NOM ACTUEL : Boulevard Louis-Renault
 

 QUARTIER : Nantilly
   

Première dénomination : levée de Nantilly ( édifiée en plusieurs campagnes au XIXe siècle, surtout en 1832, puis consolidée dans les décennies suivantes  )

4 août 1922 : Boulevard Louis-Renault

 Bon sportif, industriel novateur, maître absolu de Boulogne-Billancourt, Louis Renault est sans conteste un homme important.
 La commission municipale qui lui dédie ce nom de boulevard pouvait avoir deux motifs :
- Louis Renault est le constructeur du char Renault FT, qui joua un rôle appréciable dans les derniers combats de la guerre 14-18.
- Son père est né à Saumur dans une famille de négociants et une partie de ses ancêtres vivaient dans la région de Doué et de Dénezé.
 Cependant, lui décerner le nom d'une voie importante de son vivant constituait une lourde imprudence. Maintenir ce nom revient à amnistier Louis Renault pour son attitude dans les années 1940-1944. Il est un grand admirateur du maréchal Pétain ; son neveu par alliance, François Lehideux, est secrétaire d'Etat dans le gouvernement de Vichy. Renault n'éprouve pas une sympathie particulière pour les occupants allemands, mais il redoute qu'ils s'emparent de ses machines et qu'ils réquisitionnent ses ouvriers pour le S.T.O. : « il leur a tout cédé pour tout conserver », reconnaît l'un de ses collaborateurs. Sous le contrôle de l'ingénieur Von Urach, il produit massivement des véhicules et des autos-mitrailleuses. Ses usines tournent à plein régime au service de l'armée allemande, jusqu'aux bombardements destructeurs sur Boulogne-Billancourt.
 Cette collaboration économique est incontestable et efficace, comme l'admet son dernier biographe, Emmanuel Chadeau. Atteint de la maladie de Pick et aphasique, Louis Renault est emprisonné à la Libération et décède peu après, dans des conditions lamentables. Ses biens sont aussitôt nationalisés.
 Fort peu de villes françaises lui ont donné un nom de rue. Je trouve cette appellation tout aussi choquante que la rue Alexis-Carrel, car il s'agit cette fois, non d'un théoricien fumeux, mais d'un collaborateur influent et actif.

N° actuel

CURIOSITÉS

Maison Vercelletto

 

 

 

1 -Un atelier de montage de pneus s'est installé dans un vaste enclos au style original : balustrades, balcons, terrasses superposées, au centre, une sorte de donjon crénelé... Cette villa méditerranéenne a été construite dans les années 1900 par l'actif entrepreneur en bâtiment Eusèbe Vercelletto, qui y a aménagé sa maison d'habitation et ses ateliers ( Laurent Garino, La charrette à bras. Les Italiens de Saumur, Cheminements, 2006, p. 122-123 ).

 

 

Ses entrepôts au pied du pont Fouchard sont à la fois impressionnants et archaïques.

Chantiers Vercelletto

La maison vue du pont Fouchard. En aval de l'île du Moulin, le Thouet est fort animé : une lavandière unique, mais une flottille abondante. Pendant la guerre 1939-1945, la municipalité avait même implanté une piscine communale dans le bras d'eau, malgré les avis défavorables du corps médical.

Maison Vercelletto

 

Boulevard Louis-Renault, la Banane

 

 

 


- La " Banane ", construction privée présentant un louable effort d'originalité par sa forme incurvée ( architecte Alexandre Bourge, 1957 ).

 

 

 

 

 

 

42, Boulevard Louis-Renault
Marcel Martinet, dans les bois de Montfort, près de Dax, le 14 février 193042 - Modeste pavillon à structure de bois, sur lequel une plaque commémore le souvenir de Marcel Martinet ( 1887-1944 ). A droite, en 1930.
 Brillant intellectuel, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, Martinet renonce à l'enseignement pour se consacrer à l'écriture et à l'action politique. Auteur de nombreux recueils de poésie, souvent d'inspiration pacifiste et édités avec l'aide de Romain Rolland, et d'un intéressant roman posthume, " le Solitaire ", au ton désespéré.
 Admirateur pendant quelques années de la Révolution soviétique, il devient directeur littéraire de L'Humanité. Il adhère ensuite au courant trotskiste, entretenant des liens étroits avec Pierre Monatte, Louis Guilloux, Victor Serge et les anarcho-syndicalistes.
 Son épouse enseigne les lettres au collège de Jeunes Filles de Saumur à partir de 1938 ; c'est pourquoi il se fixe dans cette ville, alors qu'il est gravement malade. Il y mène une existence en marge et y décède le 18 février 1944.
 La Société des Amis de Marcel Martinet a longtemps publié un bulletin annuel et a pris l'initiative d'apposer cette plaque commémorative.
 Trois communications dans S.L.S.A.S., n° 166, mars 2017, p. 67-84.
En mai 2017, la ville lui dédie une impasse, une impasse, comme ses théories politiques.


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