NOM ACTUEL : Grande-Rue
 

 QUARTIER : Ville close
   

Premières dénominations : Grant rue ( 1452 ) XVIIe-XVIIIe siècle : parfois " Grand'rue "

1794-1818 : la rue reçoit le nom de Le Peletier de Saint-Fargeau, député à la Convention, assassiné pour avoir voté la mort du roi. Mais les Saumurois ne savent pas orthographier ce nom.

1818 : l'extrémité de la rue rejoignant l'actuelle avenue Peton est baptisée " carrefour de la Douve ".  

 Voir le plan général des quartiers anciens

 La plus ancienne voie de la cité constitue l'axe majeur de l'ancienne traversée de la ville ; elle relie le carrefour royal, situé aux abords de la place Saint-Pierre, à la porte du Bourg, porte fortifiée débouchant sur le faubourg de Nantilly. Elle épouse la courbure du vieux mur du Boile, la première enceinte entourant l'espace du château.

 Très animée sous l'Ancien Régime, la Grande-Rue est bordée par des boutiques, par quelques hôtelleries, par des pensions pour jeunes gens. En 1770, lors du premier numérotage, elle compte 57 maisons, en général élevées et fortement peuplées ; les hôtels particuliers à cour y sont rares, au contraire des deux " basses rues " voisines.

 Avec l'ouverture du pont Cessart et la réalisation de la nouvelle traversée, la rue perd de son importance ; l'entretien des bâtiments en souffre, et c'est un quartier très dégradé qui est inclus dans le " secteur sauvegardé " en 1964 et soumis à une énergique restauration. La composition de la rue en sort modifiée, les milieux populaires laissant la place à des catégories plus favorisées.

 

N° actuel

CURIOSITÉS

Grande-Rue, N° 4 et 6

4 et 6 - En 1452, c'était l'hôtel de l'abbé d'Asnières. La construction actuelle, en retrait sur la rue et témoignant d'un niveau plus bas de la chaussée, remonte au XVIe siècle, comme le montrent la partie centrale aux ouvertures en plein cintre et la date de 1563 qui était gravée sur une lucarne ( selon A. Rhein et Savette ). Des vestiges de peinture florale subsistent au-dessus de la porte d'entrée.
 Cependant, bien des éléments sont plus récents, comme l'escalier de pierre intérieur, à volées droites supportées par un mur médian. Les baies latérales et les étroites ailes en retour seraient plutôt du XVIIe siècle.
 A la fin du siècle suivant, le notaire Cornilleau y tenait son étude.

 

 

Grande-Rue n° 5

 

 

5 - Haute maison à façade de type XVIIIe siècle.

 

 

 

8 - Grand immeuble conservant des traces anciennes, un pignon aigu et une ancienne baie en arc brisé, daté du milieu du XIVe siècle dans l'étude de P. Garrigou Grandchamp.

 

13 - Façade du XVIIe siècle et belle porte à heurtoir.Grande-Rue, n° 18

19 et 21 - Dans les arrière-cours, deux intéressantes tourelles d'escalier, l'une en tuffeau, l'autre en charpente et hourdis [ accès interdit ].

 

 

18 - Maison de maître très élancée, à étages élevés. L'effet de verticalité est accentué par six bandes de bossages en table. Construite en 1698 par l'architecte Jacques Gasnier.
Le rez-de-chaussée et les lucarnes résultent d'aménagements récents.

 

 

 

Grande-Rue, n° 20

 

Angle avec la rue Traversière - Maison familiale des Allain, d'abord des épiciers ( traces d'arcatures de boutiques ), puis des avocats ( qui donnent au XIXe siècle la lignée des Allain-Targé - voir place de ce nom ).
 Remarquer la statuette pieuse en angle et l'inscription maladroite de 1794 : « rue Le Peltier ».

 

22 - Apparences des XVIIe et XVIIIe siècles.Gtande-Rue, n° 24, Hôtel de Boisayrault

 

 

24 - Vaste hôtel particulier très élevé. Le pavillon à droite a conservé sa vis de pierre et son toit pointu. Les arcs en plein cintre, la baie géminée, les chapiteaux corinthiens, tout incite à dater du XVIe siècle cette solennelle résidence.
 Jean-Martin Fournier de Boisayrault, homme d'affaires, la possédait à la fin du XVIIIe siècle. Il part en émigration ; son hôtel est mis sous séquestre et devient une infirmerie annexe de la prison, puis une maison d'enfermement pour les suspects, complété par l'hôtel du Faÿ, avec lequel il correspond par les cours intérieures et qui donne sur la rue du Temple.

 

 

Grande-Rue, n° 45

 

45 - La tourelle à demi hors oeuvre à droite porte la date de 1584. Cet hôtel a été restauré dans le style du XVIe siècle. Il a appartenu un temps à un certain Lehoux du Plessis, qui l'a revendu à la famille Dutertre-Desroches. Cette appartenance temporaire à Du Plessis avait fait croire à Bodin qu'il s'agissait du premier logis de Duplessis-Mornay, sa " maison de ville ", ce qui est insoutenable, la première résidence de ce dernier étant située dans l'enclos de l'Hôtel de Ville.

36 - Une maison ancienne, aujourd'hui disparue, présentait un portail en chêne massif et un heurtoir ; certains Balzaciens la considéraient comme la maison du père Grandet.

 

38 - Grande maison pouvant remonter aux XIIIe-XIVe siècles, bordée par l'emplacement d'une ancienne ruelle piétonnière, appelée souvent " rue du Baccon " ( rue du Jambon ) et parfois rue Maugin, car la famille de ce nom tenait une pension pour enfants située dans les parages, peut-être au n° 38.Grande-Rue, 49

 

 

47 bis et 49 - Galerie sur arcade et niches décoratives au fond de la cour. Le n° 49, vaste ensemble remontant au XIVe siècle, présente un haut pignon de pierre sur la rue et en colombage du côté du château. Les récits anciens sur ces maisons sont divergents et restent à vérifier ( pension ? hôtellerie ? collège ? ). Pendant la Seconde Guerre mondiale, le collège Saint-Louis, réquisitionné, y installe une partie de ses classes.

 

 

Grande-Rue n° 46

 

46 - Intéressante façade retouchée à chaque siècle depuis le XVI ème.

 

 

 

Grande-Rue n° 50

 

 

 

50 - Parties hautes caractéristiques des maisons saumuroises de la fin du XVIIIe siècle. Balcon galbé, surprenant ici et le seul de la rue. Rez-de-chaussée refait.

 

 

 

Grande-rue, n° 59 à 65

 

 

59 à 65 - La porte du Bourg a été abattue en 1812 et ces maisons de style Louis-Philippe construites peu après sur son emplacement.

 

 

L'Echelle du Château rejoignant l'ancien chemin de ronde

 

 L'anfractuosité entre les maisons correspond à l'Echelle du Château, l'escalier du Château, dont les marches rejoignent le chemin de ronde de l'ancien rempart. C'est un aménagement des années 1820. Le voici photographié vers 1914 par Léon Rolle.

 
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