire, sur le quai Michel, dans l'élégante maison neuve du 49 place Allain-Targé, qu'il a prise en location.
Tombe du général Bontemps dans le nouveau cimetière de Varrains

 

 Il préfère séjourner et recevoir ses amis dans une petite "campagne" située à Chaintres. En 1807, il acquiert l'hôtel du n° 11, rue des Payens.

 Il y décède le 28 octobre 1811, à l'âge de 58 ans. Il avait souhaité être enterré dans le cimetière de Varrains et, fait curieux, il avait demandé et obtenu que les salves funéraires soient tirées, non pas en l'air, mais dans son corps.
 Sa tombe, en forme de pyramide, sans symboles religieux, porte deux épées, l'une de l'Ancien Régime, l'autre de l'Empire. Elle a été transférée dans le nouveau cimetière de Varrains.

 [ Rédigé d'après les travaux de Georges-Marie Coquard et de Francis Pichard ]

 

 

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