NOM ACTUEL : r. Jean-de-La-Brète

 QUARTIER : Violettes Hauts-Quartiers   

 

 Pseudonyme littéraire d'Alice Cherbonnel, née en 1858 à Saumur et décédée en 1945 dans l'intéressant prieuré de Breuil-Bellay, sur la commune de Cizay-la-Madeleine, propriété familiale, où elle écrivait au sommet d'une tour.
 Sous ce déguisement masculin, cette dame écrit d'une plume alerte des romans très féminins, destinés avant tout à des jeunes filles bien pensantes. Mon oncle et mon curé raconte les premiers émois amoureux d'une orpheline impertinente, dans une langue allègre parfumée à l'eau de rose. Ce court récit rencontre un succès de librairie d'ampleur exceptionnelle et est adapté au théâtre, puis au cinéma ( scénario de Jean Nohain ). Il paraît en 1889, est couronné par l'Académie française et est constamment réédité, au moins jusqu'en 1965. Amazon en propose encore une édition numérique au format Kindle en 2016. Il est traduit en anglais, en espagnol et en néerlandais. Dans l'esprit de cette première oeuvre, Jean de La Brète publie au total 32 romans, plus quelques nouvelles, qui paraissent habituellement chez Plon, dans la collection Nelson ou dans les revues de la presse catholique.
 Jean de La Brète était encore citée dans le Grand Larousse de 1962, mais elle ne figure plus dans le Grand Robert des Noms propres, paru en 1984. Elle a droit à une courte notice dans la Wikipedia.

 Il existe trois rues " Jean de La Brète " en France : à Saumur,  à Cizay-la-Madeleine et à Saint-Sylvain d'Anjou, devenu Verrières-en-Anjou.


Note additionnelle

 Anne Faucou me communique aimablement le texte de la conférence qu'elle a prononcée au Prieuré de Breuil-Bellay, le 15 septembre 2018, sous le titre : « Entre Fleur bleue et féminisme, une femme de lettres oubliée, Jean de la Brète ». Elle y révèle un héritage familial plutôt compliqué. Un des arrière grands-pères d'Alice Cherbonnel était un prêtre assermenté, qui s'était marié et avait fait l'acquisition de l'ancien prieuré de Breuil-Bellay, par la suite réaménagé à son goût. L'un de ses grands-pères était Ferdinand Mars-Larivière, notaire à Angers, un ami de Grégoire Bordillon et un ardent militant républicain, qui devient sous-commissaire du Gouvernement à Saumur ( sous-préfet ), mais qui est plutôt dépassé par les événements ( voir  L'effervescence de février à juin 1848 ).
 Alice Cherbonnel condamne sans nuance cet aspect de l'héritage familial, qui lui a tout de même apporté un beau prieuré. Elle affiche des opinions conservatrices, royalistes et catholiques de stricte obédience. Elle est conforme aux bas-bleus de la bonne société du temps et est, à deux reprises, couronnée par l'Académie Française. « Un sens inné de la supériorité des classes dominantes, une condescendance vis-à-vis des petites gens, une grande piété constituent une personnalité conforme à sa situation de bourgeoise, consciente de sa qualité de femme de devoir. » En somme, mise à part une volonté d'indépendance personnelle, un personnage plutôt banal, dont le principal mystère est le succès éclatant de ses œuvres.


 

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