NOM ACTUEL : allée Louis-Nicolas Lemercier
 

 QUARTIER : Saint-Hilaire-Saint-Florent
   

  Né à Saintes, le 23 décembre 1755, Louis-Nicolas Lemercier est un homme de loi qui succède à son père dans la charge de lieutenant-général criminel de la Sénéchaussée de Saintonge.
 Favorable aux idées nouvelles, il est élu député du Tiers et soutient la première Révolution française. Il est ensuite élu président du tribunal criminel de Charente-Inférieure et il se retire sur ses terres à l'époque de la Terreur.
Lemercier par DelavalIl fait un retour en politique en avril 1798 par son élection au Conseil des Anciens, dont il devient le président. Quand Siéyès prépare le coup d'Etat du 18 brumaire, il est associé au complot et y joue « un rôle décisif », selon Georges Lefebvre, le Directoire, p. 187-188. C'est-là son principal rôle politique.
 Napoléon Bonaparte sait remercier le personnel de la Révolution qui l'a porté au pouvoir. Sans lui accorder un rôle effectif, il le récompense par des prébendes lucratives.
 Lemercier ( portrait à droite par Pierre-Louis Delaval ) est nommé membre du Sénat conservateur, assemblée qui tient deux réunions par mois. Le 21 mai 1804, il reçoit la sénatorerie d'Angers, fonction dotée d'un haut revenu et d'une résidence luxueuse, en l'occurrence l'ancienne abbaye de Saint-Florent, qu'il pourra aménager à sa guise. Lemercier veut d'abord tout casser. Il maintient finalement les bâtiments tout neufs du nouveau couvent, mais il fait détruire l'église abbatiale, n'en conservant que la crypte et la galilée, qui auront une fonction de grotte et de belvédère dans son jardin aménagé à l'anglaise.
 Voir explications et plan dans l'historique de l'abbaye de Saint-Florent. Le Conseil municipal de Saint-Hilaire-Saint-Florent se rallie à cette destruction, à condition que les décombres de l'abbatiale servent à relever le nouveau chemin direct vers Saumur, l'actuelle avenue Pompidou.
 Le sénateur donne des fêtes brillantes et il envoie des rapports sur l'état d'esprit de la population et sur la fidélité des maires. Fait comte d'Empire et grand officier de la Légion d'Honneur, il se prononce néanmoins en faveur de la déchéance de Napoléon et il se rallie aux Bourbons, ce qui lui vaut d'entrer dans la Chambre des Pairs. A juste titre, il figure dans le Dictionnaire des Girouettes. Il récidive en se ralliant enfin à Louis-Philippe.
 Il décède à Paris, le 11 janvier 1849, à 93 ans.

 Notre sénateur n'est nullement un personnage d'importance. Il figurait encore dans le Nouveau Larousse en sept volumes de 1898, mais il disparaît dans les encyclopédies récentes. Certains historiens le confondent avec le poète Népomucène Lemercier, qui, lui, était brouillé avec Napoléon. Louis-Nicolas Lemercier a fait des donations à la ville de Saintes, mais à Saumur, il n'a fait que des ravages. Pourquoi lui dédier une voie publique ?

   

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